RESPONSABILITE MEDICO‐SOCIALE FACE A LA VIOLENCE :
Situations sociales et violence. Causes sociologiques et médicales de la criminalité. Familles et violence. Bases médico‐sociales des états de souffrance. Place de la sanction de l’indemnisation, de la médiation, de la condamnation. Place des professionnels face à la criminalité et à la violence. Connaissance des niveaux de responsabilité des différents acteurs (soignants et experts acteurs des soins et/ou auxiliaires de justice…). Comment communiquer et que communiquer aux différents interlocuteurs.

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Cette guidebox produite par le Centre VirchowVillermé de santé publique Paris – Berlin, suite à l’attribution du prix international de l’innovation de la Chaire Unesco santé sexuelle & droits humains (2016 Paris – Diderot), présente des ressources numériques variées correspondant à des questions pratiques relatives aux violences de genre.
Une grande partie des vidéos présentées dans cette guidebox provient du MOOC Violences Faites aux Femmes.

Lutter contre la violence – Protéger et offrir des soins adaptés


Lutter contre la violence – Protéger et offrir des soins adaptés
Dr Muriel SALMONA
Psychiatre, présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie
Numéro 579 – octobre 2018
Les violences – verbales, physiques, psychologiques ou sexuelles – sont une atteinte grave aux droits humains fondamentaux des personnes et à leur intégrité physique et psychique. La plupart des violences bénéficient d’un déni et d’une loi du silence qui invisibilisent les victimes ainsi que de stéréotypes et d’une « culture de la violence » qui inversent les responsabilités, culpabilisent les victimes et disculpent les agresseurs en organisant leur impunité.
La majorité des violences sont commises par des proches, essentiellement sur des enfants, des femmes ou des personnes en situation de vulnérabilité (les personnes âgées, malades ou handicapées, les victimes de discrimination, les exclues, toutes celles qui sont en situation d’être désignées de façon arbitraire comme « inférieures » et que personne ne protège) et qu’elles se produisent trop souvent dans des milieux censés être les plus protecteurs comme la famille, le couple, les milieux institutionnels d’éducation et de soins, le monde du travail. Elles sont cachées et maquillées en amour, désir, éducation, soins, sécurité, rentabilité… Cet escamotage a pour fonction de protéger le mythe d’une société idéale patriarcale où les plus forts protégeraient les plus faibles, rationalisant ainsi les inégalités et les privilèges d’une position dominante, rendant ainsi les violences possibles. Les victimes qui subissent ces violences sont isolées, condamnées au silence et confrontées, impuissantes, à des violences d’autant plus traumatisantes qu’elles sont impensables. D’où des blessures psychiques et des troubles…

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Livre – La voix de ceux qui crient – Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky – p. 102

Chapitre 5 – Le risque de la victimisation

La reconnaissance de la « victime » du traumatisme est la conséquence d’un engagement récent de l’État dans le système français de responsabilité sociale. Le traumatisme n’est plus seulement considéré comme « l’origine d’une souffrance que l’on soigne. il est aussi une ressource grâce à laquelle on peut faire valoir un droit ». On saisit ainsi les enjeux moraux et politiques qui accompagnent l’institutionnalisation du traumatisme et de la victime dans le régime de la demande d’asile.
La situation psychique du patient demandeur d’asile est donc paradoxale : d’un côté, il doit « plaider victime » devant l’administration et la justice et attester de violences à son égard, sinon il risque de ne pas obtenir ses papiers ; de l’autre, il est fondamental pour lui de ne pas s’identifier à une victime, sinon il risque la démobilisation de ses forces vitales, la réduction de son identité à son histoire traumatique. Je suis consciente de ce paradoxe et des contradictions qu’il entraîne pour le sujet. Sans doute faut-il écouter la plainte avant d’envisager de la transformer. Toutefois, non seulement la vie du demandeur d’asile ne se réduit pas à sa demande et à la décision de l’État, mais encore l’accord ou le refus du titre de séjour ne l’empêchera pas d’être un homme libre, dans ses choix, dans ses valeurs et dans ses actes. Cela, je le dis clairement au patient qui arrive annihilé par la violence d’un refus administratif, afin de court-circuiter l’effondrement et surtout sa réduction à son statut de demandeur.

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Editeur : Albin Michel
ISBN : 978-2-226-40259-2
EAN : 9782226402592