BMP – Douleur barbelée


Ce dessin est né à la suite d’un moment de grande douleur. Je me suis dit que prendre mes crayons pour la mettre sur feuille serait plus raisonnable que de tourner en rond et de la ruminer !
Mon idée a été de faire apparaître plusieurs petits plans. Je voulais qu’ils soient toujours aussi expressifs. Je ne voulais pas forcément d’ordre pour les faire apparaître car je suis toujours incapable de reconnaître l’intensité de ma souffrance. Je veux juste faire comprendre que dans ces moments-là j’ai mal physiquement et la douleur psychique est présente aussi.
J’ai dessiné ce qui me parlait sur le moment,
• La colère
• La honte
• La tristesse
• L’’énervement
• Démunie
• Douleur.
• J’en ai marre

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

– J’ai donc commencé par dessiner cette colère, ce cri qui s’exprime avec ce visage en haut de ma feuille, avec les mains à l’intérieur de la bouche qui s’accrochent pour ne pas tomber dans le néant !
– L’énervement est traduit par la crispation de cette main.
– Puis j’ai continué mon esquisse en faisant apparaître la honte avec ce visage tourné vers le fond, alors que le corps est tourné vers le devant.
– La tristesse avec cet œil qui pleure.
– Puis j’ai continué en dessinant le fait que quand je me sens démunie, incapable de trouver une solution, en dessinant des mains liées. Elles sont dans le centre de mon tableau.
– Pour le côté “j’en ai marre, je voudrais que cela s’arrête”, j’ai crée un visage de profil sur le côté.
Et pour montrer l’impact de la douleur, j’ai dessiné ces barbelés, cette douleur qui rentre en moi, dans ma peau et qui me pique jusqu’au sang et qui fait hurler mon corps.
Pour les couleurs, il me fallait seulement celles qui font parler la souffrance, qui la traduisent, donc la couleur rouge sanguine, rouge comme le sang qui circule mal ! Et j’ai faire apparaître des nuances de noires, et j’ai pris aussi des couleurs grises.
Dans ma tête j’étais incapable de prendre mon pinceau et d’y mettre une touche d’aquarelle.
J’étais et je suis encore dans ma phase à vouloir cracher du trash.

Matériaux utilisés :

Feuille de format 50 x70 cm à grain fin. Crayons de papiers 6B, 2B, 3B
Crayon Conté de couleur sanguine

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant mon dessin de loin, je me sens bien, je ressens de la honte même à le reconnaître, car je me demande si mon attitude est « normale »
Je voudrais avoir moins mal pour pouvoir mettre un peu de couleur !

BMP – Planer, en suspens, libre et sans douleur


Je voudrais me défaire de ma douleur, m’extraire d’elle, par moment je me sens engluée par cette celle-ci, je voudrais me trouver en position en l’air, à planer, être dans cette position d’arc mais sans cette douleur qui me rend, par moment, dingue. Être libre de mes mouvements sans me demander comment je dois m’y prendre pour les bouger pour éviter de trop avoir mal.
Voilà ce que je vais faire apparaître en une seule forme, pour exprimer cette situation.
Mon idée, que je souhaitais exprimer dans ce dessin, c’est de faire en sorte que cette douleur se consume complètement et ne revienne plus. Faire apparaître cette situation que j’espère toujours. Mais je suis consciente que disparaître complètement il ne faut pas trop rêver non plus, mais qu’elle soit fortement diminuée oui ça c’est possible et plus réaliste.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Donc je continue sur ma lancée, de dessiner un corps en entier, car je trouvais que je pouvais faire dégager dans sa forme tout ce que je venais d’exprimer dans mon écrit, y compris la posture en arc.
Pour faire parler la situation de cette douleur qui se consume de ce corps, je voulais donc faire apparaître des espèces de mouvements qui sortent de celui-ci et qui partent dans la direction du haut de ma feuille. Pour exprimer que la douleur n’est plus là, que celle-ci est morte.
J’ai ensuite, pour finir, dessiné un sol pour me dire, mais aussi pour me rassurer que si ce corps se mettait à tomber subitement comme ça, il aurait celui-ci pour se rattraper et non un vide, le néant.
Pour concevoir le manteau de mon esquisse, je savais d’emblée que la couleur grise, avec son jeu de nuances sur le corps était ce qui exprimerait ce qui se passait en moi. Celle-ci serait à la fin écrasée par le couleur, ce qui ferait apparaître que ce corps a beaucoup moins mal.

Matériaux utilisés :

Dessin conçu sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin. Crayons de papiers 3B, HB, 6B,

Que ressentez vous en regardant votre production ?

En observant mon dessin de loin, je me faisais cette petite remarque, que je serais capable de tout pour avoir moins mal dans ce corps. Mais je ne comprenais pas cette partie émotionnelle qui par moment pense à une autre solution plus radicale. C’est angoissant et déstabilisant.
Par moment dans ma tête en regardant mon dessin je ressens comme un espèce d’interdit incompréhensible.