BMP – Jouer avec les couleurs aux pastels secs


Pas de peinture aquarelle, pas d’intervention non plus de la petite sorcière du week-end. Mais alors que des couleurs où aucune empreinte de doigt n’apparait.
Oui car il faut savoir que le pastel sec laisse beaucoup de traces si on ne fait pas attention.
Le pastel est poussiéreux et son pigment est volatile et donc nos doigts deviennent vite multicolores.
Pour ma part, j’utilise des buvards. Comme cela je peux y poser mes mains quand je fais naître un dessin. Tout comme il faut se laver les mains régulièrement pour garder les doigts propres surtout si on veut travailler avec eux. Car le mélange entre les couleurs si on souhaite  en faire apparaître ne donnerait pas le même résultat : ça serait un peu « Peggy la cochonne ».
Le pastel sec a un immense avantage sur les peintures : l’absence de diluant. Ce qui signifie également que le pastel ne sèche pas. Par conséquent je suis totalement maître de mon temps quand je concrétise une œuvre. Que je me pose pendant 10 minutes la couleur de mon dessin demeurera inchangée.
Le pastel sec pour l’artiste et un matériau noble aux couleurs riches et aux textures variées. Fortement concentré en pigment, il permet de créer des tableaux contrastés et superbement colorés.
J’écrirai donc que c’est un média polyvalent car on peut faire naître et apparaître des effets de flous, de fondus avec des détails d’une grande finesse.
Donc il ne faut pas avoir l’angoisse de se lancer pour découvrir cette matière.
Pour aujourd’hui, je voulais reprendre un peu ces pastels. Peut-être pour changer un peu. Il y a aussi que par moment j’aime travailler avec mes doigts surtout quand il fait chaud. J’apprécie de les laisser se glisser sur ma feuille, un peu dans tous les sens. Puis je trouve qu’il en apparaît une légèreté dans le toucher concernant cette poussière que laissent les pastels derrière eux après leur utilisation.
J’aimerais bien faire découvrir ce médium aux jeunes de l’association. J’ai donc prévu un atelier.
C’est une matière qui n’est pas simple à travailler mais le rendu des couleurs dans les œuvres peut vraiment nous donner une impression qu’une danse se fait.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre œuvre ?

Je me suis donc installée dehors. La chaleur était moins forte et donc j’en ai profité.
Dans ma tête je savais ce que je voulais. Non seulement jouer avec toutes ces couleurs mais je souhaitais également me salir les doigts et pour terminer provoquer des mélanges entre les couleurs. Tout comme par moment revenir , dans une discrétion et laisser celles-ci si je peux dire s’exprimer dans le temps présent.
J’ai donc commencé par poser mes premières couleurs sur ma feuille, en faisant attention de bien commencer mes  mélanges. J’avais cette réflexion sur ce moment présent : mélange = dégradé. Pour que cela soit je devais me servir d’un coton en le passant sur mes couleurs ou alors en utilisant mes doigts. Je pouvais également faire des mélanges tout en laissant le naturel apparaître. Ce qui veut dire ne rien poncer ni avec les doigts ou avec du coton.
Je souhaitais faire apparaître un mélange de toutes ces situations dans mon dessin.
Une fois mes premières couleurs posées sur ma feuille, j’ai donc pris un coton que j’ai passé sur celle-ci doucement. Puis j’ai continué avec mon doigt. Ensuite j’ai rajouté d’autres couleurs mais là je les ai laissées en état brut, pas de mélange entre elles, ce qui permettait de percevoir plusieurs aspects de coloris dans mon dessin.
Plus j’avançais et plus je devais faire attention de ne pas laisser les traces de doigts, car ma feuille commençait à avoir pas mal de poussière arc-en-ciel liée aux diverses couleurs que je venais d’utiliser.
Tout comme je devais faire attention en faisant mes mélanges afin qu’ils ne deviennent pas répétitifs.
Par moment j’utilisais la sciure des couleurs pastels secs ce qui augmentait les dégradés  dans certains endroits de mon œuvre.
Par moment je n’avais pas même prise sur le déroulement mais aussi dans ce qui apparaissait comme résultats et légèrement dans le temps. Mais cela a apporté un petit plus à mon dessin.
J’avais cette impression de faire naître une nouvelle vie cachée dans les couleurs. Cela ressemblait à un voyage inattendu ou rien n’était forcément bien maîtriser j’écrirai même rechercher. Je voulais essayer de rafraîchir les couleurs avec de l’eau et un spray mais je ne sais pas, j’avais un doute. Mais peut-être que j’essaierais une autre fois, une idée me vient.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

