Le syndrome de Fregoli

  • Syndrome de Capgras : le sujet perçoit de manière erronée qu’une personne de son entourage, tel un proche parent ou un ami, a été remplacée par un double, mais cela n’est pas tout à fait exact.
  • Syndrome de Fregoli : la personne affectée croit qu’un ou plusieurs individus ont modifié leur apparence pour ressembler à des membres de la famille afin de le persécuter ou de le tromper.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_de_Fregoli

(du nom d’un célèbre transformiste italien Leopoldo Fregoli) est un trouble psychiatrique du groupe des psychoses chroniques non dissociatives (Délire Chronique Non Schizophrénique dans la nouvelle dénomination) qui survient chez l’adulte. Le délire y est le plus souvent de nature paranoïaque : le sujet affecté par ce syndrome est persuadé qu’il est persécuté par une autre personne qu’il s’imagine déguisée et changeant régulièrement d’apparence.

http://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/Syndrome%20de%20Fregoli/fr-fr/

Le syndrome de Fregoli (du nom d’un célèbre transformiste italien Leopoldo Fregoli) est un trouble psychiatrique du groupe des psychoses chroniques non dissociatives qui survient chez l’adulte. Le délire y est le plus souvent de nature paranoïaque : le sujet affecté par ce syndrome est persuadé qu’il est persécuté par une autre personne qu’il s’imagine déguisée et changeant régulièrement d’apparence.

Ce syndrome a été décrit par Courbon et Fail en 1927 dans un article (le Syndrome d’illusion de Fregoli et schizophrénie) où ils étudiaient le cas d’une femme de 27 ans qui se croyait persécutée par deux acteurs qu’elle allait souvent voir au théâtre. Elle était persuadée que ces personnes « la poursuivaient à tout moment, prenant la forme de gens qu’elle connaissait ou qu’elle rencontrait ». Le délire consiste à croire que plusieurs individus qui ne se ressemblent pas sont tous les incarnations d’une seule et même personne persécutante. C’est comme si le persécuteur employait le corps de tiers pour mieux persécuter sa victime. Dans le syndrome de Fregoli, le patient ne reconnaît pas mais identifie le persécuteur quelle que soit la forme que celui-ci a empruntée.

Le syndrome de Fregoli est rangé à la fois dans les délires monothématiques, puisque la folie ne s’attache qu’à un seul thème, et dans les délires d’identification des personnes. Comme le délire d’illusion des sosies de Capgras, on pense qu’il est dû à une impossibilité de percevoir normalement les visages.

Sous un angle psychanalytique le syndrome de Frégoli est à considérer dans sa dimension structurale comme trouble dans le champ de la reconnaissance des personnes. Cette forme d’illusion est une forme pure de passion de l’identité: le sujet tend à identifier toujours le même sous la diversité des autres qu’il rencontre et en cela le nom et l’image sont disjoints. Ce qui se présente est une décomposition des coordonnées de la reconnaissance. Dans l’illusion de Frégoli l’autre est toujours le même.

Ce syndrome peut aussi rarement se rencontrer dans certaines pathologies démentielles dégénératives du cerveaux comme la Maladie d’Alzheimer ou la Démence à corps de Lewy.

A écouter  émission  :

https://theconversation.com/podcast-quand-votre-persecuteur-prend-le-visage-de-tous-ceux-qui-vous-entourent-112011?utm_source=twitter&utm_medium=twitterbutton

