L’heure du bain a sonné ! – questionnement sur la mère – sur le blog : Mon enfance meurtrie

15 juillet 2011
A ce jour, je me demande pourquoi elle trouvait cela normal. je veux dire par là, pourquoi elle ne me surveillait pas et trouvait naturel que mon beau-père me touche, et ce, jusqu’à mes treize ans révolus ?
Comment ne pas se douter surtout si la porte est fermée ?
Il n’y a qu’une réponse qui me vient à l’esprit quand j’écris cela, elle le savait qu’il me touchait et cela devait lui convenir. Fermer les yeux afin de pouvoir continuer sa vie sans se soucier d’une bonne à rien qu’elle n’avait jamais voulu. Je n’étais qu’un boulet à ses yeux. De me dire que celle qui m’a fait naître n’éprouvait aucun sentiment à mon égard, me déchirait le cœur. Je n’étais pas un cadeau du ciel. Afin d’être punie elle m’a donné à ce montre pour avoir la paix et de pouvoir continuer à vivre comme si de rien n’était, tranquillement.
Je sursautais quand je le vis pénétrer dans ma chambre pour me tirer de force par mes cheveux châtains longs afin de m’emmener dans la salle de bains.

Il m’ordonna de me déshabiller. Un nuage de terreur emplit tout mon corps. Une fois de plus, je me retrouve seule avec lui et je ne suis point rassurée. Il me fusille de son regard noir qui me donne la chair de poule. Je prie tout en espérant un miracle mais il ne se passe rien. Je recommence tout en obéissant à mon tortionnaire. Je suis tétanisée. Transie de froid, tremblante, j’ôte mes vêtements que je pose délicatement dans le panier à linge. Je n’ai qu’une envie : HURLER ! Oui, crier de toutes mes forces : « AU SECOURS ! ». Aucun son ne peut sortir de ma bouche. J’ai la gorge nouée, serrée : « Seigneur, si tu m’entends viens à mon aide. Je t’en conjure, je ferais tout ce que tu veux mais pas ça ! Empêche-le de me toucher ». D’un coup, je l’entends me dire :
Tu vas te dégrouiller, oui ? Je n’ai pas que ça à faire, sale gosse. Je dois m’occuper de tout dans cette baraque !
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Une QPC à propos de la définition de l’inceste dans le code pénal par Michel Huyette

Mardi 12 juillet 2011
Comme nous l’avions signalé sur ce blog (lire ici), le Parlement est intervenu par une loi de février 2010 pour ajouter dans le code pénal, après la définition du viol, un article 222-31-1 du code pénal spécifique à l’inceste (texte ici), qui est rédigé ainsi :

« Les viols et les agressions sexuelles sont qualifiés d’incestueux lorsqu’ils sont commis au sein de la famille sur la personne d’un mineur par un ascendant, un frère, une sœur ou par toute autre personne, y compris s’il s’agit d’un concubin d’un membre de la famille, ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait ».

Comme cela a déjà été souligné dans le précédent article auquel il est renvoyé, la définition retenue dans cet article va bien au-delà de la définition juridique habituelle de l’inceste.

Mais en plus, et c’est ce qui nous intéresse aujourd’hui, le nouvel article 222-31-1 ne fixe pas les limites de la notion de « famille », puisqu’il mentionne un vaste « toute autre personne » ayant sur le mineur une autorité de droit ou de fait.

Mais de qui est composée une « famille » ? On constate en se plongeant dans les dictionnaires que la plupart d’entre eux en proposent plusieurs définitions, de la plus restrictive à la plus large. Il ne semble pas exister une unique définition de la famille pouvant servir de repère fiable aux lecteurs du texte.

La « famille » visée à cet article comprend au moins les parents et les grands-parents, qui sont les « ascendants », ainsi que la fratrie que forment les frères et sœurs. Il faut donc aller chercher au-delà de ce premier cercle qui sont les « autres personnes ».

La « famille » au sens de 222-31-1 comprend probablement les oncles et les tantes qui sont les plus proches du premier cercle, ainsi que les neveux et les nièces.

Mais la « famille » est-elle plus large que cela ? Les cousins issus de germain (les descendants des cousins) en font-ils partie ? Et les frères et sœurs des grands-parents, sont-ils dedans ? Et la fratrie des oncles et des tantes ?

Et d’autres plus éloignés encore, avec qui les parents peuvent avoir des relations amicales même s’ils ne sont pas dans le premier cercle généalogique, et à qui il peut arriver qu’ils confient ponctuellement l’un de leurs enfants ?
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Autres billets concernant la jurisprudence judiciaire du 22 juin 2011
22 juin 2011 – Jurisprudence judiciaire sur la loi de février 2010 sur l’inceste
17 février 2012 – QPC – Définition du délit d’atteintes sexuelles incestueuses