L’art-thérapie pour renouer avec ses émotions

atelier-1030x644Pour une personne souffrant de problèmes de santé mentale, l’art peut être une façon d’exprimer des émotions sans avoir recours aux mots. C’est l’objectif derrière la création du futur pavillon d’art-thérapie au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM). Philippe Desrosiers parle des bienfaits de cette approche avec Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du MBAM, le Dr Howard Steiger, directeur du Programme des troubles de l’alimentation à l’Institut Douglas, et la Dre Patricia Garel, pédopsychiatre au CHU Sainte-Justine.  

« L’art représente un outil pour aider les gens à établir une autre forme de contact avec leur expérience, sans avoir à verbaliser ou à analyser leur vécu », explique le Dr Steiger. « On limite la communication à l’oralité, mais il y a bien plus que cela, ajoute Mme Bondil. La pratique de l’art et le contact avec les arts vous permettent de vous exprimer et de faire sortir des émotions d’une autre façon qu’avec des mots. Je considère que le rapport aux arts sera aussi indispensable à notre bien-être au 21e siècle que l’a été le sport au 20e siècle. »

La Dre Garel, qui a collaboré à la création du nouveau pavillon, se réjouit du fait que ses jeunes patients pourront bénéficier de cette initiative pour créer et exposer, « non pas comme des patients, mais comme de jeunes participants qui découvrent que l’art est essentiel à la vie de tous. Il est temps qu’on ait ça dans le système de santé, sinon on va tous déprimer », conclut-elle.

L’atelier international d’éducation et d’art-thérapie sera inauguré en novembre 2016 au Musée des beaux-arts de Montréal.

Pour écouter l’émission cliquez sur l’image de l’atelier d’Art-Thérapie

Quand l’art se met au service de la thérapie

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14 novembre 2015
Amélie BORGNE.
À l’hôpital Georges-Mazurelle, des patients ont peint sur des portes pour mieux exprimer leurs émotions.
Sous l’une des serres des espaces verts de l’hôpital Georges-Mazurelle, six belles portes se dressent. Leurs couleurs vives attirent l’œil : elles ont été peintes par six patients, lors d’un atelier mêlant art-thérapie et sociothérapie.
L’idée a émergé il y a quelques années, dans l’esprit de l’artiste Jean Coudrin, patient très connu dans l’hôpital, aujourd’hui décédé. En 2013, plusieurs pavillons de l’hôpital ont été démolis pour rénover l’établissement. Jean Coudrin propose alors au personnel de récupérer ces portes, pour en faire des œuvres artistiques.
Sous l’égide de la fédération des thérapies médiatisées (FTM), Véronique Parra, et Laurence Arrivé, respectivement infirmières en art-thérapie et en sociothérapie, ont mis en place cet atelier, il y a un an.
Cette forme de thérapie « permet aux patients de s’exprimer d’une autre façon, sur ce qui est difficile de mettre en mots », explique Véronique Parra.
Six portes, une symbolique
Pourquoi avoir choisi ces portes comme support ? « Les portes ont quelque chose de symbolique : fermées, elles protègent les patients durant l’hospitalisation. Après les soins, elles s’ouvrent vers le monde extérieur », affirme Véronique Parra.
La sociothérapie, justement, a pour rôle « d’amener les patients à trouver leur place dans la société, une fois sortis de l’hôpital », explique Laurence Arrivé, qui anime habituellement des ateliers d’écriture à l’hôpital.
Au dos des portes, les patients ont d’ailleurs écrit un mot faisant écho à leur dessin. Mais c’est bien par la peinture qu’ils s’expriment le plus. Sur l’une des portes, une tornade peinte à la gouache évoque la maladie qui chamboule l’existence ; sur une autre, un portrait sans visage rappelle le sentiment d’enfermement.
Valérie, une des patientes, a apprécié cet atelier : « Moi qui ne suis pas très créative, j’ai pu dépasser cette difficulté grâce à cette dynamique de groupe », assure-t-elle. Nicolas, qui a lui aussi participé à l’atelier, espère de tout cœur « que ces formes de thérapies se poursuivront pour les patients à venir ».
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