BMP – Mon cœur est triste


Parfois sur le moment les mots ne viennent pas pour s’exprimer ou exprimer ce qu’on ressent, alors ce matin j’ai juste eu envie de prendre mon crayon et d’en sortir une forme.
Ça sera simplement un dessin et ces mots : réfléchis, montre toi forte ! Et sans jugement.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Dans ma tête mon cœur est lourd et j’ai envie de me cacher, de garder ma peine.
J’ai donc commencé par dessiner le cœur et ensuite le corps qui est accroché à celui-ci. Comme pour garder le bon que j’ai en moi et que je peux encore partager.
Pour le manteau de mon dessin, je voulais jouer entre la couleur noire et la rouge sanguine pour retranscrire que dans ce cœur il y circule plein d’émotions et que j’en reçois également venant des autres personnes qui les partagent.
Pour le fond j’ai utilisé différents bleus qui expriment la tristesse et cette peine.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic 7B, 3B, 6B, 4B
Crayon de couleur sanguine et marron
Pastels secs.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Je ne ressens pas de colère.
Ce dessin reflète bien ce que je ressens en moi. Après ma réaction est ne pas réagir à chaud, mais savoir prendre du recul pour rester objective pour pouvoir faire un point voir pour la suite.

BMP – Deuil – 4 Dépression, tristesse, chemin du deuil


Je suis triste de ne pas arriver à faire tout ce que j’aimerais faire dans la vie de tous les jours. D’être si limitée dans ce que je peux faire avec mes mains.
Je suis trop bien dans mon monde de dessin, mais je suis triste, car je ne veux pas que cette douleur et ces gonflements m’empêchent de m’éclater dans ce milieu de l’art-thérapie.
Je pense qu’effectivement le mot dépression peut peut-être se faire entendre dans mes oreilles. Mais je me battrais contre cela.
Ce que j’écris ici c’est ma tristesse, la phase de ce deuil et oui par moment c’est fort. Mais cette tristesse ne doit pas durer je dois passer au-dessus d’elle !
Définitions : tristesse  et dépression

C’est petit à petit que le déni va céder et que le constat de la réalité de la perte va prendre forme et permettre le travail de deuil. Cette reconnaissance entraîne son flot d’émotions, qui font dire que le deuil s’apparente à la dépression.
Comme la dépression, le deuil est marqué par la tristesse et les pleurs, un repli sur soi, souvent un sentiment de colère et de révolte ainsi que d’un sentiment de culpabilité. La présence de toutes ces émotions est normale et elles vont généralement s’estomper avec le temps…

Comme je l’ai écrit, ne pas pouvoir tout faire comme je le souhaiterais avec mes mains me rend triste : par exemple je ne peux plus faire de mosaïque, je ne peux plus couper les tesselles, ouvrir un bouchon d’une bouteille, tenir longtemps un sac, soulever, ou bien même tenir mon pinceau comme avant ! Soit la force n’est plus là, soit je ne ressens plus ma main. Donc oui, une tristesse est là. Triste car dans ma tête je n’arrive pas à me rassurer, je voudrais me dire : « ça va passer, ça ne va pas s’aggraver ». J’aimerais tellement être sûre que je pourrais toujours dessiner. Dans ma tête je me dis, tu vas continuer ! Oui ! Oui ! Oui ! Je me le répète en boucle, j’ai besoin de me l’entendre dire. De me le confirmer, comme si j’emmenais le temps présent avec moi, pour ne pas qu’il me quitte. Mais en même temps, je sais que je dois m’accrocher pour ne pas laisser place à la dépression et encore moins à cette tristesse.
Je dois garder mes oui ! oui ! en tête pour avancer et afin d’exploser dans les couleurs et les formes.
Triste aussi car quand la douleur est par moment intolérable je n’arrive pas à trouver une solution pour atténuer celle-ci, tellement elle est plus présente et plus forte. Mais J’ai la rage, je prends mon pinceau et je dois absolument le faire danser sur ma feuille. Comme je l’écris je ne veux pas que cette tristesse s’installe, elle doit juste passer, et rien d’autre !

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour concevoir mon esquisse je voulais donc représenter ces deux mots : tristesse et dépression.
• Ma première idée était de dessiner un visage, un visage je dirais torturé par cette tristesse, mais aussi agacé. Un visage soutenu par les mains. La douleur est lourde.
• Pour ma deuxième idée celle de la dépression, là je voulais représenter cette situation en faisant comprendre que c’était la fin, la tête est dans le noir profond et noyée. Pas encore des idées noires, mais elles ne sont pas loin hélas.
J’ai donc commencé par faire naître en premier ce fameux visage de tristesse. Puis j’ai continué en dessinant ce corps désespéré prêt à tout faire pour ne plus souffrir, en pleine dépression. Cela je le traduis par le visage qui se noie dans cette espèce de barrique. Et j’ai terminé par les mains.
Pour concevoir le manteau de mon esquisse, je me suis aussi servie de la roue des émotions de Robert Plutchik, c’est la couleur bleue qui représente la tristesse.
Après pour le reste des couleurs, j’ai mis celles qui me parlaient en regardant mon dessin de loin, j’ai utilisé les premières qui s’exprimaient immédiatement dans ma tête. Je pense aussi que je voulais y mettre des couleurs légèrement sombres, car je trouvais que cela allait bien avec cette étape de deuil

Matériaux utilisés :

Dessin  sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin. Manteau de mon esquisse, aquarelle, crayons de papiers HB- 2B.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant mon dessin de loin, je suis plus attirée par ce que veut nous faire comprendre ce visage, la tristesse. Mais  j’ai fait un peu abstraction de la partie du dessin qui renvoie à la dépression, car cela m’insécurise.
Même si par moment la tristesse est là, je fais tout pour ne pas qu’elle reste !