Outreau – Procès de Rennes – Mercredi 3 juin 2015 – Audition des derniers experts – Tweets de la salle d’audience

A la barre aujourd’hui, les derniers experts avant les premières plaidoiries >

L’audience a repris #Outreau

L’audience va reprendre avec l’audition de Jérôme Priziac, expert de personnalité de Daniel Legrand.

En préambule, le président signale qu’un paquet à son intention a été déposé de façon anonyme au palais de justice

Le président annonce qu’il a reçu hier un courrier avec le livre de Marie-Christine Gryson « Outreau, la vérité abusée ».


L’enveloppe contient le livre de l’expert-psy contestée de l’affaire, Gryson-Dejehansart, La Vérité abusée

Le président précise : « c’est un homme qui l’a déposé à l’accueil, de manière insistante, sans se présenter. »

Le président indique avoir reçu anonymement le livre de MC Gryson. Les services du déminage sont sur les lieux.

Jérôme Priziac, expert de personnalité de Daniel Legrand

Quand Jérôme Prizac rencontre Daniel Legrand, il a 21 ans et est incarcéré dans le cadre de l’affaire.

Les débats commencent par l’audition de l’expert Jérôme Priziac, qui a examiné Daniel Legrand en 2002

Jérôme Prizac : « pas de notion de troubles psychiatriques endogènes » chez Daniel Legrand


Jérôme Prizac : Daniel Legrand « a cessé sa scolarité assez rapidement, une scolarité très moyenne. »


Jérôme Prizac : « sur le plan scolaire, il n’a jamais développé de troubles sur le plan comportemental »


A l’époque, l’expert avait relevé une « immaturité psycho-affective » chez Legrand


Jérôme Prizac : à l’époque, Daniel Legrand « n’a jamais eu de relation sexuelle et … »


Jérôme Prizac :  » … dans la manière un peu immature qu’il a de s’exprimer à l’époque …  »

Jérôme Prizac :  » … il indique qu’il est prêt à se livrer à une contre-expertise pour prouver sa virginité »


Mais « aucun élément de perversité sur le plan structurel » et « aucune tendance affabulatrice »


Jérôme Prizac : « la sexualité de monsieur Legrand a été également étudiée. »

Jérôme Prizac : « tout ce qui a été recherché n’a pas mis en évidence de déviance sur le plan sexuel. »


Jérôme Prizac (expert) : Daniel Legrand « ne présentait pas de trait de personnalité caractéristique des abuseurs sexuels. »


Legrand ne présentait pas de caractéristiques des abuseurs sexuels


« Sens affectif normal » chez Legrand « envers les enfants qu’il considérait comme sujets à part entières et non comme objets »

Jérôme Prizac (psychiatre) : Daniel Legrand « considérait les enfants comme des sujets affectifs et non comme des objets. »


Jérôme Prizac : « si on retrouve beaucoup de traits égocentriques et immatures chez les passeurs à l’acte sexuel … »


Jérôme Prizac : « … tous ne sont pas égocentriques et immatures. »


Jérôme Prizac : « les abuseurs de circonstances se sont des situations où quelqu’un est alcoolisé par exemple. »

Jérôme Prizac : « il y a des sujets qui ont un profil pervers pédophile, qui n’ont d’attirance sexuelle que pour les mineurs. »

Jérôme Prizac a également interrogé Daniel Legrand sur sa consommation de stupéfiants.


Jérôme Prizac a listé : « cannabis avant sa majorité », puis « héroïne en snif », puis « Subutex ».


Me Forster : « ne serait-il pas préférable, lorsqu’on essaie d’analyser une personne, de la voir deux fois ? »


Jérome Prizac : « nous avons déposé à la commission d’enquête, je me souviens avoir fait un certain nombre de propositions … »


Jérome Prizac :  » … j’avais conscience des limites. J’en ai encore plus aujourd’hui en ayant plus d’expérience … »


Jérome Prizac : « le temps consacré pour faire notre travail et forcément trop court … »


Jérome Prizac : « j’ai toujours regretté que les expertises aux assises ne soient pas contradictoires. »


Jérome Prizac : « je fais beaucoup d’expertises en matière civile, d’assurance, j’ai toujours des détracteurs et c’est tant mieux »

L’avocat de Jonathan interroge l’expert psy de Daniel Legrand sur les agresseurs sexuels dans le déni


Me Vigier (défense) souligne les similitudes qui ressortent des expertises psychiatriques entre Daniel Legrand père et fils.


Me Julien Delarue : « vous avez parlé du fait qu’il [Daniel Legrand] serait disposé à se soumettre à un test de virginité. »


Jérôme Prizac : « c’est effectivement quelque chose qui est l’expression immature de quelqu’un qui se veut de bonne foi. »


Fin de l’audition en visioconférence de l’expert psychiatre Jérôme Prizac.

