BMP – La joie – Merci pour la BD

« que vous pouvez faire un petit mot à la journaliste de la Story Teller »


Six personnalités en quête d’auteur

Donc un petit tableau  de joie, en mouvement comme remerciement pour madame la journaliste pour la réalisation de cette BD sur les dissociations. Expliquer aux gens ce « phénomène » d’une façon originale.
En mouvement car ce que je fais en art-thérapie est constamment en mouvement, ma situation est peut-être difficile, mais il faut regarder toujours le bon côté, je dessine toujours et j’avance doucement. Je ne dois pas toujours me focaliser sur mes situations qui font mal ou qui m’angoissent, du moins je dois essayer, car cela ne m’aide pas pour avancer.
Quand je ne vais pas bien, je mets sur feuille, et je le peins. J’avance c’est ça le point le plus important, je ne recule pas !

Matériaux utilisés :

Peinture réalisée sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
J’ai utilisé les couleurs aquarelles suivantes : bleu cobalt, orange, violet, jaune citron, vert foncé, rouge cramoisi, blanc de Chine…
Une peinture réalisée dans le mouvement dans les couleurs, comme ça se présentait dans ma tête sur le moment. Limite le « lâcher-prise » mais pas tout à fait, car je n’en suis pas là encore et que je ne suis pas sûre non plus d’y arriver un jour, il y a toujours cette méfiance et ce côté terrorisant qui est en moi. Mais laisser aller son pinceau ça permet de se faire du bien, et de laisser sortir de belles couleurs pour le regard envers les autres c’est encore mieux:)
Je me disais aussi quoi qu’on est vécu c’est important de pouvoir dire les choses, j’en reviens au mot « secret » et au mot sortir du « déni ».
On se ronge moins de l’intérieur, on se rend moins dingue dans notre tête, et on se sens moins fautive, quoi que cette situation soit un peu plus compliquée.
Alors tout en mouvement…

Le viol par inceste et les six émotions de base

Extraits de mon mémoire de recherche de Master 1 en art-thérapie Les émotions sont des alertes négatives, en terme animal, qui sont nécessaires à la survie. Le corps et l’émotion sont deux notions consubstantielles.

Que se passe t-il en neuro-endocrinologie ?

Violaine Guérin, (2011) explique ce qui se passe lorsque, dans une situation de stress active, les glandes surrénales se mettent à sécréter une grande quantité d’hormones : Parmi ces hormones, le 
cortisol et des neuro-médiateurs, comme l’adrénaline et la 
noradrénaline qui ont pour effet immédiat d’activer le système 
nerveux autonome – partie du système nerveux responsable des fonctions automatiques, non 
soumises au contrôle volontaire. Il est composé des systèmes sympathique et parasympathique –. À son tour, le système nerveux autonome augmente la fréquence 
cardiaque (et de ce fait la pression artérielle), accélère le transit, 
fait transpirer, rend les mains moites et peut encore créer de 
multiples effets. Il n’est pas indispensable de se 
trouver en situation de stress pour vivre ces symptômes, la seule 
perspective d’une situation stressante pouvant les générer. On comprend comment une pensée ou la 
présence d’éléments rappelant la situation traumatique (toucher, odeur, son) peuvent déclencher ces synthèses hormonales et faire revivre des sensations similaires à celles ressenties 
pendant une agression.
Du savoir intellectuel au sentir qui est une expérience vécue. Le corps siège d’émotion se modifie dans son milieu. Analyser les conditions qui me permettent de voir ce que je vois.

1/ La joie

La joie est une notion qui désigne le sentiment d’une personne en présence d’un bien qui lui convient. (Lætitia en latin) est définie par Spinoza comme « le passage de l’homme d’une moindre à une plus grande perfection » c’est-à-dire comme une augmentation de forces et de la réalisation de soi d’un être humain. La joie est ainsi un accroissement de notre puissance, lié à la réalisation de nos désirs et de notre effort (conatus en latin) pour persévérer dans l’existence. La joie est une émotion de vie rare pour les incesté-e-s. Le viol, l’effraction, l’effroi ont fait approcher la mort à la victime.

