BMP – Escargots mutants

Des formes d’escargots mutants à la façon de Béatrice.
Cette idée m’est apparue en lisant les billets sur le livre des symboles, et je me disais pourquoi ne pas faire une peinture.
Et j’ai pensé à l’idée des escargots, car ma petite dernière, quand elle était toute petite adorait les mettre sur la table et jouer avec. Je la revoie avec ses cheveux frisés et blonds.
Voilà mais, faire des escargots ordinaires non ça ne me plaisait pas trop, le mot « ordinaire » pointait son nez et je n’en voyais pas l’utilité, voilà pourquoi j’ai rajouté la touche de Béatrice, comme je le dis souvent « à ma façon à moi »

Comment avez-vous dessiné ?

Mon idée étant bien là, j’ai donc commencé mon esquisse par la réalisation de l’escargot qui se trouve légèrement au milieu de ma feuille, en y rajoutant ce petit mouvement en plus qui part sur le côté, comme pour vouloir l’agrandir un peu.
Puis j’ai fait naître mon deuxième escargot, celui qui se trouve tout en haut de ma feuille mais avec plus de mouvement et plus large, que celui que je venais de faire en premier.
Puis j’ai terminé par le petit tout en bas de ma feuille, le petit bébé mutant tout juste né.
Pour recouvrir le manteau en aquarelle de mon esquisse, là il fallait que les couleurs ressortent absolument. Dans ma tête ça me faisait la chaîne suivante, naissance, mutation, couleur.
Je ne voulais pas non plus faire une peinture aux couleurs sombres.

Matériaux

Feuille de format 50 x 70 cm à grain fin
J’ai utilisé les couleurs aquarelles suivantes : violet, bleu de Prusse, vert jaunâtre, rouge Magenta, orange, blanc de Chine, jaune. Je me suis amusée à réaliser des mélanges entre elles.
Finitions crayons Art Grip Aquarelle.

Qu’avez-vous ressenti ?

Je voulais, en moi provoquer une explosion, je voulais faire baisser la pression qui est en moi depuis quelque temps et qui me questionne beaucoup et qui me fait tourner en rond.
J’ai eu aussi cette espèce d’angoisse qui revient quand j’emploie trop de couleurs, bien que dans ma tête c’était évident que je devais en faire ressortir beaucoup dans ce tableau. Et comme toujours, cela a provoqué un moment d’égarement : plus rien plus de présent, plus rien du moment que je vivais, bref complètement chamboulée.
J’ai donc fait une pause, en allant dans mon coin sécurisant.
Après dans ma tête c’était plus clair, cette angoisse était là mais moins forte.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

Je me disais et si des comme ça il en existait ça serait trop cool, mon petit moment de délire à moi, en regardant mon aquarelle.
Je me suis amusée à faire cette peinture.

Le rouge : couleur multiple avec Michel Pastoureau

Ajoutée le 15 nov. 2016
Dans quelques jours surgira le Père Noël, tout de rouge vêtu. L’émission de ce matin étant consacrée à cette couleur, je sens bien que vous trouverez peut-être, chers auditeurs et chères auditrices, que pour une fois le lien avec notre actualité est quelque peu ténu. Heureusement j’ai mieux à proposer, à l’occasion de l’anniversaire de la Nativité. Mon invité, Michel Pastoureau , admirable historien – entre autres – de toute la diversité de l’arc-en-ciel, a fait un sort, dans l’un de ses livres, à l’épisode de Jésus Christ placé, encore enfant, chez un maître teinturier. Un épisode rapporté par les Evangiles qui sont dits apocryphes, remontant au IIe et IIIe siècles, et qui eurent une grande influence sur l’iconographie du Moyen Âge. Jésus aurait été un beau jour chargé de colorer de diverse façon des étoffes somptueuses. Mais, pressé de rejoindre ses parents, Joseph et Marie, il aurait plongé toutes ces étoffes dans le même bain, provoquant la colère du teinturier. Sur quoi Jésus lui aurait dit : « Ne t’inquiète pas, maître, je vais rendre à chaque étoffe la couleur qui doit être la sienne ». Et il les replongea toutes dans la cuve puis il les ressortit une à une, chacune dotée – miracle ! – de la couleur souhaitée. Avec, assurément, le rouge avant toute autre. Ce rouge qui fut longtemps, pour le christianisme, la première des couleurs, celle de la Pentecôte et de l’Esprit saint, mais aussi, satanique, celle des flammes de l’enfer. Une couleur déclinée selon un magnifique éventail : écarlate, pourpre, cramoisi, améthyste ou carmin… Jean-Noël Jeanneney