M. Emirzé, décédé. Expertise de D. Legrand


Le président lit le rapport de M. Emirzé, décédé. Expertise de D. Legrand réalisée le 18/01/2002, à la maison d’arrêt de Loos.

Le président lit maintenant le rapport d’un expert-psy décédé, qui avait vu Legrand le 18/01/2002, à la maison d’arrêt de Loos.


Il n’avait pas non plus relevé de tendance à l’affabulation chez Legrand


Dans son rapport, M. Emirzé reprend les mêmes éléments : virginité de Daniel Legrand, consommation de cannabis, d’héroïne en snif


M. Emirzé (rapport ) : « nous n’avons pas relevé de tendance homosexuelle ou de tendance perverse.

L’expert ne disposait « pas suffisamment d’éléments pour déterminer » si ses aveux « sont des expériences vécues ou imaginaires »


M. Emirzé (rapport) : « il apparaît contre-indiqué qu’il puisse être en contact avec des mineurs placés sous sa responsabilité. »

Conclusions de la commission d’enquête parlementaire sur les rapports d’expertise


La défense lit les conclusions de la commission d’enquête parlementaire sur le rapport d’expertise de M. Emirzé et M. Raymond.


Selon les conclusions de la commission parlementaire, « Les expertises ont été remplies avec la plus complète désinvolture… »

5 patients expertisés le même jour, les conclusions rendues le lendemain.
Charlotte Piret @ChPireSelon les conclusions de la commission parlementaire, « expertises ont été remplies avec la plus complète désinvolture … »


Selon les conclusions de la commission parlementaire  » il restera à apprécier si le serment prêté par ces experts a été respecté »


Me Forster prévient que dans sa plaidoirie, il sera amené à « critiquer lourdement la commission

La République tremble.
Charlotte Piret @ChPiretMe Forster prévient que dans sa plaidoirie, il sera amené à « critiquer lourdement la commission parlementaire ».


Me Reviron demande que soient lus les rapports d’expertises concernant Jean-Marc Couvelard, handicapé écarté de la procédure.


Nouvel accrochage entre Me Forster et Me Delarue.
Le président, lassé : « on ne va pas reprendre sur ce terrain là … »


L’audience est suspendue avant l’audition d’Emeline Delay, fille de Thierry Delay, en visioconférence.

Emeline Delay


Emeline Delay, fille de Thierry, apparaît sur l’écran de la visioconférence. Cheveux mi-long, veste de tailleur sur chemisier blanc

L’audience reprend avec l’audition par visioconférence d’Emeline Delay, fille d’un premier mariage de Thierry Delay

L’audience reprend avec l’audition en visioconférence d’Emeline Delay. Elle a aujourd’hui 25 ans, est sans profession.


Elle est née en 1986, et est « sans profession ». Elle n’avait pas été entendue lors des deux premiers procès

Correctif : Emeline Delay a aujourd’hui 29 ans, et non 25 comme indiqué. (Entendu 1990 au lieu de 1986).


Emeline Delay n’a pas de déposition spontanée à faire : « Je n’ai rien à vous dire, je n’ai jamais rien vu, rien entendu et rien suivi »

Emeline Delay : « ce que je sais c’est que je n’ai jamais rien vu, je n’ai rien entendu et que je n’ai rien subi. »


Emeline Delay : « j’y passais 15 jours pendant les vacances d’été. Il ne se passait rien. Je jouais comme une enfant normale. « 

Elle passait 15 jours l’été chez son père. « ça se passait bien, je jouais comme une enfant normale »


Emeline Delay : « après, je n’étais pas toujours en contact avec mes demi-frères, je jouais avec mes copines à l’extérieur aussi. »


« Après, j’étais pas tirs en contact avec mes demi-frères, ils étaient en colonie… Je jouais avec mes copines à l’extérieur aussi »


Le président : « quel était le climat à la maison ? » Emeline Delay : « c’était un peu particulier avec ma belle-mère. »

« C’était un peu particulier avec ma belle mère, parfois elle essayait de me monter contre mon père, elle me disait qu’il était violent »

Emeline Delay : « parfois elle [Myriam Badaoui] essayait un peu de me monter contre mon père. »


« Mais moi j’en avais pas la preuve. »


Emeline Delay : « elle [Myriam Badaoui] me disait qu’il était violent, mais moi j’en avais pas la preuve … »


– Le président : « vous n’avez jamais été abusée sexuellement par votre père ? »
– Emeline Delay : « non »


– Le président : »Vous n’avez jamais été abusée sexuellement par votre père ? »
– Emeline Delay : « Non. »


Président : « comment expliquez-vous que vos demi-frères vous ont désigné comme étant victime ? »

– « Comment expliquez que vos frères vous ont désigné comme victime ? »
– Emeline : « C’est la question que je me suis toujours posée »


Emeline Delay : « c’est la question que je me suis toujours posée. J’aurais eu quelque chose, je n’aurais pas caché ça. »


Emeline Delay : « Si j’aurais eu quelque chose, j’aurais pas cachée ça »

Emeline Delay : « au contraire, il [son père] était très protecteur avec moi ».


