Procès Dominique Cottrez – Lundi 29 juin 2015 – 3e jour – Experts – Sage-femme – Tweets de la salle d’audience

Retour à Douai pour la deuxième semaine du procès de Dominique L’audience est ouverte.

Procès : l’audience reprend.

audouin ‏@cocale
Nous avons eu quelques échanges avec Corinne Audouin. En vertu de la liberté d’expression elle a bloqué mon accès à son compte tweeter. J’avais fait quelque réflexions sur ses commentaires qui étaient de nature à influencer le lecteur et ce lundi matin elle a décidé de fermer. Pourquoi ne l’a t-elle pas fait avant ?
Je la reprends à partir d’un autre compte.

Procès Cottrez : cette semaine, place aux experts et aux filles de l’accusée

Dominique a troqué sa tunique noire de la semaine dernière pour une autre à fleurs. Mais toujours sous un autre long gilet gris

Un expert en médecine légale est appelé à la barre.

Première personne à être entendue ce matin : un expert en médecine légale

Cet expert a examiné trois des 8 corps de nouveau-nés. Il s’agissait de bébés nés à terme, précise-t-il.

Il a examiné trois des huit corps. Comme les autres, les bébés étaient nés à terme, explique-t-il

1991 et 2006 sont des dates de décès présumées, selon cet expert en médecine légale.

L’expert évalue les dates des décès entre 1991 et 2006. Le sexe du bébé n°5 n’était pas identifiable, état trop dégradé.

Dominique écoute attentivement le médecin légiste. Son mari et ses 2 filles sont également présents sur le banc des parties civiles

Procès : cette semaine, place aux experts et aux filles de l’accusée

Pendant que l’expert livre son analyse, Dominique écoute. Assise de trois-quarts, elle est plus tournée vers la cour que le public.

Le mari de Dominique est présent. Il est assis sur le banc des parties civiles, entre leurs 2 filles, Virginie et Emeline.

On parle méconium à la barre. Pour tout savoir sur le sujet =>

Coté journalistes, on est beaucoup moins nombreux que la semaine dernière

L’expert en médecine légale cède la place au docteur Michaël Dufour, expert psychiatre

C’est au tour de Michaël Dufour, expert psychiatre, d’être entendu par la cour

Ce docteur a analysé les compte-rendus de la médecine du travail sur D . A aucun moment, un état de grossesse n’a été constaté.

L’expertise de ce docteur est un préalable à d’autres expertises, précise la présidente.

Difficile de faire un compte-rendu des compte-rendus de médecine du travail que cet expert a analysés, on ne l’entend pas

La présidente note que sur les bases de son rapport, il y a quasi absence de suivi médical de Dominique entre 1991 et 2007.

« Entre 1991 et 2007, on n’a pas grand-chose », relève la présidente. En clair, peu d’infos sur les traitements suivis par Dominique

Selon son rapport, entre 1991 et 2000, le poids de Dominique était constant, environ 120 kilos.

Entre 1991 et 2000, le poids de Dominique était constant, de 120 à 130 kilos, selon ces rapports

Dominique , qui doit commenter ce rapport, reconnaît avoir minoré son poids à la médecine du travail pour ne pas alarmer les médecins

Invitée par la présidente à commenter ces rapports, Dominique reconnaît avoir minimisé son poids à la médecine du travail.

Ce matin la cour s’interroge sur le suivi médical de Dominique , qui est épileptique

Dominique , épileptique, a également réduit ses prises de médicaments pour éviter de consulter régulièrement le médecin.

Dominique a diminué sa prise de médicaments contre les crises d’épilepsie pour éviter d’aller trop souvent chez le médecin

Au moment de ses grossesses, D consultait pour l’épilepsie mais de manière irrégulière, mentait sur son poids au médecin du travail

Pour rappel, Dominique dit avoir peur du corps médical depuis son premier accouchement.

Dominique#Cottrez avait expliqué son absence de contraception par sa phobie du corps médical : elle craignait l’examen préalable

Dominique explique qu’elle ne prenait pas la pilule car elle ne voulait pas voir médecin (cf peur) et parce que la pilule fait grossir

La pilule fait grossir, c’est une notion que D avait en tête. C’est une des raisons pour lesquelles elle ne voulait pas la prendre

Le Dr Dufour a terminé d’exposer ces constatations. Il retourne s’asseoir. Les experts se succéderont ainsi à la barre aujourd’hui

La présidente insiste sur la peur de D d’être examinée par un gynécologue. Elle a toujours ce ton à la fois doux, clair et direct.

