14/ La valeur de la sanction pour l’agresseur et la victime par Questions d’inceste

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La sanction n’a de valeur thérapeutique ni pour le père ni pour l’enfant, comme une certaine presse ou certaines expertises psychiatriques voudraient le laisser croire. C’est une peine infligée à un coupable donnant à l’enfant la reconnaissance de son statut de victime et l’une des réponses qui l’aideront à s’engager dans la voie de la cicatrisation de ses blessures. Si elle n’est pas un soin, elle peut avoir un effet bénéfique pour aider le sujet meurtri à se reconstruire. Cette sanction peut être vécue comme injuste ou inutile par certaines victimes.
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Autres billets sur le livre
Questions d’inceste
1/ Questions d’inceste de G. Raimbault, P. Ayoun, L. Messardier
2/ L’inceste séducteur, le père avec la fille
3/ La pianiste de Michael Haneke
4/ L’inceste avec violence, le viol incestueux
5/ Une conception réductrice de l’inceste
6/ La rupture du lien de filiation
7/ Les réactions au traumatisme
8/ La sidération et l’impossibilité de dire
9/ Ces mères qui n’ont pas réussi, ou pas voulu, ou pas su éviter l’inceste
10/ L’identité désorganisée des pères séducteurs
11/ Pourquoi les incestueurs en appellent-ils à l’insatisfaction conjugale ?
12/ L’interprétation du consentement par l’incestueur

15/ La tragédie grecque et la littérature
16/ L’autonomisation
13/ L’atteinte narcissique et la culpabilité pour la mère
17/ Le devenir des pères agresseurs en prison

18/ Le pardon
19/ Anaïs Nin, un inceste choisi
20/ Deux sœurs dans les viols par inceste
21/ La recherche de sens – La valeur de l’écrit

Outreau, un fiasco médiatique par Gilles Antonowicz

07 Juillet 2004
Supprimons les cours d’assises et remplaçons-les par un tribunal de journalistes, telle est à l’évidence la leçon du récent procès d’Outreau !
Par les temps qui courent, qui, en effet, mieux que nos chroniqueurs judiciaires paraît apte à rendre la justice ?
Certainement pas trois magistrats nécessairement chargés d’étouffer la vérité, flanqués de neufs jurés populaires. par définition incompétents [ … ]. Voilà nos Rouletabille qui, sans rien connaître du dossier d’instruction, rien d’autre en tout cas que ce que veulent bien leur en dire les avocats consultés, décrètent l’innocence de la plupart des accusés – à tort ou à raison, tel n’est pas ici mon propos.

Forts du pouvoir incontestable que leur procurent leurs tribunes écrites ou audiovisuelles, nos chroniqueurs judiciaires nagent dans la toute-puissance. On voit même un journaliste du Monde écrire que si les débats avaient eu lieu à huis clos, en l’absence de la presse, la vérité et le scandale n’eussent pas pu éclater! [ … ]
L’avocat que je suis connaît bien la complexité des dossiers pénaux en de telles matières … Je n’ai qu’une certitude : le vacarme de la presse devient insupportable dans les prétoires. Markovic, Alègre, Carpentras, aujourd’hui Outreau, ça suffit !

La présence des chroniqueurs partisans est manifestement incompatible avec la sérénité dont la justice a besoin. L’appel désormais possible des verdicts de cours d’assises va très vraisemblablement conduire demain à un nouveau procès. 
Je ne saurais trop conseiller aux avocats de la partie civile – n’en déplaise à certains – de demander le huis clos.

Gilles Antonowicz, Agressions sexuelles, la réponse judiciaire, Paris, Odile Jacob, 2002
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Autres billet sur l’affaire d’Outreau
7/11/2011 – Affaire Outreau : Myriam Badaoui a été libérée Par Jean-Michel Décugis, Adriana Panatta et Aziz Zemouri