Emeline Delay explique qu’il y avait bien des cassettes pornographiques chez son père. « Il m’avait dit : ça c’est pas pour toi ».

Emeline confirme la présence d’une rangée de cassettes pornographiques au domicile de son père


Emeline Delay : « Il était était protecteur avec moi et quand j’ai vu ça (les cassettes), il m’a dit ‘ça c’est pas pour toi' »


Emeline Delay confirme également l’existence d’un caméscope chez son père. « Quand Dylan était tout petit »

Emeline Delay confirme la présence d’un caméscope chez les Delay-Badaoui. »Le petit dernier (Dylan), il devait même pas avoir 2 ans »


Le président lit le PV d’interrogatoire. « L’enquêteur remarque que vous pleurez beaucoup pendant l’entretien … »

Emeline Delay : « ils arrêtaient pas de me poser les mêmes questions, ils me forçaient à dire des choses que je ne savais pas. »

Sur les policiers qui l’avaient entendue quand elle avait 15 ans : « Ils arrêtaient pas de me poser les mêmes questions »

« Ils me forçaient à dire des choses que je savais pas. Ils étaient vraiment à me bourrer la tête »


Emeline Delay se souvient de Jean-Marc Couvelard (lourd handicapé accusé puis mis hors de cause) comme queLqu’un d’un « peu fou fou »


Me Guerin interroge Emeline sur la date de la séparation de ses parents. « Je ne me souviens pas avoir vécu avec mon père ».


Me Guerin : « ça interpelle un petit peu, quand même. Vous n’avez pas eu d’explication pourquoi vous voyiez aussi peu votre père ? »


Emeline Delay explique qu’elle n’est allée chez son père que deux fois 15 jours en une dizaine d’années.


Me Guerin (partie civile) précise la période pendant laquelle Emeline a été chez les Delay : « Deux fois 15 jours sur une douzaine d’années »


Emeline Delay : « je pense pas que ma mère m’ait empêché d’y aller. Mais j’étais toute petite, pas prête à me séparer de ma mère »


Me Moneris : « est-ce que vous avez des contacts avec Thierry Delay ? » Emeline Delay : « non »

– Me Monerris (partie civile) : « Est ce que vous avez à ce jour des contacts avec Thierry Delay ?
– Emeline Delay : « Non ».


– Me Moneris : « est-ce que vous avez des contacts avec vos demi-frères ? »
– Emeline Delay : « non »

– « Est-ce qu’à ce jour vous avec des contacts avec vos demi-frères « ?
– « Non plus »


Emeline Delay : c’est vrai qu’il [son père] mettait Chérif beaucoup à l’écart. On avait l’impression qu’il l’aimait pas beaucoup.

L’avocat général interroge Emeline Delay sur le « racisme » de son père à l’égard de Chérif

Emeline Delay : « Il le mettait bcp à l’écart, j’avais l’impression qu’il l’aimait pas beaucoup. »


Me Delarue reprend les déclarations de Jonathan qui désigne Emeline Delay comme victime de J-M Couvelard et David Delplanque.

Dimitri et Jonathan avait affirmé que leur grande soeur Emeline avait été agressée par son leur père, l’handicapé Couvelard et Delpanque

Me Hubert Delarue lui demande comment elle s’explique cela aujourd’hui.


Emeline Delay n’a pas d’explications. « Après, leur maman était un peu manipulatrice donc, je ne sais pas … « 

Emeline Delay : « ça a pris tellement une ampleur qu’ils ont un pu… je ne sais pas comment expliquer »

Emeline Delay: « Après leur maman, elle était un manipulatrice aussi »


Fin de l’audition d’Emeline Delay par visioconférence.


Le président lit l’expertise de M-C Gryson-Dejehansart sur Emeline Delay.


M-C Gryson au sujet d’Emeline : « ce n’est pas une victime d’agression sexuelle incestueuse ».

L’audition par visioconférence d’Emeline Delay est terminée. Le président lit maintenant l’expertise sur Jean-Marc Couvelard

PV d’audition de Jean-Marc Couvelard

A la demande de Me Reviron (parties civiles), le président lit les PV d’audition de Jean-Marc Couvelard, handicapé mis en cause.