Dr Lhermitte, expert en toxicologie et génopathie, est appelé. Toute la journée, les experts vont ainsi défiler à la barre.

Le Pr Lhermitte, expert en toxicologie et génopathie, arrive à la barre.
Pr rappel, la génopathie c’est ça :

Il a analysé placenta, méconium et cheveux des cadavres. A la fin de la journée, le corps humain n’aura plus aucun secret pour vous

Le Pr Lhermitte parle du traitement suivi par D contre les crises d’épilepsie. Il détaille les types de médicaments qu’elle a pris.

Un expert explique à la barre comment dater les grossesses à partir des médicaments pris par la mère

L’objectif de ces expertises est de savoir si on retrouve des traces des médicaments que Dominique a pris dans les corps des bébés

La présidente, jusqu’ici très calme, semble légèrement agacée par la réponse confuse de Dominique sur un arrêt maladie

Un médicament a été retrouvé dans le corps d’un bébé, mais Dominique ne se souvient pas l’avoir pris.

Du myolastan, un décontractant musculaire, a été retrouvé dans un des corps des bébés. Dominique ne se rappelle pas l’avoir pris.

Il s’agit du Myolastan, un décontractant musculaire. Dominique dit que parfois, elle a pu souffrir de douleurs au dos.

Me Berton profite de l’expertise sur la datation des grossesses de D#cottrez pour brandir à nouveau le problème de la prescription

Me Berton souligne l’importance des expertises pour dater la naissance des bébés.

Selon l’expert, le dernier est né entre juin et septembre 2000, ce qui a son importance dans le débat sur la prescription.

Après une première série d’experts, c’est au tour de Pierrette Valot d’être entendue. C’est la sage-femme qui a accouché en 1987

Au tour de Pierrette Valot, sage-femme à la retraite, de témoigner. C’est elle qui a pris en charge l’accouchement de D en 1987.


« C’est moi qui l’ai accouchée ? Je ne me rappelle pas », commente sèchement la sage-femme. Ça commence bien.

D#cottrez aurait été traumatisée par une sage-femme lors de l’accouchement de son aînée : à la barre la sage-femme ne se souvient pas d’elle

Pour rappel, D se dit traumatisée par ce 1er accouchement. Selon elle, la sage-femme a tenu des propos blessants à son égard

Dominique avait expliqué avoir été traumatisée par une sage-femme lors de son premier accouchement.

La sage-femme a un très vague souvenir de cet accouchement.

La sage-femme reconnaît tout de même qu’elle peut avoir eu « une voix un peu forte » au moment de l’accouchement de D#cottrez en 1987


La présidente demande à la sage-femme si elle lui a fait des remarques sur le poids de Dominique .

La sage-femme confirme qu’elle conseillait aux femmes en surpoids à l’accouchement de perdre 30 kilos. « Oui, on le disait »


« A chaque fois, on explique aux dames que l’accouchement est plus difficile quand elles sont en surpoids », répond la sage-femme.

« J’ai une forte voix, je disais fortement ‘Poussez, poussez’. J’ai peut-être essayé de la faire pousser un peu plus »

« J’ai une forte voix donc parfois, je dis aux femmes qui vont accoucher de manière très forte quand il faut pousser », explique la sage-femme

La sage-femme peut avoir dit que D#cottrez était « grosse », que sa corpulence pouvait gêner, mais n’avait « aucune intention de l’humilier »

« J’ai pu lui dire qu’elle était grosse, que sa corpulence gênait la descente du bébé. Mais je ne voulais en aucun cas l’humilier »

« J’ai pu lui dire que sa corpulence gênait la descente du bébé. Mais je n’ai pas eu de propos humiliants, je ne voulais pas la blesser »

La sage-femme peut avoir dit que Dominique était « grosse ».

« Mais pourquoi ne m’a-t-elle pas parlé de ce traumatisme ? », interroge la sage-femme en se tournant vers Dominique

– « Pourquoi ne m’en a-t-elle pas parlé (de ce traumatisme) après ? », interroge la sage-femme.
– « Je ne pouvais pas », répond timide

Dominique se lève. Hésite avant de parler. « Je ne pouvais pas le dire », répond-elle finalement.

