BMP – Sensation douloureuse d’éclatement liée à la douleur physique

BMP – Sensation douloureuse d'éclatement liée à la douleur physique
Je me dis que nous ne pouvons pas toujours contrôler la douleur physique. Cette douleur, même s’il n’y a pas une lésion visible, est là et bien là !
Pourquoi ai-je choisi ce titre ?
Car parfois la douleur est tellement violente, tellement vive, que le corps se brise sous sa pression et se projette en plusieurs fragments. C’est un peu comme si la première couche de la peau du corps, qui ne tient que par cette douleur, finit par exploser, se décoller toute entière du reste du corps. C’est un choc qui peut être très violent. Mais une fois l’éclatement terminé, s’installe une autre douleur, plus tolérable à supporter, peut-être plus douce et qui prend moins de place. La douleur est une expérience strictement personnelle et ses manifestations telles que les cris, les pleurs, la gestuelle, sont propres à chaque personne. Il en est de même pour la manière dont chaque individu supporte la douleur, y compris dans son cerveau, ce qui est spécifique de chaque être. Aucune douleur physique ne ressemble à une autre.
Quand je dessine, je peux retranscrire par un dessin, une esquisse, une forme ce qui me fait souffrir. Comme parfois les mots sont impuissants pour dire cette douleur, je vais lui donner vie sur une feuille blanche qui ne sera plus silencieuse et ce sera une forme nouvelle qui trouvera sa place grâce au graphisme et grâce aux couleurs et qui pourra conduire à un certain apaisement.

Comment avez-vous concrétisé votre esquisse ?

Mon idée première était cette douleur et de faire apparaître ce mouvement qui explose, qui la fait disparaître, mais pas que : je pensais également à dessiner un autre visage qui sera plus apaisé, plus apaisant. Celui-ci prendrait la place de celui qui souffrait. Les morceaux qui expriment l’éclatement, ne devaient pas aller partout. Ils devaient rester centrés au-dessus de ce corps, mais en mode décollé. Tout devait rester dans le restreint comme pour me rassurer à savoir qu’aucune trace ne restera. Voilà comment je suis arrivée à cette ébauche. Des faits qui s’accrochent les uns au autres et ceci sans éparpillement.
Pour les couleurs, avant même de commencer l’esquisse, je savais qu’il y aurait du rouge avec des rajouts de nuance d’alizarine cramoisie et une couleur bleue qui serait toujours légèrement nuancée avec des tons de blanc. J’ai aimé déposer ce ton de bleu avec mon pinceau, j’y prenais vraiment plaisir. À ce moment-là, en moi la douleur physique était là, mais elle m’accompagnait d’une façon différente. Elle était au bout du pinceau et du mouvement de ce dernier, et je me disais qu’elle allait de mélanger avec le rouge, qu’elle allait s’y noyer. J’avais besoin de me rassurer, car cette douleur me fait frayeur parfois. Pour finir, j’ai déposé une note de chaleur avec du jaune. Toutes les finitions ont été faites aux feutres bleus et rouges.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm. J’ai utilisé un crayon à papier HB, comme médium de la peinture aquarelle et des feutres à pointes fines pour les finitions

Que ressentez-vous face à votre production ?

J’observe ma production, je me sens rassurée en apercevant cette enveloppe douloureuse du corps partir en explosion, et j’ai même pris plaisir à la mettre en mouvement pour justement la faire disparaître. Le geste à ce moment là était devenu important. J’ai chaud dans l’intérieur de mon corps.

BMP – Deux visages 

BMP – Deux visages
Deux visages : où comment ne pas laisser la tristesse envahir un moment de plaisir. Décoller le masque de tristesse pour garder les émotions douces ! Émotion positive.
Comment ne pas se laisser aller ? Garder la tête haute, hors de l’eau. Un mélange de peinture aquarelle et des crayons noirs. Je souhaitais en observer la finition et l’émotion. Voilà qu’elle était ma nouvelle idée.

Comment avez-vous concrétisé votre esquisse ?

Pour commencer, je devais trouver l’idée de la forme que je voulais esquisser sur la feuille que je trouve parfois trop blanche. Trop le silence ! J’avais l’idée de mélanger deux attitudes complètement différentes et travailler avec les émotions puisque cela, c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup de plus en plus. Ça je l’ai découvert avec l’aide d’Emmanuelle, d’autant que cela me permet de déposer un surplus comme si de rien était, surplus transformé par moment en émotion esthétique. Mais dans des formes diverses.
J’ai donc pensé à retranscrire dans l’instant présent, l’émotion et la tristesse. Mais en les dessinant par deux formes différentes, par exemple comme deux masques.  Cela permettant de décoller cette tristesse négative du visage qui lui veut savourer l’instant présent. Je ne voulais pas que le bien-être soit abîmé par cette tristesse qui peut débarquer rapidement et tout détruire, ou bien même chambouler en un instant. Sans oublier de rajouter mon idée du départ :  mélanger sur mes formes dessinées au crayon deux médiums différents : de la peinture aquarelle et des crayons noirs. Je souhaitais qu’il y ait une démarcation nette, afin que l’on puisse bien voir que la tristesse se retirer du visage, visage qui savoure l’instant, qui savoure l’apaisement.
J’ai donc fait apparaitre en premier, le visage qui est la tristesse, puis le deuxième visage qui savoure. Je savais que tout se jouerait pour faire apparaître une émotion douce, grâce aux médiums que j’aurais choisis et par les petites formes que j’avais l’idée de déposer en plus pour apporter plus de forme sur l’une des deux créations. Une fois cette esquisse terminée, j’ai utilisé les deux médiums que j’avais l’intention d’utiliser pour les deux visages.
J’ai commencé par donner vie au visage qui savoure cet instant présent à l’aide de mon pinceau et de la peinture aquarelle avec les  tons suivants : jaune, marron, blanc et rouge. Puis j’ai continué par recouvrir le fond qui entoure ces deux visages. Je suis passée, par le vert, bleu, violet, et du blanc. J’ai attendu que cela sèche, puis je suis passée à l’étape suivante, la dernière : mettre en mouvement la couleur noire de mes crayons, avec ces petites formes différentes. C’est ainsi qu’est née ma production. Dans le calme et dans les deux mouvements différents. Quelques finitions faites aux crayons de couleurs aquarelle.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Cette production a été conçue sur une feuille de 36 x 46 cm. Comme médiums, j’ai des crayons Faber-Castell Pitt artis pen de couleur noire et de la peinture aquarelle.

Que ressentez-vous en face de votre création ?

J’observe ma production. Je suis attirée par le visage aux couleurs marron, rouge et jaune. Je me sens moins nauséeuse et moins lourde dans mon ventre. En fait je crois que j’ai déposé cette fatigue qui me rend, par moment bien triste, je me sens plus légère dans ma tête. Youpi !  🙂