Syndrome de Capgras : confondre des êtres chers avec des imposteurs

BD – Atelier pour dessiner l’alphabet

Atelier peinture, dessin en cet après midi du lundi 18 février 2019.
10 nouveaux jeunes migrants sont arrivés à « La table de Jeanne-Marie ». Nous avions une trentaine de jeunes en cet après-midi que nous devions disperser dans les ateliers : de français, d’anglais, de dessin et peinture.
V. n’étant pas là, c’est D; qui était responsable en ce lundi, ce qui veut dire que nous  étions deux à rester jusqu’à la fermeture de l’association… Les autres bénévoles qui étaient là ne viennent que de temps en temps et partent tout de suite après.
Une fois tous les jeunes réparties dans les ateliers, j’ai fait, comme d’habitude, ma mise en place. J’avais entre 12 et 14 personnes pour mon atelier. Des personnes que je n’avais jamais vues et d’autres que j’ai vues très peu. Quand j’ai vu tout ce petit monde autour des tables, dans ma tête j’ai fait waouh. C’était assez impressionnant. Je n’avais plutôt pas intérêt à bégayer dans mes explications. Les jeunes me regardaient avec leurs sourires. Il n’y a plus rien à dire là, mais juste à faire bien pour eux.
J’ai donc travaillé avec eux sur l’alphabétisation. Beaucoup de personnes ne savent pas écrire et ont beaucoup de difficultés pour parler le français.
Mon idée était donc d’incorporer du collage avec l’écrit. Le but était de reconnaître toutes les lettres de l’alphabet. Ils devaient tous apprendre à reconnaître celles-ci aussi bien dans l’ordre que dans le désordre.
À dire c’est facile, mais passer à l’action c’est beaucoup plus difficile pour eux.
Dans mon placard j’avais mis de côté des lettres alphabétiques colorées qui avaient un léger relief. Je me suis dit que peut-être avec le collage ça aurait été un petit plus pour leur  mémorisation, afin de mieux repérer mais aussi faire la différence entre toutes les lettres.
J’ai donc distribué des feuilles blanches à tout le monde. Ensuite j’ai ouvert le paquet de lettres en reliefs et j’en ai éparpillées un peu partout sur les tables avec des pastels secs, des feutres et des crayons de couleurs.
De mon côté j’avais fait un exemple de production pour pouvoir leur montrer, afin qu’ils aient un petit modèle. Mais j’avais bien signalé qu’il n’était pas question qu’ils refassent le même.
Tout comme je leur ai dit que je ne voulais pas un dessin bâclé, que je voulais que les finitions apparaissent. J’avais remarqué que certains jeunes avaient quelques difficultés par rapport à cela.
Les jeunes ont donc commencé par repérer toutes les lettres de l’alphabet qui étaient sur les tables en petits tas. Puis ils ont commencé à les dessiner sur leur feuille.
A ce moment-là, j’avais observé que tous les jeunes les avaient fait apparaître dans l’ordre… Je me suis donc approchée de deux ou trois jeunes et j’ai demandé pourquoi ? J’avais ma petite idée mais je voulais qu’ils me le disent eux. Je ne perds jamais de vu que je ne suis pas dans leur tête, je devais donc comprendre si une  difficulté était présente ou pas. Ils m’ont donc expliqué que déjà repérer les lettres était assez difficile pour eux. Surtout qu’elles étaient sur la table et bien mélangées.
J’ai dit OK avec un sourire et j’ai rajouté donc si cela peut vous rassurer continuer ainsi. Mais j’avais mon idée, qui était que je passe de temps en temps montrer du doigt une lettre au hasard.
Mais je n’ai fait ceci qu’au milieu de l’atelier pas au début. Je voulais qu’ils prennent tout le temps de pouvoir mémoriser les lettres et de repérer leurs formes. Parfois quand  je demandais, des jeunes se trompaient. Mais ce n’était pas grave. Je les rassurais et je disais  que cela allait rentrer dans leur tête petit à petit… et vers la fin quand je passais les revoir ils ne se trompaient plus. Dans ma tête je souriais parce que je suis très exigeante avec moi quand je dois apprendre et comprendre quelque chose, je ne me donne pas de chance. Mais j’y suis beaucoup moins avec les autres. L’apprentissage doit se faire en douceur et avec de la patience et puis je me dis aussi qu’ils doivent un peu se débrouiller tout seuls. Parfois c’est ce que fait mon art-thérapeute avec moi elle ne me donne pas les idées ou les réponses. Elle me laisse réfléchir. J’appelle cela l’autonomie et c’est important pour les jeunes. Mais je ne suis jamais bien loin car il n’est pas question non plus de les laisser devant quelque chose qui les rendrait mal et que cela soit angoissant. le but n’est pas de les faire fuir !
Pendant cet atelier, par moment, j’entendais les jeunes qui chantaient les lettres, tout comme quand l’un d’eux avait du mal à repérer une lettre l’autre lui souffler la réponse malgré le nombre de personnes. Il y avait une bonne ambiance. Tout comme ils ont su m’expliquer qu’ils aimaient cette différence entre ce collage et l’écriture. Le collage est beaucoup plus facile pour eux, mais ce n’est pas pour autant qu’ils délaissaient l’écriture. J’apprécie ce côté,  ça confirme bien cette volonté de vouloir apprendre venant de tous ces jeunes. C’est tout à leur honneur je trouve.
Quand je m’apercevais que certains dessins commençaient à être finis, je m’approchais de la personne et nous échangions toutes les deux. Celle-ci m’expliquait ce qu’il avait appris, ce qui l’avait angoissée etc. De mon côté je dois être capable de l’entendre.
Parce que c’est comme ça aussi que je peux les aider et bien faire un atelier et voir comment je peux faire pour le prochain.
L’écoute est très importante tout comme l’observation et la bienveillance, parce que si les jeunes n’y arrivent pas du premier coup, ça ne doit pas être grave pour eux. Ils doivent aussi apprendre à ne pas réussir du premier coup pour me faire plaisir, ça je ne le veux pas. Il faut laisser le temps faire son œuvre pour pouvoir apprendre et retenir, sans contrainte !
Au final tous les jeunes ont fait leur peinture. Ils étaient très contents d’avoir mis des couleurs sur ses lettres de l’alphabet et d’avoir pu commencer à bien les retenir.
Je leur ai proposé de temps en temps de revoir cet alphabet que cela pouvait les aider à bien le retenir et surtout à bien reconnaître les lettres pour pouvoir écrire des mots et pour transformer ces mots en phrase pour au final bien parler la langue française. J’ai laissé des photocopies.
Je les ai félicités d’être venus et d’avoir voulu découvrir quelque chose d’inconnu pour eux.
Nous avons rangé ensemble, nettoyer notre place.
Nous avons, une fois tous les ateliers terminés, partagé un goûter ensemble.