BMP – Une partie réfléchie, une partie triste et l’autre voudrait hurler…


Une partie réfléchie, une partie triste, et l’autre voudrait hurler…
En ce moment, je vis certains conflits, je me retrouve entre deux, mais je n’ose pas dire ce que je ressens ; je les étouffe, car exprimer est presque impossible.
Pourtant parfois j’aimerais hurler, pour me faire comprendre, pour faire bouger les choses. Je voudrais être entendue, casser aussi ce silence qui est là, mais en ai-je le droit ?
Seulement, hurler crée chez moi une intense frayeur. Que ce soit moi qui hurle ou que ce soit une autre personne qui hurle sur moi. Alors au fond de moi, je ne veux pas que l’on se fâche, qu’il y ait des mal-entendus et ce n’est pas si simple. De par la place que j’ai, ce n’est pas à moi de dire ou de faire, mais parfois cela démange et ce n’est pas si facile de se taire.
Je sais que je dois prendre du temps, réfléchir, ne pas bondir comme un animal toutes griffes et tous crocs dehors, réfléchir, faire le point posément, peser le pour et le contre. Pouvoir alors seulement lancer mon avis, mes idées. Mon dessin sera sous-tendu par ces trois aspects.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

J’ai commencé par faire apparaître ce visage qui représente la colère et ce noir qui est à l’entrée de la bouche, qui forme comme une espèce de barrage, pour exprimer ma sensation d’être comme étouffée. Je dois reconnaître que j’ai pris plaisir à dessiner cela, à exprimer ce côté violent. Cela m’a permis de m’en détacher un peu et surtout de reconnaître que cette colère est très profonde, sûrement très ancienne, et donc difficile à exprimer, mais que ce que je vis maintenant fait remonter du passé.
Puis j’ai dessiné ce corps, qui traduit le désir de réfléchir, mais aussi la tristesse. Pour le moment, ces deux sentiments vont de pair. Je ne suis pas capable de les détacher l’un de l’autre. Quant à la colère, elle est enfouie, elle ne sort pas de moi, je sais qu’elle est destructive envers moi, mais elle reste dedans.
Une fois mon dessin fini, je suis passée aux couleurs : des couleurs grises, marrons, violettes et bleues. En ce qui concerne la couleur bleue, elle est venue spontanément, et je n’ai pas cherché pourquoi. Je ne voulais pas que le questionnement m’angoisse et que je me sente déçue. Le violet je ne l’avais pas prévu, je me suis rendue compte qu’il était là, seulement la production finie. Je pensais mettre une pointe de rouge et du marron. Pour le reste, il y a eu du gris avec des dégradés. Là encore quelque chose s’est passé, qui à la fois m’a apaisée mais aussi angoissée car je n’avais pas mis de couleur dans cette partie de mon dessin.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic 3B, 6B, 4B, et pastel sec.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En regardant mon dessin, je me suis rendue compte que quelque chose s’est passé, comme le fait de m’être trompée dans la couleur rouge, mais aussi de ne pas bien comprendre ce qui se passe en moi en ce moment, je suis dans le présent, mais quelque chose fait que par moment exprimer ce qui ce qui se passe m’effraie.
Mon dessin est là et je le trouve pas assez violent, pourtant je ne veux pas être prise par la violence. Par moment être bénévole et faire plaisir à tout le monde ce n’est pas simple ! Mais je suis une bénévole et donc je n’ai aucune obligation non plus…

BMP – Une douceur


Une douceur, je n’en sais rien… J’écris douceur car c’est ce qui me vient tout de suite en regardant mon dessin. Mais voilà ce qui s’est passé en réalité.
Quand je me suis levée ce matin, je voulais exprimer une sensation qui était là et qui prenait beaucoup de place dans cet instant présent. Mais au dernier moment celle-ci ne s’est pas achevée dans mon dessin, parce que la position et la forme de ce visage ne demandaient que de faire apparaître de la douceur intouchable. Mais peut-être que celle-ci n’existe pas au travers du visage car ce n’est pas la vérité de ce qui se passait comme émotion dans ma tête ce matin.
Pourtant il y a cette forme de corps recroquevillé, collée en bas de ce grand cou, comme perdue qui demandait à se montrer. Ce corps qui ferait parler cette émotion du matin en me levant. Pourtant il est difficile de faire ce lien avec cette douceur que je perçois en voyant mon dessin. Pourtant je souhaitais que celle-ci soit incorporée dans mon dessin. Il y a ce blocage qui est là, je n’arrive pas à aller plus loin, faire apparaître cette suite après la tristesse, car normalement il doit y avoir une suite, mais je ne sais pas laquelle.
Je reste sur ce tapis de douceur, de tristesse, avec un fil de souffrance. Peut-être que quelque chose m’effraie et que je n’ose plus non plus. Pourtant dans chacune de mes productions il y a toujours cette petite touche intouchable, de sensibilité qui ne doit pas être détruite, comme pour ne pas faire exister le néant, le plus rien qui détruit.
Voilà mon dessin de ce matin sera de dessiner mon ressenti en me levant ce matin.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Tristesse, douceur, recroquevillée, calme, envahie.
Voilà il y a de quoi choisir. Mon esquisse va prendre une forme mais pour la comprendre je n’en sais trop rien. Mais de mon côté je la trouve douce, après reflète t’elle mon ressenti quand je me suis levée ce matin ? et y a t’il une grande importance ? Moi je sais que je voulais dessiner quelque chose, mais ce quelque chose a dévié et nous plonge dans un autre monde de points d’interrogations devant cette sensibilité et cet imprévu. C’est un peu un jeux de cache cache pour trouver une réponse.
Puis je me dis : faut-il forcément cette réponse pour faire naître mon dessin ? Sur le moment je trouvais que ce n’était pas vraiment intéressant de le savoir. Mon idée de forme était là, et puis je voulais dessiner. J’ai donc commencé par dessiner ce visage, à la limite dans la réflexion, dans ces pensées. Puis j’ai continué mon esquisse en faisant apparaître ce corps recroquevillé avec un léger décalage, car il devait être plus gros sachant qu’il est au premier plan sur ma feuille. Mais ça aussi ce n’est pas réfléchi, je ne me perçois que maintenant. Je repense à cette discrétion qui par moment me met en angoisse car celle-ci n’est pas assez forte et présente. Pour concevoir les couleurs de mon dessin, j’avais en tête, du bleu, du jaune, et du marron et j’ai rajouté du blanc, je voulais noyer ma forme dans les couleurs. Je voulais la rendre inexistante dans la violence dans le présent.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic, 3B, HB. Peinture aquarelle.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Je regarde ma production, et je ravale ma salive, l’angoisse de faire un mouvement était là. Une fragilité apparaît dans ma tête, et je voudrais… mais non !