C’est un dessin qui a été conçu sur une feuille de format 50 x 70 cm à grain fin.
J’ai utilisé des pastels secs, du coton et mes doigts.

BMP – Des couleurs au jus de citron

Oui, il fait très très chaud. Du coup on gonfle, on dort mal, on transpire, on recherche de la fraîcheur, on boit comme un robinet d’eau qui reste ouvert… c’est je crois pareil pour tout le monde.
Cela ne m’empêche pas de prendre un beau citron tout frais sorti du frigidaire et d’en prendre le jus, pour pouvoir ensuite m’en servir, pour faire apparaître un dessin avec de belles couleurs douces et rafraîchissantes.
Du jaune !
Jaune comme la couleur de ce soleil qui nous recouvre de sa chaleur depuis quelques jours.
Jaune comme ces morceaux de zestes de citron que l’on peut retrouver dans des glaces citronnées, dont le goût acidulé crée en nous des petits frissons.
Jaune comme ce citron que j’ai utilisé en me servant de sa chair pour faire des citronnades désaltérantes et fraîches, avec plein de glaçons et dont le goût acide nous fait du bien.
Jaune comme la couleur de la pomme, que l’on déguste à la fin d’un repas.
Jaune comme les mirabelles.
Jaune comme la compote de pêche de « La table de Jeanne-Marie ».
Jaune comme la rose du Jardin botanique qui nous fait partager son doux parfum envoûtant.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Installée dans ma cuisine, donc à l’intérieur, avec mon matériel, je me suis lancée.
J’ai d’abord extrait le jus de mon citron, puisque il remplacera l’eau.
Une fois les segments du citron, vidés de leur jus, tout en essayant de ne pas abîmer le septum ou les parois carpellaires, j’ai pu donc ensuite y déposer directement sur la chair, ma première couleur aquarelle qui était le jaune.
Mais auparavant, j’avais versé sur ma feuille le jus que je venais d’extraire.
J’ai ensuite pris le citron coloré de jaune que j’ai déposé sur ma feuille en appuyant doucement pour en faire sortir les quelques gouttes qui pouvaient rester de son jus. Je ne devais pas oublier que cela remplaçait mon eau.
L’étape suivante a été de prendre un pinceau et de commencer à faire des petits mouvements pour faire apparaître des nuances dans mon jaune.
Ensuite j’ai pris un peu de couleur bleue, toujours aquarelle, que j’ai déposé délicatement avec un pinceau plus fin. Mais là j’ai été plus dans la simplicité, l’ensemble accompagné de blanc.
J’aimais cette odeur qui se faisait sentir qu’il y avait de la fraîcheur mais aussi il y avait un petit quelque chose qui me faisait saliver et c’était agréable.
Puis, pour continuer, j’ai rajouté et du jus de citron et des couleurs : de l’orange, du vert, du rose léger.
Je suis restée toujours dans la recherche de la discrétion, mais vers la fin je suis passée à en mettre d’avantage, pour bien traduire le présent.
Tout en essayant de continuer à faire apparaître cette fraîcheur et cette boisson désaltérante que tout le monde cherche et en ne perdant pas l’arôme du citron.
Ce fût un moment de fraîcheur agréable. Je me suis aperçue qu’on peut aussi retourner ce dessin, ce qui nous fait découvrir un autre paysage…
Je vais aller boire cette citronnade accompagnée de feuilles de menthe et de glaçons.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm, citron, peinture aquarelle, jus du citron.