3/ Niki de Saint Phalle : Ce même été, mon père – il avait 35 ans, glissa sa main dans ma culotte

Ce même été, mon père – il avait 35 ans, glissa sa main dans ma culotte comme ces hommes infâmes dans les cinémas qui guettent les petites filles.
J’avais onze ans et j’avais l’air d’en avoir treize. Un après-midi mon père voulut chercher sa canne à pêche qui se trouvait dans une petite hutte de bois où l’on gardait les outils du jardin.
Je l’accompagnais… Subitement les mains de mon père commencèrent à explorer mon corps d’une manière tout à fait nouvelle pour moi.

Honte, plaisir, angoisse, et peur, me serraient la poitrine.
Mon père me dit : « Ne bouge pas ». J’obéis comme une automate. Puis avec violence et coups de pied, je me dégageais de lui et courrus jusqu’à l’épuisement dans le champ d’herbe coupée. Il y eut plusieurs scènes de ce genre ce même été. Mon père avait sur moi le terrible pouvoir de l’adulte sur l’enfant. J’avais beau me débattre il était plus fort que moi…
Mon amour pour lui se tourna en mépris.
Il avait brisé en moi la confiance en l’être humain. Que cherchait-il ? Là aussi, ce n’est pas simple. Le plaisir, il pouvait le trouver ailleurs. Non ! c’est l’interdit et la tentation du pouvoir absolu sur un autre être qui exerçait une fascination vertigineuse sur lui.

Ainsi écrit dans le texte
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L’heure du bain a sonné ! – questionnement sur la mère – sur le blog : Mon enfance meurtrie

15 juillet 2011
A ce jour, je me demande pourquoi elle trouvait cela normal. je veux dire par là, pourquoi elle ne me surveillait pas et trouvait naturel que mon beau-père me touche, et ce, jusqu’à mes treize ans révolus ?
Comment ne pas se douter surtout si la porte est fermée ?
Il n’y a qu’une réponse qui me vient à l’esprit quand j’écris cela, elle le savait qu’il me touchait et cela devait lui convenir. Fermer les yeux afin de pouvoir continuer sa vie sans se soucier d’une bonne à rien qu’elle n’avait jamais voulu. Je n’étais qu’un boulet à ses yeux. De me dire que celle qui m’a fait naître n’éprouvait aucun sentiment à mon égard, me déchirait le cœur. Je n’étais pas un cadeau du ciel. Afin d’être punie elle m’a donné à ce montre pour avoir la paix et de pouvoir continuer à vivre comme si de rien n’était, tranquillement.
Je sursautais quand je le vis pénétrer dans ma chambre pour me tirer de force par mes cheveux châtains longs afin de m’emmener dans la salle de bains.

Il m’ordonna de me déshabiller. Un nuage de terreur emplit tout mon corps. Une fois de plus, je me retrouve seule avec lui et je ne suis point rassurée. Il me fusille de son regard noir qui me donne la chair de poule. Je prie tout en espérant un miracle mais il ne se passe rien. Je recommence tout en obéissant à mon tortionnaire. Je suis tétanisée. Transie de froid, tremblante, j’ôte mes vêtements que je pose délicatement dans le panier à linge. Je n’ai qu’une envie : HURLER ! Oui, crier de toutes mes forces : « AU SECOURS ! ». Aucun son ne peut sortir de ma bouche. J’ai la gorge nouée, serrée : « Seigneur, si tu m’entends viens à mon aide. Je t’en conjure, je ferais tout ce que tu veux mais pas ça ! Empêche-le de me toucher ». D’un coup, je l’entends me dire :
Tu vas te dégrouiller, oui ? Je n’ai pas que ça à faire, sale gosse. Je dois m’occuper de tout dans cette baraque !
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