Michelle – Le refuge

Il y a ce petit trou dans ma tête et ce petit trou noir, c’est mon refuge.
Quand je dis que ce petit trou est mon refuge, c’est mon évasion. Mon île perdue au milieu de nulle part où personne ne peut me joindre. Du moins c’est ce que j’en déduis.
Je ne sais pas trop si sur mon île je suis bien ou si je suis mal, j’y suis, point. Les lumières s’éteignent, le silence plat se fait, les angoisses disparaissent en un éclair.
Comment je m’y rends ? Je ne le sais plus. J’ai fait tant de fois ce trajet et pourtant, je ne sais toujours pas ce qui m’y mène.
Si je vous parle de ça, c’est qu’hier soir j’en ai pris conscience. Au fil de réflexions sur tout ce que j’ai lu ces derniers jours, en particulier le mémoire d’Emmanuelle, je me suis posée des tas de questions.
Cette mémoire que je cherche tant à retrouver, ces souvenirs de mon enfance perdus, je crois les avoir cachés dans ce petit trou noir.
Quand je n’aime pas ce qui se produit autour de moi, hop! Je m’y réfugie.
Je n’y avais pas porté attention avant, c’est devenu une seconde nature pour moi. Depuis toute petite je crois que j’y vais et j’en reviens dans le plus grand des naturels, sans même m’en rendre compte. On ne se rend pas toujours compte de mon absence et ensuite on se demande pourquoi je ne me souviens pas de ce qui s’est dit. Peu importe que ce soit un évènement du jour, il est dans mon petit trou noir. Du moins, c’est ce que j’en conclue.

À ce que j’ai compris, ce serait le stress qui causerait mes escapades. Je n’en sais rien, pour moi c’est tellement devenu de l’ordre de l’automatisme que je ne peux pas faire la différence entre une fois et l’autre. J’ai déjà pensé que j’étais lunatique, on me parle et je quand je décroche, on me ramène, agacé de cette fuite. C’est vrai que c’est agaçant, pour l’autre parce que t’as l’impression de ne pas être écouté et pour moi parce que je ne me souviens pas de ce qui s’est dit. En fait, ça m’arrange, je ne veux ni être là, ni entendre ce qui se dit.

La question que je me pose est, est-ce que c’est devenu si normal de le faire que j’en suis devenue à le faire tout le temps, peu importe les situations ?
Je sais que souvent je perds le fil, j’oublie des tas de choses, des détails de discussions, des informations… si je pouvais juste mieux gérer ces absences, du moins éviter de prendre la fuite au moindre prétexte.
Probable que l’oubli m’a sauvé la peau à maintes reprises et c’est bien ainsi après tout.


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Michelle – La peur
Michelle – Dessin n°4 – Moi et l’autre

Le commentaire soi-disant perdu

Posté le 18 novembre 2012 par Althaea OFFICINALIS
Sur le billet : 3/ La dissociation structurelle de la personnalité
La traduction précise du titre original du livre de Onno van der Art est « assiégé » et pas hanté.
Le traducteur du néerlandais au français François Mousnier-Lompré, psychologue et psychothérapeute comme nous l’annonce l’éditeur, a-t-il voulu renvoyer d’autorité française à l’oeuvre de TOROK et ABRAHAM, avec force cryptes et fantômes ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A1ria_T%C3%B6r%C3%B6k

Des précurseurs francophones, psychanalystes encore dans les années 60 à 90, hongrois comme FERENCZI qui ont traité à sa suite différemment la question du traumatisme, commençant enfin à oser penser le transgénérationnel, comme le fit NAGY-BOZORMENYI dans la thérapie contextuelle.
http://www.systemique.be/spip/article.php3?id_article=273
Mais je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans n’ont pas besoin de connaitre.
Zappez lire  van der Hart directement, ça sera l’utile attitude aujourd’hui 🙂
Et comme on n’est pas à la fête foraine, utile d’en rajouter dans une terreur sur fond de vampires (ne pas voir non plus Gérard LOPEZ http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Vampirisme_au_quotidien), qui ne peut que détourner de ce travail d’orfèvre de rassemblement des parties (partie = deel, delen au pluriel qui connote beaucoup mieux en néerlandais parce que les parties génitales se dit autrement).
Une oeuvre d’apaisement généralisé donc pour lequel le terme de ‘guérison’ dans le même ordre d’idée critique est inadapté.
Le terme de premier choix étant systématiquement celui qui est le plus « neutre » de façon à convenir en plus petit dénominateur commun au plus grand nombre dont une majorité grandissante se fiche du tiers comme du quart de la spiritualité et ne s’en porte pas plus mal !
Moins de structure, plus de dangers de confusion, mais moins de voies sans issue… avec la porte ouverte sur l’innovation (participative, c’est très tendance).
Mon avis et je le partage.
Pour la petite histoire j’ai dès les années 90 été fondateure et seule membre d’une association de fait :
« Les psychotiques homéorhétiques réunis »
une trouvaille précurseuse en forme de blague qui a le don de me mettre encore et toujours en joie !
That’s all folks.
Le premier qui me demandera ce qu’est l’HOMEORHESIE aura gagné un bon point virtuel (circuit de la récompense oblige).
Une de mes fiertés d’avoir créé ce néologisme issu de la dynamique des fluides qui a mis 20 ans à atteindre Wikipedia par la bande des nouvel âge sans que j’y fasse rien que de ne pas réussir à vendre ce concept très riche, ni aux professionnels de la santé, ni aux thérapeutes, ni aux sociologues et autres économistes, est qu’il me porte pourtant de jour en jour.

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