BMP – Un violon perdu dans les couleurs et sans son archet

Je voulais réaliser une toile peu ordinaire et qui n’a pas forcement de sens. Je souhaitais montrer ce côté qui, chez moi, disjoncte, et le représenter en dessin.
Un violon qui n’a pas d’archet est perdu, et si les notes étaient représentées par des formes en couleur, on peut s’y perdre complètement. C’est ce que je voulais exprimer.
Mais je voulais aussi que ces couleurs fassent ressortir une émotion, une sensation venant des autres personnes, de celles qui écoutent, comme si elles-mêmes choisissaient leurs couleurs par rapport à ce que la personne ressentait sur le moment. La couleur, la forme représenterait une note. Un peu comme si elles s’accordaient elles-mêmes à celui qui joue du violon.

Comment avez-vous dessiné ?

J’ai commencé mon esquisse par la mise en forme de ce violon qui n’a pas la forme d’un vrai violon, mais un peu déformée. Pour l’archet, il n’était pas question qu’il soit présent, car je me disais qu’éventuellement on pouvait se servir de nos doigts pour jouer d’un violon, pour faire résonner une note en lui.
Puis j’ai observé mon esquisse de loin pour ne pas faire uniquement des formes au hasard, non je voulais que ce violon soit entouré de douceur et qu’il ressorte de lui aussi la même chose. Je ne souhaitais pas non plus l’étouffer : ne pas remplir ma feuille de formes qui étoufferaient ce violon de peur que plus aucune note ne puisse venir de lui.
Donc pour la réalisation des formes j’y suis allée doucement en tâtonnant, car dans certains tableaux, j’ai parfois ce côté étouffant que je ne maîtrise pas toujours et je ne voulais pas qu’il soit présent.
Pour recouvrir mon esquisse de son manteau aquarelle, j’ai fait la même chose : je ne voulais pas mettre plein de couleurs de toutes sortes pour ne pas étouffer ce violon, pour l’empêcher d’émettre des notes de musique, je voulais qu’il s’exprime même avec l’absence de son archet.

Matériaux utilisés :

Peinture réalisée sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
J’ai utilisé les couleurs aquarelles suivantes : blanc de Chine, noir d’ivoire, bleu céruélum, bleu outremer, terre d’ombre brûlée, ocre jaune, rose, rouge carmin, jaune citron violet.
Finitions crayons Art Grip Aquarelle.

Qu’avez-vous ressenti ?

Ah ! ah ! j’aime réaliser des peintures un peu légèrement bizarres c’est mon côté « mystérieuse ».
J’avais cette angoisse de trop en faire, le mot « étouffé »  était vraiment trop présent, et je me posais la question de savoir pourquoi, parce que je n’étais pas sûre que cela soit réellement le souci du dessin qui provoquait en moi ce mot étouffer. D’autant que je voulais que cette peinture soit légère au regard des autres et que je m’amusais à la peindre.
J’ai ressenti quelques moments d’égarement mais rien de bien méchant. Par moment dans ma tête j’étais détendue mais aussi préoccupée.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

J’ai ressenti des doutes et une espèce d’angoisse mais je ne suis pas capable de dire si c’est le tableau ou autre chose. Car finalement dans ma tête tout s’est mélangé.
Mais j’ai pris du bon temps à peindre, et je retiens cela 🙂

BMP – Profiter de ce moment

Il y a des moments comme cela, où je ne souhaite rien d’autre, à par prendre mon pinceau et me dire que ça va passer.
Et aujourd’hui en ce samedi 15 juillet c’est juste cela dont j’ai envie, et rien d’autre. Je veux juste profiter de ce moment à moi dans le calme.
Juste être seule avec moi-même et de réaliser une pause dans ma tête.
Juste, essayer de faire sortir de ma petite caboche avec mon pinceau, des petites couleurs douces pour représenter ce calme que je recherche. Pour me laisser me glisser doucement dessus, sans chercher à me torturer en questions de ce que j’ai fait où de ce que je ne n’ai pas fait.
Juste ce moment présent et rien d’autre.

Matériaux utilisés :

Peinture réalisée sur feuille de format de 36cm X 48cm
J’ai utilisé les couleurs aquarelles suivantes : orange, rouge vermillon, bleu cobalt, jaune citron, rouge carmin, noir d’ivoire, rouge écarlate, blanc de Chine.
J’ai réalisé ce dessin d’une traite sans m’arrêter, j’avais cette angoisse que mes dissociations soient là et m’empêchent de profiter de ce moment. Mais il y avait cette petite réflexion que je me faisais : « mais si elles pointaient leurs nez dans ma peinture ça ne se verra pas ». Comme un ouf de soulagement. Mais de réaliser d’un coup mon dessin me mettait en sécurité, ce besoin que je recherche en ce moment est très présent et je ne veux pas en chercher la cause là… c’est mon moment de détente.