Colloque : Mémoire traumatique et violences sexuelles – Conséquences psychotraumatiques

Prochain colloque de
l’Association Mémoire Traumatique et Victimologie
Le 10 novembre 2010 à Bourg la Reine,
à l’Agoreine
à 2 mn de la station Bourg la Reine du RER B
Mémoire Traumatique et Violences Sexuelles
Conséquences psychotraumatiques

Et comment les représentations sociales sexistes sur les femmes, les stéréotypes sur la sexualité des femmes et des hommes banalisent et rendent possibles les violences sexuelles
Et comment les conséquences psychotraumatiques des violences sexuelles participent à des représentations inappropriées et trompeuses de la sexualité des femmes et des hommes et sont à l’origine de nouvelles violences

• Représentation de la pièce de Pia Divoka « SOLINGE »
avec Laurence Vielle (actrice)
et Jeanne Added (auteure compositrice et interprète)
• Participation prévue de Voix de Femmes pour un SLAM sur les mariages forcés
• Participation des éditions Des ronds dans l’O
(BD « En chemin elle rencontre… », panneaux d’exposition)

• Participation de victimes de violences sexuelles : d’inceste, de mutilation sexuelle, de mariage forcé, de violences sexuelles au travail (témoignages, lecture de texte), de situations prostitutionnelles

• Exposition de sculptures de Muriel Salmona : Corps dissociés, corps rassemblés
Des précisions suivront sur le programme précis, les intervenants et les témoignages
Le colloque se déroulera de 9 à 17 h
À propos de la pièce Solinge :

« Géologie de l’intime. La vie de Ludile, jeune fille de 19 ans, bascule ce fameux jour où derrière la porte vitrée d’un immeuble, lui, l’homme, l’autre, celui qui n’a pas de visage, la viole.
Après avoir écrit et dit ce que personne ne veut entendre, Ludile deviendra Solinge pour exister à nouveau, pour « déplacer les montagnes«  de la vie. »
Arcadi production en 2007 et en 2008
« Je suis là avec moi, avec vous. Parfois j’exulte. Simplement d’être là. » Ces mots se projettent, glissent lentement sur le mur de l’Atelier du Plateau. Les lisant, on croit entendre une respiration qui va se rassurant. Ces mots-là sont les dernières lignes de Solinge, récit de Pia Divoka dont la teneur autobiographique saute au cœur. Une langue vraie, arpentant l’intime et la peur sans surplus de détails complaisants. (…) Ce texte, c’est la comédienne Laurence Vielle qui le délivre, au sens premier du mot. Singulière, précieuse elle ne laisse pas en paix son auditoire, qui met en exergue aigu chaque interrogation de l’auteure sur le non-dit du viol creusant plus avant la douleur. Le corps de la comédienne semble tressaillir des mots de Pia Divoka. Laurence Vielle a une voix, une gestuelle, des pas rares, inénarrables, piqués d’une étrangeté ludique. Et peut-être à cette lisière fragile entre interprétation et empathie. Avec fermeté, elle nous inscrit dans le mouvement, l’effort, le cri longtemps souterrain de Ludile, devenue Solinge, pour remonter à la surface du silence.
Aude Brédy L’Humanité.

« Désormais elle est deux. Superposées, l’une à l’autre, inséparables. L’une dedans qui respire mal, l’autre dehors qui sourit. C’est plus compliqué pour passer les portes mais c’est nécessaire pour survivre. »

Solinge, Pia Divoka
« Elles ont toutes les deux un souffle, une voix rare. De la voix de l’une, l’urgence à dire les mots de Pia Divoka, mélés à la voix de l’autre, un bruissement mélancolique et délicieusement chanté. lecture de Laurence Vielle et chansons de Jeanne Added. »
Lecture par Laurence Vielle et chansons de Jeanne Added.

Présentation de la pièce lors du festival 40 ans de Paris 8 : « Poétique de printemps » à La Cartoucherie de Vincennes (10 mai 2009)
Pour plus amples informations sur ce colloque, cliquez sur la sculpture
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Autres billets de Muriel Salmona
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11 mars 2010 – Colloque « Viols et aggressions sexuelles : comprendre pour agir » Extrait intervention de Muriel Salmona
Elles crèvent d’être enfermées dans un no man’s land, de devoir se taire à cause de la honte et de la culpabilité
RFI – État des lieux de la situation des droits de l’enfant dans le monde
°/ La mémoire traumatique
Mécanismes des violences : quelles origines ?

