Le 14 décembre 1926 Agatha Christie fut-elle atteinte de fugue dissociative ?

L’étrange disparition qui fit d’Agatha Christie une superstar
Elise Costa — 06.07.2016
Jusqu’où une personne acculée par le chagrin peut-elle se rendre pour apaiser sa douleur ? Certains videraient les verres d’alcool. D’autres se refuseraient à l’inaction et trouveraient un exutoire dans la fureur. Quelques-uns, enfin, pourraient se réfugier dans une folie passagère. C’est peut-être bien ce qu’a connu Agatha Christie entre le 3 et le 14 décembre 1926. Quoique, il ne s’agit que d’une hypothèse. Ce qu’il s’est passé durant les onze jours de sa disparition, elle l’a emporté dans sa tombe. Retour sur ce fait divers qui a marqué l’Angleterre.

En 1926, Agatha Christie vient de publier son sixième roman, Le Meurtre de Roger Ackroyd. Elle a la cote dans les librairies britanniques, quoique sa popularité n’atteigne pas encore des sommets. Et pendant que sa carrière décolle, son cœur prend l’eau : son mari, Archibald, souhaite divorcer pour épouser sa maîtresse. Il lui reproche de préférer ses livres à leur couple et à leur fille, Rosalind. Agatha Christie vient de perdre sa mère. Il dit ne pouvoir supporter de vivre avec des gens malheureux. Le départ de son mari, dont elle est très éprise, finit de l’achever.
Le vendredi 3 décembre au soir, elle embrasse Rosalind – qui a alors 7 ans – et laisse une lettre à sa secrétaire lui demandant d’annuler ses rendez-vous. Elle prend alors le volant de sa Morris Cowley et quitte sa demeure du Berkshire en pleine nuit. Au petit matin, elle n’est toujours pas réapparue et ses draps sont froids.
Sa voiture est identifiée au bord de l’étang sombre de Silent Pool, les phares allumés, sans qu’il n’y ait vraiment de trace d’accident. À l’intérieur, la police retrouve ses affaires personnelles, son manteau en fourrure et son permis de conduire périmé. Plus loin, le poudrier de sa mère. Les journaux s’emparent de l’histoire. S’agit-il d’un suicide ? d’un kidnapping ? d’un meurtre commandité par Archibald Christie ? Dans ce dernier cas, le crime serait parfait : malgré des aéroplanes survolant la zone (une première à l’époque), les chiens, le drainage de l’étang, une battue de 1.000 policiers, suivie d’une autre de 15.000 volontaires, son corps reste introuvable. Qu’est-il arrivé à Agatha Christie ?

Après tout, Agatha Christie adore se déguiser. Les journaux ne vont pas jusqu’à la grimer d’une moustache, mais un témoin prétend l’avoir vue habillée en homme. Un autre pense l’avoir aperçue chez Harrods, à Londres. Deux collègues auteurs de polars participent à leur manière aux recherches : Dorothy L. Sayers visite les lieux de sa disparition, Sir Conan Doyle confie un de ses gants à un médium, qui affirme qu’elle est vivante et qu’elle ne va pas tarder à se montrer. En attendant, le pays se passionne pour l’affaire et 100 livres sterling sont promis en récompense de toute information sérieuse.

Fugue dissociative ?

Le 14 décembre 1926, le monde est toujours sans nouvelle d’Agatha Christie. À Harrogate, une ville charmante du nord de l’Angleterre, un groupe de jazz entre au Swan Hydropathic Hotel pour donner un concert. Le saxophoniste (ou le batteur, selon les versions) reconnaît l’écrivaine. Quand son mari vient la chercher, Agatha Christie ne le reconnaît pas. Les enquêteurs découvrent qu’elle est enregistrée sous le nom de Theresa Neele. Le même nom que la maîtresse d’Archibald. Elle remonte dans sa chambre payée cash, essaie plusieurs robes afin d’en choisir une qui lui convienne, et redescend dans le hall. Puis, au bras de son mari, elle rentre chez elle sans adresser un mot à personne.

Jamais Agatha Christie ne parlera de sa disparition. Pas même à Rosalind.