 La 1ère fois, Dominique a accouché par ventouse. « ça peut être très impressionnant », dit la sage-femme.

Le premier accouchement de a duré douze heures. Les médecins ont utilisé des ventouses.

 Dominique se dit toujours traumatisée par ce 1er accouchement mais pas impressionnée par la ventouse. Elle n’a pas eu de péridurale

« Les ventouses, cela peut être impressionnant », commente la sage-femme. n’a pas été traumatisée par les ventouses mais par ses propos

La sage-femme qui aurait traumatisé D#cottrez a aussi eu affaire aux récriminations de deux autres femmes

La sage-femme a eu quelques soucis avec 2 autres femmes. « C’est vrai que je suis énergique, reconnaît-elle. Mais d’autres m’ont remerciée »

« C’est vrai que je suis énergique », reconnaît la sage-femme de D#cottrez. « Mais d’autres femmes m’ont remerciée ! »

« Malheureusement, on ne peut pas plaire à tout le monde », commente la sage-femme à la voix forte et un peu sévère.

 « Malheureusement, on ne peut pas plaire à tout le monde », reconnaît la sage-femme avec un ton laconique.

La sage-femme « s’étonne » que les 8 accouchements de D#cottrez « soient passés inaperçus »

D’un point de vue médical, elle « s’étonne énormément » que les huit accouchements « soient passés inaperçus »

On passe aux questions. L’avocat général demande à la sage-femme des précisions sur sa carrière

La sage-femme dit n’avoir jamais tutoyé ses patientes, hormis les jeunes filles de 16 ans. Dominique a toujours affirmé le contraire

« Ah non,ça non ! Je n’ai pas pu la tutoyer. On ne tutoyait pas les patients », déclare la sage-femme, contrairement à ce que affirme

« Bon, vous êtes quand même une femme de caractère, on ressent cela », indique l’avocat général à la sage-femme

Le procureur résume ainsi : « Je dirai que vous êtes une femme de caractère Madame, qui sait parler « efficace » aux patientes ».

« J’ai toujours parlé fort. Mais ensuite il y a des femmes qui viennent vous voir et disent ‘je suis contente, ça s’est bien passé »

C’est l’avocat général qui, face la sage femme de 1987, vient de lâcher le concept du « déni de grossesse » au procès

La sage-femme a eu l’occasion de voir deux cas de déni de grossesse dans sa carrière. « Avant l’affaire Courjault, on n’en parlait pas »

La sage-femme a eu affaire à « deux cas de déni de grossesse » à la fin de sa carrière. Mais « avant Courjault, on n’en parlait pas »

« Déni de grossesse » : c’est la première fois que le mot est lâché au cours du procès

C’est Me Carlier qui se charge des questions pour la défense. Elle rappelle les règles de déontologie pour toute sage-femme

« Je lui ai certainement conseillé » de perdre 35 kilos, « oui », explique la sage-femme face aux questions de la défense.

– « Vous avez tellement expliqué qu’elle en est traumatisée », observe Me Carlier.
– « Je n’y peux rien », rétorque la sage-femme

« ‘La prochaine fois, vous tâcherez de perdre 30 à 35 kilos.’ Oui je lui ai certainement donné ce genre de conseil »

« C’est sûrement un bon conseil mais pensez-vous que l’accouchement est le moment de donner ce genre de conseil ? », s’emporte Me Carlier

Me Carlier s’énerve face à la sage-femme. « Est-ce que vous pensez que l’accouchement est le moment de donner ce type de conseil ? »

« Considérez-vs qu’il soit sans danger de lui expliquer qu’il faut perdre 35 kilos, qu’il faut écarter les graisses pour sortir le bébé ? »

D’autres femmes n’ont pas apprécié le comportement de cette sage-femme. Elles ont porté plainte. Pierrette Valot a gagné son procès

Deux femmes ont porté plainte contre la sage-femme. Cette dernière a gagné son procès.

Me Carlier vient de rappeler les faits. « On vous a considérée comme dangereuse. On vous a gardée 26 ans, mais pas un an de plus »

« C’était une querelle de personne. » Face à Me Carlier qui hausse le ton, la sage-femme ne se laisse pas déstabiliser.

La présidente en profite pour rappeler que ce n’est certainement pas le procès de la sage-femme.

