BMP – La femme en robe noire sur un support de linoléum

BMP – La femme en robe noire sur un support de linoléum

Comment avez-vous concrétisé votre esquisse  ?

Je souhaitais travailler autrement la linogravure et surtout je voulais pouvoir ajouter de l’encre de Chine. J’ai  donc repris comme support, une plaque de linoléum de couleur blanc cassé. Puis, avec le crayon à papier, j’ai commencé à donner forme à mon idée, à savoir une femme vêtue d’une robe, qui évoquerait un éventail.
Pendant que je donnais naissance à mon ébauche, j’essayais de percevoir cette encre de Chine qui recouvrait les traits de mon crayon à papier, mais aussi le mouvement des petits creux que provoquera la gouge dont je vais me servir.
C’est ce que j’ai fait, une fois mon esquisse terminée et repassée au stylo noir.
Mon idée, au total était de tracer des traits à l’intérieur de la robe de cette dame.
Ces traits retranscrivant les empreintes du passage de la gouge. Pour cela, il fallait que je le laisse glisser délicatement en soulèvement une petite épaisseur de ce support de linoléum de couleur blanc-cassé.
Mon autre envie était d’entourer ce corps de femme, des couleurs dont j’avais envie : du jaune, accompagné de bleu et de vert, ce qui créait un mélange harmonieux.
Une fois la gravure faite à l’intérieur de cette robe, j’ai continué en faisant paraître le fond de mon motif dans de la couleur avec l’aide de la peinture acrylique que j’ai laissée sécher une heure.
La dernière étape était avec un pinceau fin, de recouvrir doucement les creux, les empreintes de l’outil de gouges avec de l’encre de Chine.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Une plaque de linoléum de format de 300 x 200 x 4 mm. Un crayon à papier 6B, un stylo-bille noir, de la peinture Acrylic Paint. Encre de Chine, pinceau.

Que ressentez-vous devant votre composition ?

Je regarde ma production et je reste un peu sur ma faim, malgré tout. Peut-être qu’il y  a un peu trop de couleur noire. Je ne sais pas. Je fais des essais.
J’ai apprécié de continuer à travailler sur ce nouveau support. Mais j’ai bien envie de faire un autre essai encore plus travaillé. A voir…

BMP – Une petite forme Halloween, une brindezingue petite bête !

BMP – Une petite forme Halloween, une brindezingue petite bête !
Afin de marquer le coup de cette fête venue des États-Unis, je me suis servie d’un peu de terre glaise qui durcirait ensuite à l’air pour faire quelque chose qui célébrerait Halloween.

Comment avez-vous concrétisé votre forme ?

Je n’avais aucune idée d’une forme particulière. Il me fallait donc travailler mon morceau.
Il ne faut pas oublier que la terre glaise est un outil thérapeutique. C’est un matériau archaïque qui entre en contact direct avec notre peau pour être travaillé. De plus, la glaise adoucit nos mains, du moins pour moi.
Par ailleurs cette matière peut provoquer différentes sensations selon les personnes, qui peuvent émotionnellement investir positivement ou rejeter la matière, oui cela peut arriver. En fait c’est même ce qui s’était passé pour moi, au début, mais je me suis dit que ça pouvait se travailler. Et aujourd’hui, je me sens plus en symbiose avec cette terre glaise, mais pour cela, il ne faut pas que je sois trop violemment dissociée. Au tout début de ce matériau, le premier toucher, le premier contact avec cette glaise, avait provoqué de très violentes dissociations.

Je rappellerai aussi que la matière peut être battue, étirée, percée, coupée, arrachée ou bien réunie, collée, malaxée ou encore caressée. Le modelage avec de la terre glaise mobilise notre corps et en particulier les mains, qui sont le premier outil pour effectuer un modelage et qui participent à une forme d’expression corporelle qui favorise un « lâcher-prise ».

Le modelage me permet et m’apprend à lâcher prise, quand dans ma tête, c’est devenu une tempête violente !
Je prends donc ce morceau de terre dans mes mains et je le travaille dans tous les sens, jusqu’à ce que je sente sous mes doigts une douce chaleur et souplesse. Là, je sais que c’est à partir de cette sensation, que je peux commencer à donner vie à une forme, comme là : « cette petite forme Halloween » qui nous nous fera découvrir une curieuse de petite bête avec un œil protubérant, des petites pattes, une bosse qui remplace le nez avec une toute petite bouche, avec pour terminer de petits cheveux.
Pour recouvrir ma forme de son manteau, j’ai pris comme médium de la peinture acrylique.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Terre glaise, de la peinture acrylique, des outils de gouge pour gravure. De l’eau et deux pinceaux. Un kit en métal et bois pour sculpture sur argile.

Que ressentez-vous devant votre création ?

Dans ma tête, j’essaie de retenir la douceur que je trouve et sens sur mes deux mains. J’essaie de respirer lentement, car le passé est toujours là et je ne voudrais pas me dissocier et donc oublier ce moment que je viens de passer. Mais ça je ne le saurai que plus tard.
Dans ma tête je me dis que parfois il faut surpasser ses limites pour y arriver. Mais quand on y arrive, quand j’y arrive, je me sens moins « envahie ».