2/ Perte de soi par Jean-Pierre Klein

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Mais il existe une perte d’objet qui est la plus 
tragique de toutes : c’est celle de soi-même 
comme objet de son estime, de son amour. C’est 
la conséquence sinon le but recherché par les 
auteurs de violences sexuelles : la mutilation de 
la chair et de l’âme des victimes entraîne leur asservissement au trauma dans une éternité de 
sa répétition. La victime en effet revit imaginairement, jour après jour, nuit après nuit, les traumatismes passés, car l’imaginaire paralysé ne 
peut que répéter à l’identique la réalité inimaginable. L’événement traumatisant se répète 
inchangé dans ce qui n’est pas le souvenir du 
passé mais une réminiscence obligée, présentification automatique qui s’impose.


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Autres billets sur le livre de Jean-Pierre Klein : Violences sexuelles faites à enfants

1/ Violences sexuelles faites à enfants – Une nouvelle clinique

3/ La psyché doit passer par un transfert dans des objets animés et 
inanimés pour « prendre forme »

Poème : L’inceste est comme un papillon noir par Clergé

Texte de Clergé

  • L’inceste est comme un papillon noir : il vient se poser sur l’épaule d’un petit garçon ou d’une petite fille se tenant pieds nus – le regard perdu – au bord d’une piscine.
  • L’inceste est comme un papillon noir qui vole au-dessus d’un lit d’enfant et caresse de ses ailes le drap blanc relevé jusqu’au nez de la fillette apeurée.
  • L’inceste est comme un papillon noir qui s’enfuit entre les jouets d’un petit garçon jetés à terre.
  • L’inceste est comme un papillon noir mais si le papillon a 2 ailes pour voler
  • L’inceste vole la liberté d’évoluer du jeune enfant et lui prend son futur sans laisser de cicatrice visible.
  • L’enfant subissant l’inceste en silence ne deviendra pas chrysalide
  • Vu du ciel, cet enfant ressemble à un autre, sa blessure est invisible pour des cœurs non avertis.
  • L’enfant deviendra un adulte tant bien que mal, mais son enfance lui a volé les réserves d’amour et de confiance dans l’autre
  • ce parent, ce proche qui aurait dû être son protecteur et qui a abusé de son pouvoir pour son seul plaisir personnel.
  • Cet abuseur a parfois aussi été une victime silencieuse ou non entendue.
  • Jusqu’à quelle génération sacrifiée faut-il accepter d’aller ?
  • De quelle couleur cet enfant parera ses ailes de papillon : vert, bleu, rouge ou violet….
  • Un enfant épargné par l’inceste a plus de chance – mais chaque vie est unique.
  • L’inceste n’a pas d’aile,
  • l’inceste est un insecte rampant, répugnant et vicieux.
  • Quelquefois l’enfant a moins peur de l’obscurité que de l’inceste.
  • L’inceste tue le papillon quand le petit garçon ferme les yeux et qu’il croie qu’il arrive à oublier l’inimaginable mais tout est semé au fonds de son âme. Il est trop tard.
  • La petite fille ou le petit garçon tuent l’inceste lorsqu’ils rêvent d’avoir des ailes et que dans leurs rêves, ils échappent à cette torture et s’évadent très loin au pays des enfants heureux comme chacun devrait y avoir le droit.

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