Son histoire a inspiré, entre autres, Alfred Hitchcock (pour le film The Lady Vanishes) et Gillian Flynn (pour son best-seller Les Apparences)
Interrogée sur le sujet des années après, elle dira bien avoir enregistré, pour son autobiographie, un chapitre consacré à cette escapade sur son magnétophone. Que, malheureusement, les bandes étaient inaudibles. Et que de toute façon, eh bien, elle a des problèmes de mémoire.
Les théories sur le sujet se comptent sur les doigts de la main. Ou bien Agatha Christie voulut donner une leçon à son mari (ce que la famille a toujours démenti). Ou bien elle fut atteinte de fugue dissociative, sorte d’amnésie temporaire causée par le stress, la dépression. Les plus cyniques y virent un formidable coup de pub : car à la suite de sa disparition dans la nuit brumeuse et des gros titres des journaux, Agatha Christie atteignit son rang d’écrivaine superstar. Aujourd’hui, la reine du polar a dépassé les 350 millions d’exemplaires vendus à travers le monde.

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BMP – Petite tornade de chaleur

C’est parti d’une idée un peu folle, mais j’aime cela et ça me permet de créer des peintures hors du commun. Ce n’est pas complètement hors normes, mais peut-être pas si loin. Il y a le titre de l’aquarelle, qui permet d’imaginer des choses, mais j’aime faire surgir quelque chose de mystérieux qui surprenne, qu’on n’attend pas à voir surgir. Mes pinceaux sont déjà dans mes mains 🙂 Le côté amusant me fait du bien. Surtout quand moi-même j’ai l’idée mais le fait, de la mettre sur feuille n’est pas si simple, et j’en découvre la surprise à la fin. Il y a toujours ce côté gamine qui est là.
Pour cette aquarelle, les mots : mouvement, petite tornade de chaleur me trottaient dans la tête, mais pourquoi chaleur ça je n’en sais rien. Et là je me suis dit : Béatrice une création avec ces deux mots : tornade et mouvement. Je n’avais aucune idée en tête, mais j’aime quand cette situation se présente à moi car ça me permet de faire travailler mon imagination. Moi qui ai tant de mal à imaginer, ça me permet d’y travailler un peu de cette façon, tout en restant dans le dessin.
Je savais juste que les couleurs devaient être présentes pour représenter cette chaleur.
Après réflexion, je commence à faire naître mon esquisse.

Comment avez-vous dessiné ?

Je commence donc par dessiner ce début de corps, je parle de la tête, de ce bras et de ce début d’épaule. Ensuite je continue en dessinant cette petite tornade et ce mouvement qui l’accompagne, donc j’intègre mes deux mots pour la réalisation de mon esquisse.
Réaliser cet ensemble au milieu du corps, je trouvais mon idée pas mal. Je me disais, dans ma tête, cet ensemble remplacerait le reste du corps que j’avais commencé, qui serait présent malgré tout, mais d’une façon plus originale, par ce mouvement. Au moment de la réalisation de mon esquisse, ça me suffisait donc que ce mot « mouvement » remplace le ventre, les jambes, les pieds, et l’autre main.
Pour moi le mot restait vivant. Et je dirais même que je préférerais cette situation que de dessiner un corps, qui me cause des soucis en ce moment.
La réalisation de mon manteau en aquarelle devait être gaie, sinon mon idée ne serait plus bonne et plus la même. Cette aquarelle devait avoir un mouvement gai et vivant.
C’est comme cela que cette création, dans mon idée, devait ressortir à la fin.

Matériaux utilisés :

Aquarelle sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
J’ai utilisé les couleurs aquarelles suivantes : vert foncé, vert clair, gris de Payne, rouge carmin, jaune citron, orange, bleu de cobalt, blanc de Chine.
Finition : Crayon Pentel black.

Qu’avez-vous ressenti ?

Dans ma tête, je voulais absolument de la couleur. Je voulais de la gaieté, de la vie. C’est comme si je voulais montrer l’exemple, le bon exemple à mon cerveau qui lui aurait tendance à vouloir traîner un peu mais pas toujours dans le bon sens et ça je n’aime pas.
J’ai eu des dissociations, des angoisses, et des moments plus compliqués, car dans ma tête ce n’est pas aussi simple. Mais j’ai ce côté en moi à me dire que ça va aller.
Je me disais, je voudrais qu’il y ait de la couleur dans ma vie comme dans ce dessin. Je regardais ces couleurs avec mes yeux comme une situation nouvelle, mais je ne sentais que la moitié de ma figure.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

Pas d’angoisse et je m’aperçois que sur le côté de mon aquarelle, le mouvement ne s’arrête pas. Le mouvement est toujours là et ça c’est bon signe. Même avec ce qui se passe chez moi et dans ma tête. Provoquer un mouvement est un bonheur. Mais une contrariété est là.