« J’ai accouché une autre dame de 160 kilos, il ne s’est rien passé derrière… Si elle l’a compris comme ça, je m’excuse »

Me Carlier à la sage femme : « vous avez joué un rôle très lourd dans la perception qu’a D#cottrez de la maternité ! »

Me Carlier insiste auprès de la sage-femme. « Vous avez joué un rôle très lourd dans la conception de la maternité de Dominique « 

La sage-femme : « Je ne pense pas qu’on puisse tout me mettre sur le dos. Je ne suis pas la cause, je pense qu’il y en a d’autres »

L’audience est suspendue quelques minutes. Atmosphère tendue.

Après ce dernier échange vif, la présidente suspend l’audience pour 15 minutes. La sage-femme s’en va

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L’audience reprend. Le docteur subtil, expert en gynécologie, nous livre son rapport et son analyse s/ accouchements de Dominique

L’audience reprend avec le témoignage du Dr Damien Subtil, expert en gynécologie.

Le docteur explique qu’il a été surpris en rencontrant Dominique « C’était le contraire du monstre que j’avais entendu parler »

Le Dr Subtil dit qu’il a été frappé par le mauvais accueil fait à D lors de son 1er accouchement. « ça m’a révolté, mais pas étonné »

Le Dr Subtil sort un peu de son rapport. Il présente des excuses à D au nom du corps médical. « On lui a fait du mal », affirme-t-il.

« Pour moi, le mauvais accueil lors de son premier accouchement a été central », estime le docteur Subtil.

« La parole rapportée par Dominique m’a révolté mais ne m’a pas étonné ». Le docteur évoque « la maltraitance dans les hôpitaux »

Le docteur humaniste « sort de son domaine » et « s’excuse du mal fait » à Mme au nom du corps médical…

Un expert gynéco est « persuadé » que mme a vécu un réel traumatisme lors de son premier accouchement

« J’ai compris que madame était dans une spirale infernale, même si je ne suis pas psy », dit le gynécologue.

C’est un rapport totalement engagé que livre le docteur Subtil.

« Ce que dit le spécialiste lors de l’accouchement s’imprime en vous comme une certitude » dit l’expert à propos de D#cottrez

L’expert gynéco est certain que le cas est un déni de grossesse mais pas certain que son rapport (très) subjectif serve l’accusée

Dominique se tourne vers l’expert en gynécologie et esquisse un sourire, visiblement satisfaite de ce qu’il dit.

Dominique a beaucoup pleuré pendant que le docteur parlait.

« C’est un compte-rendu déconcertant », relève la présidente. Le docteur n’a pas parlé de médical mais de psychologie.

L’expert Subtil revient sur cet épisode stupéfiant où D#cottrez accouche à l’hôpital où elle vient de faire un scanner mais nul ne voit rien

– « Vous nous dites, dire cela [remarques sur le poids] à ce moment-là, c’est pas bien ? »
– « C’est plus que pas bien… ça laisse des traces »

Pour le docteur Subtil, Dominique Cottrez a fait un déni de grossesse. Rappelons que l’expert est docteur, pas psychiatre.

Je voulais dire « gynécologue » à la place de « docteur », au temps pour moi. Vous suivez, c’est très bien 😉

Docteur expert en gynéco, docteur expert en psychiatrie, docteur expert en médecine légale. Tt le monde est docteur et expert

La douleur provoquée par l’accouchement est assimilée à la douleur ressentie lors de la section d’1doigt, nous apprend ce gynécologu

L’expert en gynécologie juge que l’attitude de la sage-femme pendant le premier accouchement de Dominique est « très malfaisante ».

« Sur 400 accouchements par mois, 2 à 3 femmes viennent sans jamais avoir consulté pendant leur grossesse », estime le Dr Subtil.

Me Berton : – « La chance de survie d’1enfant qui naît dans les WC, sans assistance médicale est moindre que ds un hôpital ? »
Le Dr: – « Oui »

Ce n’est pas vraiment son rôle, mais le Dr Subtil dit qu’après avoir connu l’histoire de Dominique , il comprend ses gestes

« C’est le 1er qui était terrible. Après elle n’a plus le choix, elle ne fait que répéter. Mais je pense qu’elle le fait à contre-cœur »

L’audience est suspendue et reprendra à 14h15.

L’audience est suspendue. Reprise à 14h15.

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