L’art comme thérapie du trouble de stress post-traumatique

L’art comme thérapie du trouble de stress post-traumatique
Par David Caron
Il y a quelques années seulement, Tina Pineau ne s’intéressait pas particulièrement aux arts visuels. Son âme d’artiste, elle l’ignorait complètement. Les murs de son modeste appartement à Saint-Isidore, dans la Péninsule acadienne, sont aujourd’hui recouverts d’œuvres colorées qu’elle conçoit dans son atelier. Pour elle, les arts sont beaucoup plus qu’un loisir, ils lui ont littéralement sauvé la vie. Elle souhaite maintenant partager son histoire pour inspirer les autres.

Tina Pineau aux bientôt 37 ans. Il y a quelques années, la femme ordinaire du Sud-Est a été diagnostiquée du syndrome de stress post-traumatique. Arhlète douée, Tina Pineau a consacré son adolescence à son sport préféré, la ringuette. Son talent exceptionnel lui a permis de représenter le Canada au Championnat mondial de la ringuette à la fin des années 1990. Sa vie a commencé à prendre un tournant dramatique à cette époque alors qu’elle a été agressée sexuellement par un homme après une sortie avec une amie à Moncton.

« J’étais une athlète fière. J’étais censée jouer pour l’Equipe du Canada et je n’avais pas le temps de dealer avec ça. Donc, j’ai fait comme si ça n’était pas arrivé. J’ai déménagé dans l’Ouest après ça pour m’entrainer pour l’équipe canadienne. Quand je suis arrivée à Calgary à 18 ans, je suis restée quelques mois, mais je ne me sentais pas à l’aise, donc je suis revenue au Nouveau-Brunswick. »

Quelques mois après, elle commence à travailler comme réparatrice des urgences 911, un emploi qu’elle exerce avec grande fierté, mais aussi un travail qui demande à ses employées de gérer des situations très urgentes tout en gardant son sang-froid.

« Les gens n’appellent pas pour leur télévision, ils appellent parce qu’il y a quelqu’un qui est en train de mourir ».

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Quelques mois plus tard, son psychologue lui parle de l’art-thérapie. Cette forme d’expression dépasse ses attentes. Elle consacre plusieurs heures par semaine à créer des œuvres uniques. Au départ, elle commence simplement en s’achetant des produits au magasin à un dollar. La qualité des fournitures s’améliore au fil des mois.

« J’ai toujours aimé les couleurs. Quand j’ai essayé de comprendre, j’ai compris que les couleurs représentent les émotions. Les émotions ce sont des choses qu’on nous dit d’ignorer. On ne peut pas avoir de mauvaises émotions, c’est ça que la société nous dit. Quand j’explore tout ça, c’est ça qui sort. Quand je ressens quelque chose, je le mets sur papier. Je choisis une couleur, c’est de même que je commence. »

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Les émotions élastiques : quand les émotions du passé prennent le contrôle de nos comportements au présent


Les émotions élastiques : quand les émotions du passé prennent le contrôle de nos comportements au présent
PAR CAROLINE · 12 SEPTEMBRE 2017

« Une émotion élastique est une émotion du passé projetée sur le présent. »

Isabelle Filliozat

Une émotion élastique est une réaction émotionnelle excessive et inadaptée face au déclencheur du présent parce qu’elle est en fait une réactivation du passé refoulé.

« Quand une personne n’a pas su ou pas pu exprimer une émotion, cet affect réprimé cherche une issue. Toute situation, toute personne, qui rappelle de près ou de loin cette émotion ou l’événement qui l’a suscitée, réveille le passé. »

Isabelle Filliozat

Les émotions excessives sont souvent décalées, disproportionnées par-rapport à la situation et sont plutôt mauvaises conseillères.
Le travail que nous pouvons amorcer pour distinguer les émotions excessives des émotions adaptées passer d’abord par le fait d’identifier chaque émotion et ses causes, redonner sa fonction à chaque émotion et lui attribuer sa juste place. Ce tableau peut nous y aider :


Ainsi, on comprend que la tristesse nous sert à prendre conscience de ce qui est mauvais pour nous et de l’éviter et d’accepter les pertes, ce qui ne peut être changé. La tristesse sert également à attirer la compassion et le soutien de l’entourage. La peur signale les dangers ou les menaces et permet de se protéger. La colère signale que nos droits, notre dignité humaine sont bafoués et elle donne l’énergie nécessaire pour rétablir l’intégrité (physique et/ou psychologique).
Quand on identifie une réaction sans proportion avec la situation ici et maintenant, il est probable qu’il s’agisse d’une émotion élastique (peur excessive pouvant aller à la phobie, colère excessive qui prend la place de toutes les autres émotions, crise de panique…).
Si nous sommes envahis par l’émotion présente et que, en fermant les yeux, nous pensons au passé et qu’un ou plusieurs souvenirs surgissent, l’émotion provient davantage du passé que du présent.
Il est possible de se libérer de ce type de réaction disproportionnée, avec des exercices personnels ou, quand ces émotions élastiques sont puissantes en lien avec un traumatisme violent, avec le soutien d’un psychothérapeute.
Isabelle Filliozat propose un exercice pour travailler sur les émotions élastiques :
identifier dans les réactions d’aujourd’hui une émotion qui paraît excessive
remonter dans le passé et se poser des questions : qu’est-ce qui me vient en tête ? quand ai-je déjà ressenti cela ? envers qui ? (ex : une mère envahissante, un père agressif…)
trouver trois situations de la plus récente à la plus ancienne
s’autoriser à exprimer les émotions ressenties en l’instant et à l’époque
aller guérir l’enfant intérieur (voir ici)
écrire une lettre à la personne (parent, frère, soeur, tante, enseignant.e, médecin…) qui a été à l’origine de la blessure première : écrire les sensations du corps et les émotions ressenties, faire part des besoins qui auraient dû être satisfaits et des attentes à ce moment-là. Pour écrire cette lettre, il sera efficace d’avoir recours à la communication non violente pour une expression authentique de ce qui se passe en soi plutôt que des accusations ou des jugements.

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