2/ La tristesse

Triste novembre – chanson saoul de Marc Antoine

Tous les soirs elle tremble
Chaque fois qu’elle pense
Que c’est son père qui viendra pour la border
Elle est seule dans sa chambre
Tout ce qu’elle veut c’est la chance
De vivre une enfance
Qui ne lui a jamais été accordée
C’est une journée d’automne
Un triste novembre
Que Lisa ne pourra jamais oublier

Le premier album de Marc Antoine, sorti en 2008, a surpris, séduit, impressionné. Et il est resté. Il est devenu un disque de référence dans le R&B francophone.

3/ Le dégoût

Le lavage de dents est un souci chez bon nombre de victimes ayant subi des fellations. La pâte dentifrice est difficilement acceptable. Cette texture est rejetée, elle est abordable, en l’apprivoisant avec des tubes de gouache, en travaillant la texture et la couleur.

4/ La surprise

Article 222-23 du code pénal – Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol.
Manière d’opérer par laquelle on est saisi à l’improviste. Étonnement, trouble, ahurissement, effarement, stupéfaction, stupeur, ébahissement. Nervosité à l’idée d’être vu ou surpris. C’est un état émotionnel provoqué par un incident fortuit ou par une révélation allant à l’encontre de l’image qu’on se faisait d’une situation. Elle est en général brève, puis s’estompe ou laisse place à une autre émotion. Par extension, on appelle aussi surprise l’événement ou l’action qui provoque cette émotion.

5/ La peur

Nous ignorons les origines de la peur de l’inceste, mais nous pouvons établir une liste des peurs que les viols par inceste engendrent chez la victime :
• peur viscérale du rejet, d’être démolie, si la confiance qu’elle accordait à un autre devait se solder par une trahison ou un abandon (situation dont elle est souvent l’instigatrice) ;
• peur d’être rejetée par sa famille ;
• peur de rompre avec ses parents ;
• peur des autres ou de dire non ;
• peur d’être jugée pour ce que la victime « a fait » ;
• peur de détruire la famille ou de faire mal à leur entourage ;
• peur d’avoir des enfants par crainte d’être un mauvais parent ;
• peur d’être pédophile, incestueuse/incestueur, psychotique ;
• peur d’être enceinte chaque mois et les menstruations deviennent salvatrices ;
• « La peur devant les adultes déchaînés, 
fous en quelque sorte, transforme pour ainsi dire 
l’enfant en psychiatre »selon Sándor Ferenczi ;
• peur de tuer par le dévoilement ;
La peur génère l’hypervigilance, la réponse aux stimuli anxiogènes et pas aux stimuli neutres.

6/ La colère

Incapacité de reconnaître, d’admettre et d’exprimer sa colère ; peur d’une colère réelle ou imaginaire ; très grande hostilité à l’égard de toute personne du sexe ou de l’ethnie de l’agresseur ;
Caroline Benamza (2008) dans son mémoire de DU en Art-Thérapie sur les hommes agressés sexuellement dans l’enfance, décrit leur état émotionnel :
Lors du dévoilement, les hommes abusés ont aussi tendance à être plus coupés de leurs affects que les femmes. Ils ont aussi beaucoup plus tendance à avoir des comportements agressifs et violents envers eux-mêmes ou les autres. Cela comprend les comportements à risques tels que la vitesse au volant, les sports extrêmes…etc.
Au niveau émotionnel, les hommes survivants alternent entre le retrait affectif ou la paralysie émotionnelle (incapacité à exprimer quoi que ce soit) et les crises de rage avec agressions verbales et/ou physiques. Le travail thérapeutique, facilitant l’expression des émotions dont la peur, la vulnérabilité et l’impuissance, permettra véritablement de diminuer les crises d’impulsivité et notamment les crises d’impulsivité auto agressives.