Violences sexuelles et situations paradoxales de dépendance à l’agresseur liées à la mémoire traumatique, la dissociation par Muriel Salmona

Violences sexuelles et situations paradoxales de dépendance à l’agresseur liées à la mémoire traumatique, la dissociation et aux conduites dissociantes

Par La docteure Muriel Salmona
La multiplication des situations traumatiques (violences qui continuent), la multiplication des situations de rallumage de la mémoire traumatique (rappel du traumatisme par des liens qui se font avec celui-ci, par un contact avec l’agresseur) entraînent un état de dissociation quasi continuel chez la victime.
Avec dépersonnalisation, conscience altérée et anesthésie affective qui permet une emprise de l’agresseur sur la victime qui est de ce fait totalement vulnérable et dans l’incapacité de se défendre et peut même sembler « participer » aux violences par son état hypnoïde et par ses conduites dissociantes (« provocations », « propositions », »attitudes », paroles, qui sont des mises en danger) alors même que c’est la terreur qu’elle éprouve vis-à-vis de son agresseur et vis-à-vis des violences, dont elle ne veut surtout pas, qui l’ont mise dans cet état du fait d’un mécanisme psycho-neuro-biologique de sauvegarde nécessaire pour éviter un risque vital physique et psychique.
Le seul moyen pour y échapper étant de ne plus être du tout en contact avec son agresseur (contact physique, téléphonique, par courrier), l’agresseur, par expérience, le sait, aussi ne lâche-t-il pas sa victime (harcèlement, contact répétés).
Ce n’est que quand la victime se sentira protégée de son agresseur, mise à l’abri, qu’elle pourra sortir de cet état de dissociation, « se réveiller » et prendre alors conscience de la gravité des faits, et qu’elle sera confrontée à sa souffrance et pourra demander de l’aide et être traitée, mais si elle est mise de nouveau en danger les processus de dissociation pourront reprendre.
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Affaire Laetitia : le père d’accueil soupçonné d’agression sexuelle et de viol sur la sœur jumelle Jessica

17 août 2011

LEMONDE.FR avec AFP


Le père d’accueil de Laetitia Perrais,la jeune fille tuée en janvier près de Pornic (Loire-Atlantique), est soupçonné d’agression sexuelle et viol sur la sœur jumelle de Laetitia, Jessica. Gilles Patron a été présenté, mercredi 17 août, au parquet de Nantes, qui décidé sa mise en examen pour agression sexuelle et viol ; il a été placé en détention provisoire. Il doit être présenté à un juge d’instruction mercredi après-midi.

« M. Patron a été mis en examen pour des faits d’agressions sexuelles et de viols par personne ayant autorité sur Jessica, la sœur jumelle de Laetitia Perrais », a indiqué son avocat, Me Pascal Rouiller. « Le juge des détentions et libertés a décidé de son placement en détention », a-t-il ajouté en indiquant qu’il interjetait appel de cette décision mais que cet appel n’était pas suspensif. « M. Patron a reconnu des relations intimes avec Jessica, consenties, à partir du moment où elle a eu 18 ans », a indiqué Me Rouiller. « Jessica, pour sa part, dénonce des faits ayant eu lieu entre ses 16 ans et ses 19 ans », a-t-il ajouté. M. Patron fait également l’objet d’une mise en examen pour « agression sexuelle » sur deux jeunes filles, amies de Jessica, qui ont dénoncé, selon Me Rouiller, des « gestes déplacés, l’une en 2010 et l’autre en 2011 ».

La disparition de Laetitia le 18 janvier, l’arrestation d’un suspect au passé judiciaire très chargé, Tony Meilhon, la découverte du corps dépecé de la victime avaient suscité une énorme émotion en France. Gilles Patron, chez qui Laetitia et Jessica vivaient à La Bernerie-en-Retz (Loire-Atlantique) depuis 2005, avait été reçu à l’Elysée le 31 janvier par Nicolas Sarkozy dans le cadre de cette affaire.

Gilles Patron s’était exprimé à plusieurs reprises dans les médias, demandant notamment la création de « fichiers des délinquants sexuels » et la mise en place de « surveillances réelles, efficaces » pour ces délinquants.

Le principal suspect de la mort de Laetitia, Tony Meilhon, 31 ans, a été mis en examen le 22 janvier pour « enlèvement suivi de mort » et écroué. Les autopsies et analyses ont montré que la jeune femme avait subi un véritable supplice avant d’être étranglée mais ont en revanche exclu d’éventuelles violences sexuelles.

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