BMP – Rumination négative – quand je me renferme, en boule


Quand je me renferme, quand je me mets en boule, quand je suis triste, oui cela m’arrive, quand la douleur physique et la souffrance psychique sont trop fortes pour mon cerveau, alors une partie émotionnelle prend la relève. Et comme le dit mon psychiatre, c’est une huître qui apparaît et à laquelle j’ai à faire dans ces moments-là devant moi.
Quand le dessin n’arrive pas à m’apaiser, ce qui est très rare, alors les dissociations se mélangent avec la douleur physique, ou la douleur psychique et cela fait quelque chose d’explosif : ça éclate en moi. Alors le phénomène de repli (l’huître ou la boule) arrive. Et c’est ce que je veux représenter de plusieurs manières différentes.
Il m’arrive de ne pas m’en rendre compte quand je suis dans cet état, mais par moment Béatrice est là et sent que quelque chose de pas normal est présent mais elle est incapable d’avoir une logique ou une compréhension dans sa tête. Elle sent mais elle ne sait pas, je ne sais pas non plus si je ne sais pas faire ou autre, mais je me sens dans le présent, mais je ne sais pas m’orienter non plus.
Quand je réfléchissais sur la manière dont je pourrais exprimer cela, il y a eu aussitôt en moi l’impression d’être envahie par la honte. C’est cette honte de ne pas me rendre compte que cette partie émotionnelle prend le dessus et m’entraîne comme pour me punir. Me punir de quoi ? je ne sais pas, mais par moment j’ai cette impression inexplicable.
Tout comme la douleur physique pour moi, et je pense que c’est normal, s’associe à la punition. Ça traverse encore un peu mon cerveau cette réflexion. Mais c’est ce que j’ai vécu avec les mères donc c’est le passé qui se fait entendre dans ces moments-là. Peut-être aussi une partie émotionnelle qui s’exprime.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Donc cette situation de honte je l’ai dessinée avec ce dos au milieu de ma feuille, caché dans une espèce de trou, sans tête. Mais le dos lui ne devait rentrer dans ce trou.
Puis j’ai fait apparaître une autre position de mise en boule en bas de ma feuille, toujours dans la position de dos mais là avec un corps en entier, c’est-à-dire avec la tête. Je voulais malgré tout que ce corps soit peut-être un peu moins renfermé sur lui-même, moins serré en lui. Peut-être lui donner l’autorisation de pouvoir enfin un peu respirer.
Et pour terminer mon esquisse j’ai fait apparaître ce dernier corps debout de face, le visage certes baissé car la tristesse est présente, mais peut-être je dirais moins prostré, moins renfermé.
Pour concevoir le manteau de mon esquisse, les nuances de noirs, de gris, et de blancs cassés ont été pour moi le nuancier de mon manteau. Je me suis amusée à observer mon esquisse de loin pour pouvoir bien les positionner, pour leur donner vie.
Je ne voulais pas que ça soit un dessin triste, ni gai. Je pense que finalement je souhaitais que cela devienne un dessin intouchable. Que l’on ne puisse pas aller se réfugier dans ces positions de se mettre en boule, comme un interdit !

Matériaux utilisés :

Dessin sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin. Crayons de papiers 3B, HB, 6B, 2B.

Que ressentez vous en regardant votre production ?

Je ne ressens pas d’angoisse, ni de colère. Mais quand je regarde mon dessin de loin, je me sens apaisée, mais je ne sais pas si c’est vraiment Béatrice l’adulte qui ressent cela.
Il y aussi cette sensation en observant mon dessin, que cette attitude de me mettre en boule ne m’est pas inconnu comme si je la connaissais depuis de longues années. Je suis effrayée du noir dans ma tête d’un coup. J’ai des frissons.

BD – Recherche sur les ruminations négatives

On les appelle « idées noires », « obsessions » ou encore « ruminations ». Elles surviennent souvent après un choc émotionnel. Elles hantent l’esprit pendant des jours ou des mois. Comment s’expliquent l’irruption de ces idées fixes dans notre vie quotidienne ? Comment y faire face ? De nombreuses recherches et théories psychologiques tentent de répondre à ces questions.

Ruminations mentales et tourments intérieurs
Olivier Luminet
Mai 2006
On les appelle « idées noires », « obsessions » ou encore « ruminations ». Elles surviennent souvent après un choc émotionnel. Elles hantent l’esprit pendant des jours ou des mois. Comment s’expliquent l’irruption de ces idées fixes dans notre vie quotidienne ? Comment y faire face ? De nombreuses recherches et théories psychologiques tentent de répondre à ces questions.


La rumination intellectuelle est un phénomène qui empêche de s’épanouir.

Voici quelques solutions pour en venir à bout.
En psychologie, la « rumination intellectuelle » est définie comme un mode de réponse face à un évènement de détresse qui consiste à observer passivement les symptômes engendrés par l’évènement et sans passer à l’action. Ce type de réponse à un évènement est connu pour aggraver l’humeur dépressive, empêcher la résolution des problèmes personnels et amène à une vision plus pessimiste de l’avenir ainsi qu’à moins de support social. La rumination touche plus fréquemment les femmes que les hommes. Une différence probablement expliquée par leurs hormones.
La rumination négative :
La Rumination pour moi c’est comme quelque chose qui n’est pas digéré et qui perturbe le bon fonctionnement, soit dans ma tête, où dans mon corps. Et qui revient en boucle sans répit.
Je dirais donc que dans ces moments-là le moteur de mes pensées me conduit dans une voie sans issue. Je dirais également qu’apparaît le système de tourner en rond, une boucle sans fin.
Quand j’écris cela, ça me fait un peu penser à toutes mes questions que je me pose, ressassement, parfois dans mes moments d’angoisse pour me rassurer qui sont inutiles et que je ne m’en rends compte que beaucoup plus tard, quand je suis plus posée dans ma tête.
Quand mes pensées sont trop envahissantes, je mets mon MP3 à fond dans mes oreilles pour les chassées. Comme pour me nettoyer mon cerveau et pouvoir après repartir sur le bon chemin.
Je dirais donc que la rumination n’est pas productive, mais elle peut peut-être nous conduire, vers l’ennui et vers cette sensation de vide.
J’ai cet instinct de mettre aussi cette situation de rumination avec la partie de notre corps, l’estomac, celui-ci qui m’effraie de remplir même encore maintenant car j’ai toujours cette angoisse d’avoir un trop plein qui finirait par m’empêcher de respirer. Ou d’avoir des remontées dans le tube digestif.

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