Ce qui se passe dans notre cerveau quand on est confronté à une grande peur – par Vincent Corbo

A propos de la révision des condamnations pénales par Michel Huyette

Jeudi 15 avril 2010
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Deux dossiers ont été examinés ces jours-ci, qui ont, c’est rare, abouti tous les deux à une décision de révision.
…/…

Dans l’autre un homme avait été condamné pour viols sur une adolescente qui des années plus tard est venue dire qu’il n’était pas son agresseur. La commission de révision avait relevé que que « il ressort des diligences menées qu’E… Y… a, à plusieurs reprises depuis septembre 2007, mis hors de cause L… X…, lors de ses auditions par des militaires de la gendarmerie puis par le conseiller rapporteur, que ces déclarations s’inscrivent, selon l’expert psychiatre, dans un contexte de grande souffrance, les raisons de son changement de version étant une recherche d’apaisement de sa souffrance psychique ; qu’en outre, les vérifications effectuées ont fait apparaître que la jeune femme pouvait parfois fabuler, puisqu’elle avait portée sur plusieurs personnes des accusations qui s’étaient ensuite révélées non fondées, l’enquête ayant montré notamment qu’elle avait inventé une agression dont elle avait dit avoir été victime le 3 septembre 2003 ». La cour de révision a été du même avis. L’intéressé a été remis en liberté.
…/…

Ce qui est troublant, mais délicat à analyser quand on ne connaît pas le dossier écrit et que l’on n’a pas assisté aux audiences de la cour d’assises, c’est de rapprocher d’un côté les déclarations de culpabilité et les sanctions prononcées, et d’un autre côté la motivation de la décision de la commission de révision.
Celle-ci a en effet écrit, notamment, que l’adolescente était « considérée comme crédible » par les 4 experts qui l’ont examinée alors qu’étaient relevées dépression et anorexie mentale, que d’autres fois elle avait accusé des tiers d’agressions sexuelles mais sans que rien ne soit prouvé, qu’après ses nouvelles déclarations mettant le condamné hors de cause aucune confrontation n’a pu être réalisée à cause des troubles de la jeune fille, que c’est dans un hôpital qu’elle a été entendue ce qui signifie que ses troubles sont malheureusement anciens et profonds, que lors de cette audition elle a donné à certaines questions des réponses très confuses, l’expert dernièrement saisi étant réservé sur sa crédibilité.
Dans ces mêmes motifs, qui certes ne résument que succinctement l’historique de l’affaire, il n’est écrit nulle part que la dénonciation de la jeune fille contre l’accusé ait été étayée par d’autres éléments.
La tentation est donc forte de conclure que l’accusé qui niait les agressions reprochées a été condamné sur la seule affirmation d’une jeune fille perturbée, qui avait déjà accusé à tort d’autres personnes, et sans que les propos de cette dernière ne soient confortés par d’autres éléments solides (3). Alors, procès bâclé, décision aberrante ?
Ce serait sans doute aller un peu vite.
Surtout, les deux procès ont eu lieu devant la cour d’assises. Cela signifie que l’accusé a été jugé la première fois par 12 personnes, dont 9 jurés, et la seconde fois par 15 personnes dont 12 jurés (art. 296 du cpp). Les votes en faveur de la culpabilité ont, conformément à la loi, été forcément ceux d’un minimum de 8 personnes la première fois, et 10 la seconde (art 359 du cpp). Autrement dit, 18 personnes au minimum, dont une majorité des jurés à chaque fois, ont estimé, dans leur intime conviction, que les charges étaient suffisantes pour déclarer l’accusé coupable, après avoir entendu tous les arguments pour et contre, pendant plusieurs jours, notamment l’avocat de l’accusé qui a certainement souligné la fragilité de la dénonciation et, si tel est bien le cas, l’absence d’autres éléments véritablement probants, et après avoir eu tout le temps nécessaire pour en délibérer et se décider.
Alors pourquoi deux décisions successives de culpabilité si le dossier était, supposons le pour la suite de la réflexion, aussi faible au niveau des charges ? Il est encore plus délicat de répondre à cette interrogation, seules quelques pistes de réflexion pouvant être prudemment suggérées.
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