Loupiac – 30 ans après les faits – Condamné à lui verser, au titre du préjudice moral, 15.000 euros

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Elle n’a rien inventé selon la justice  
Les explications de Stéphanie Brossard France Bleu Gironde

Une habitante de Loupiac accusait son père d’agressions sexuelles, 30 ans après les faits. La Cour d’appel de Bordeaux vient de confirmer la décision prise en première instance. Elle n’a pas inventé. Il y a bien eu attouchements

 

Vrai inceste ou faux souvenirs induits ? La Cour d’appel de Bordeaux a tranché, et a estimé, comme en première instance en 2013, qu’il y a bien eu agressions sexuelles de la part d’un père, sur sa fille, il y a 30 ans. Il est condamné à lui verser, au titre du préjudice moral, 15.000 euros.

C’est en 2007 que cette habitante de Loupiac, âgée de 39 ans aujourd’hui, dépose plainte et accuse son père de 66 ans, de l’avoir violée entre 1985 et 1988, alors qu’elle avait une dizaine d’années. Accusation portée après la consultation d’un coach en développement personnel, un « thérapeute de pacotille » selon maître Picotin, l’avocat du père dévasté depuis le début de l’histoire. Elle « n’est pas une affabulatrice » avait argumenté Patricia Gravellier l’avocate de la plaignante, à l’audience.

L’argument des faux souvenirs induits ne tient pas

Il ne s’agit donc pas de faux souvenirs induits comme a tenté de le prouver l’avocat du père : une histoire née de ses échanges récents avec un coach en développement personnel, consulté dans une période où elle n’allait pas bien, qui l’aurait poussé à porter plainte. C’est un phénomène venu des États-Unis. Ce sont des pseudo-thérapeutes selon lui, qui construisent dans l’esprit de leur patient mal dans leur peau, des souvenirs prétendument refoulés de l’enfance, une sorte de manipulation de leur mémoire, à laquelle ils finiraient par croire dur comme fer.

Sa cousine affirme aussi avoir été agressée

Dans ce cas précis, selon l’arrêt rendu par la Cour d’appel de Bordeaux, il y a bien eu inceste, il y a 30 ans. Ce ne sont pas ses visites chez ce coach qui ont entraîné le dépôt de plainte. Elle avait déjà confié par le passé, qu’elle avait été victime d’attouchements sexuels, à son mari, à son frère et à une amie. La Cour d’Appel a également retenu comme éléments de preuves, ses résultats scolaires en baisse et ses absences répétées à l’époque. Ainsi que le témoignage d’une cousine qui assure également avoir été agressée par son oncle, un soir de 1984.

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France inter – Secret d’info – Vendredi 15 mai 2015 17h – Outreau : le procès absurde

logoMardi 19 mai, le troisième procès de l’affaire d’Outreau va s’ouvrir à Rennes devant la cour d’assises. Cette audience risque de raviver les soupçons et de relancer les rumeurs.
Il semble bien difficile de clore l’affaire d’Outreau.
Ce dossier criminel a pourtant été déjà examiné deux fois, à Saint Omer en 2004, et à Paris en 2005.
Sur les 17 personnes qui avaient été mises en examen, 4 ont finalement été condamnées et 13 autres ont été acquittées.
Daniel Legrand, 33 ans, est l’un des innocents d’Outreau. Il va cependant être de nouveau jugé.
En effet son acquittement avait été prononcé pour des faits qui auraient commis quand il était majeur, or Daniel Legrand était aussi poursuivi pour des viols qu’il aurait perpétué quand il était mineur.
Si, sur un plan strictement juridique, ce procès est légal, il n’en demeure pas moins « judiciairement absurde » pour les avocats des acquittés d’Outreau.
En effet, Daniel Legrand va être jugé pour des faits pour lesquels il a déjà été innocenté. La justice aurait d’ailleurs pu se dispenser de ce nouveau procès, mais un syndicat de magistrats et une association de victimes ont relancé la procédure.
Au sein de la magistrature, l’affaire d’Outreau demeure une blessure à vif. De nombreux juges ou procureurs continuent de croire que les acquittements prononcés il y a 10 ans sont le résultat d’une campagne médiatique. Ils refusent de croire que l’appareil judiciaire ait pu à ce point dysfonctionner.
Cette nouvelle audience risque donc de nourrir de nouvelles théories du complot.
L’enquête de Jean-Philippe Deniau et l’interview de l’avocat Eric Dupond-Moretti à retrouver

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