BMP – Comme des plumes de couleurs…


Parfois je me demande où je vais chercher de telles idées et je me dis qu’une partie de mon cerveau aime les pensées magiques, aime que je me transforme en petite sorcière qui laisse libre cours à son imagination et qui s’amuse à créer 🙂
Donc mon idée était d’utiliser le CD comme support et de travailler avec des petits gestes précis, et de la couleur. Me servir de lui comme d’un outil.

Matériaux utilisés :

Dessin conçu sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin, Couleur aquarelle, CD

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Je me suis Installée dans ma cuisine, tout mon matériel à portée de mains.
Je savais ce que je voulais faire, mais comment, je ne savais pas trop. L’idée de faire naître un tableau avec juste un DVD, a activé mon côté curiosité. Je voulais donc pousser celle-ci jusqu’au bout.
J’ai donc procédé en déposant beaucoup d’aquarelle blanche sur ma feuille. Dans ma tête je voulais faire naître quelque chose de gai, donc je me disais que le blanc pourrait atténuer des mélanges qui se montreraient trop foncés et que ce serait bien.
Une fois ce blanc déposé sur ma feuille, j’ai donc pris mon DVD, j’ai mis des couleurs aquarelle directement dessus, par exemple j’ai commencé par la couleur jaune, puis j’ai déposé celui-ci délicatement sur ma feuille et j’ai fait des petits gestes comme pour faire apparaître une espèce de petite tornade qui part un peu dans tous les sens, et j’ai renouvelé l’opération avec une autre couleur et ainsi de suite.
Je devais faire attention que dans ce mélange de couleur qui apparaissait peu à peu et qui créait une forme sous mes  yeux, que d’autres viendraient et se mélangeraient à ce qui était déjà présent. Comme une chaîne sans fin qui brillerait dans ces couleurs.
Et c’est à ce moment-là, que l’image de plumes est venue dans ma tête. Et cette idée j’avais trop envie de la faire grandir. Alors j’ai fait en sorte de ne pas trop mettre de couleur pour ne pas créer un effet qui serait étouffant. Je devais doser mes gestes et finalement mes couleurs aussi. Je devais faire un mélange aérien et par cette  légèreté, donner une impression que ces plumes pouvaient voler librement tout en s’exprimant.

BMP – Modelage de ma main droite


Modelage de ma main droite à l’argile rouge.
Je me suis sentie peut-être plus à l’aise pour le modelage de ma main droite. Je pense que l’on voit mieux le “gonflement”, mais aussi si on regarde les détails, on peut deviner les tendons. Du moins c’est ce que je souhaitais faire.
Comme le temps était agréable, je me suis installée dehors.
J’ai procédé de la même façon que pour la main gauche, c’est-à-dire faire une empreinte de ma main dans le bloc que j’avais coupé, ce qui sera la première base de mon modelage.
Un gros morceau d’argile rouge était devant moi sur mon plan de travail et ma première réaction a été de le travailler beaucoup plus que lors du premier modelage. Je pense en effet que si les doigts de la main gauche se sont cassés tout seuls si facilement c’est que mon argile n’avait pas été assez travaillée et qu’il restait des bulles.
Mon but était de transformer cette boule d’argile en une œuvre. Je devais transmettre cette sensibilité, qui est en moi, mais qui a du mal à se montrer. Tandis que je travaillais à façonner l’argile, je me demandais si cette sensibilité je pouvais la transmettre et je pense que oui.
Je me disais que tout est déjà là comme en attente. Il y a mes gestes ;  il y a cette envie, ce besoin, de faire naître une forme. Il y a le plaisir de découvrir le touché, le contact que je ressens quand je travaille cette couleur rouge sur mes doigts, comme une empreinte. C’était mon empreinte et celle de cet argile qui travaillaient ensemble.
Je suis là moi et mon argile, je le caresse. Il me parait par moment si souple que je pourrais l’étirer le plus loin possible. Je suis là et je recherche la moindre petite faille, la moindre petite bulle qui pourrait faire tout basculer dans ma création. Comme une envie de faire fuir une petite angoisse.
Je pétrie, j’humidifie, j’aplatis, je coupe, je donne forme finalement. Doucement, je fais apparaître des petits creux sur le dessus de cette forme de main, juste pour la rendre plus vivante et plus présente dans le temps présent. Des petits traits vont aussi pointer leur nez pour faire encore plus parler ce mot peau. Les petits plissements que j’observe sur le dessus de mes doigts au niveau de la jointure, qui me permettent de plier mes doigts.
Ma main droite prend forme doucement, les doigts sont là, debout, peut-être un peu plus légèrement tordus par rapport à la main gauche. Je dirais que peut-être je suis plus proche de la réalité pour montrer ces gonflements. La courbe dans me doigts est là elle s’exprime, tout comme ces petits remuements, cette mobilité fragile qui me donne des frissons d’angoisses. Cette agilité qui me tient en suspens quand je travaille.
Mon modelage prend vie de plus en plus, ma main droite est bien là, je voudrais faire apparaître cette force, je voudrais qu’elle l’exprime, comme pour dire que rien n’est fini. Mais rien n’est fini.
Je voudrais faire évoluer mes deux mains je vais donc y réfléchir.