Couvelard fait partie des premiers agresseurs sexuels désignés par les enfants Delay

Il a été établi précédemment par l’instruction qu’il n’était pas en mesure de commettre de tels acte


Couvelard souffre d’une « hydrocéphalie congénitale », ne « parle pas », « pousse des cris inadaptés à l’examen »

Les enquêteurs écrivent : « il est impossible de recueillir le moindre renseignement. Il ne s’exprime que par grognements et cris. »

« Il a commencé à marcher à l’âge de 17 ans, retard psychomoteur considérable »


Les policiers constatent l’état de Jean-Marc Couvelard et demandent donc à sa mère de l’accompagner au commissariat.

Sa mère avait indiqué qu’il n’était « pas capable de s’habiller seul ni même de se déshabiller seul »

Charlotte Piret@ChPiret

Sa mère explique aux enquêteurs que Jean-Marc Couvelard : « ne sait pas s’habiller lui-même, ni couper sa viande, ni se raser »


Sa mère explique aux enquêteurs que « s’il se déshabillait et que quelqu’un le rhabillait, elle s’en rendrait compte immédiatement. »

Selon l’enquête, Jean-Marc Couvelard a commencé à marcher à l’âge de 17 ans.

Depuis le début, la partie civile remet en cause le fait que Couvelard n’ait pas pu monter les 5 étages jusqu’à chez les Delay

Me Reviron a fait valoir x fois qu’un policier « a dit qu’il montait très bien les marches jusqu’au 3e étage jusqu’à son bureau »

Couvelard apparait bizarrement pour la partie civile comme « le point crédibilité » de la parole des enfants Delay

Selon l’expertise psychiatrique, J-M Couvelard « ne présente pas de caractère qu’on peut retrouver chez les abuseurs sexuels »

Point présence : aujourd’hui Cherif et Jonathan Delay sont à l’audience.


Selon Me Reviron : la mère de J-M Couvelard raconte dans un livre qu’elle doit parfois lui jeter un sceau d’eau pour le calmer

Jonathan a pourtant reconnu à la barre qu’il ne se souvenait pas que Couvelard ait abusé de lui ou de ses frères

11h26. Me Forster demande au président de procéder à la lecture d’une pièce du dossier. Qui a déjà été lue.


Me Forster liste les cotes auxquelles il fera référence dans sa plaidoirie. »J’applique le contradictoire dans son esprit total »

Me Forster « J’applique le contradictoire dans son esprit total »


Le président à Me Forster : « ce sont des pièces qui ont été quand même largement débattues »

Dany Camporini – ex-voisin des Delay


Le président lit, à la demande de Me Forster, l’interrogatoire de Dany Camporini, ex-voisin des Delay.

Dany Camporini a eu un fils avec Vanessa Bolard, a vécu un peu avec elle dans la Tour du Renard, puis le couple s’est séparé.

Dany Camporini (PV) : « Vanessa m’a parlé du godemiché long et rose qui fonctionnait avec des piles … »


Dany Camporini (PV) :  » … je pense que c’est Myriam qui lui a offert, on ne s’attendait pas à ça. »


Dany Camporini (PV) : « à la Tour du Renard, il n’y avait que moi comme Dany ».


L’audience est suspendue jusqu’à 14 heures. On entendra alors un psy en visioconférence. Puis, plaidoiries des parties civiles.

L’audience est suspendue, reprise à 14h

Une réflexion au sujet de « Outreau – Procès de Rennes – Mercredi 3 juin 2015 – Audition des derniers experts – Tweets de la salle d’audience »

  1. Le président annonce qu’il a reçu hier un courrier avec le livre de Marie-Christine Gryson « Outreau, la vérité abusée ». – incroyable comme « hasard » ..…ce jour là et pas un autre..…
    Pas de notion de troubles psychiatriques endogènes – j’aime bien le mot « notion »
    La question de Patrice Reviron est importante mais la réponse ne va pas loin.
    Emeline Delay – Quelque chose ne va pas là, elle est dans le déni ou alors vraiment il ne s’est rien passé, difficile de savoir je trouve.
    les expertises n’ont pas été très loin dans les recherches, pas très poussé, mais il semble que monsieur Legrand a toute sa tête donc ilest capable de reconnaitre certaines choses comme les mensonges – ce qu’il a fait, mais le reste ? la drogue etc… n’arrange pas le cerveau non plus et cela est une chose certaine à ne pas mettre de coté. Elle peut pousser une personnes faire n’importe quoi surtout en manque. Trop tard pour une nouvelle expertise et cela aussi dommage. Pas très concluant.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.