Des ateliers d’Art-Thérapie pour les personnes migrantes

LE migrant. Sculpture de Bruno Catalano. Venise.
Il s’agit de proposer un accompagnement multiple à un public de migrants confrontés à l’exil, aux persécutions ethniques, à la guerre et à la torture, à la précarité, aux violences politiques et sociales. Face au trauma, aux expériences extrêmes engageant le social, l’art-thérapie peut constituer une approche originale et novatrice favorisant la mise en place de différentes formes de narrativité : verbale, plastique, dramatique. Les médiations artistiques peuvent aider à explorer différents aspects du vécu interne des acteurs par la médiation d’un filtre permettant de contourner la confrontation directe à la remémoration traumatique.
A RIVO, Miguel peut dessiner, faire de l’artisanat, jouer avec de la pâte à modeler et bénéficier d’un soutien avec son thérapeute qui l’aide à surmonter ses craintes. « Les problèmes de santé mentale peuvent être un concept abstrait pour les personnes qui ne sont pas en contact direct avec les réfugiés souffrant de problèmes psychologiques », explique Véronique Harvey, porte-parole de RIVO et elle-même thérapeute.
« Il est important d’accroître la sensibilisation aux blessures émotionnelles de manière à les rendre visibles aux yeux du grand public et des gouvernements. »

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Plus de deux millions investis dans les soins de santé mentale pour les demandeurs d’asile

Plus de deux millions investis dans les soins de santé mentale pour les demandeurs d’asile
Agence Belga
le 13 avril 2018
Le secrétaire d’Etat Theo Francken (N-VA) va consacrer 2,3 millions d’euros, provenant du fonds européen AMIF, aux soins de santé mentale pour les demandeurs d’asile. Sur son blog, https://www.theofrancken.be  M. Francken parle d’un « grand pas en avant ».
De nombreux demandeurs d’asile qui arrivent en Belgique proviennent de pays déchirés par des conflits. Ces personnes ont parfois assisté à des bombardements, des actes violents ou vécu des expériences traumatisantes.
Afin de leur fournir un meilleur accompagnement psychologique, le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration a décidé de libérer 2,3 millions provenant du Fonds Asile, Migration et Intégration (AMIF) de l’Union européenne.
La Croix Rouge, Rode Kruis Vlaanderen et le Centre Neuro Psychiatrique Saint-Martin vont notamment recevoir des moyens pour mettre sur pied des équipes mobiles d’assistance psychologique. La KUL (Université de Louvain) sera aussi soutenue, via le projet ResCareRefugees, afin de proposer un service résidentiel de traitement thérapeutique spécialement destiné aux enfants provenant de zones de conflits. L’hôpital psychiatrique Saint-Alexius de Grimbergen bénéficiera quant à lui de fonds pour proposer des traitements sur mesure, a détaillé M. Francken. (Belga)

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Du Mali au CAP plomberie, itinéraire tortueux d’un mineur isolé

Du Mali au CAP plomberie, itinéraire tortueux d’un mineur isolé
par Vice news
Élise Blanchard
nov. 10 2017
Rencontre avec Seydou, un mineur non-accompagné arrivé seul à Paris en septembre 2016, qui est un des rares à avoir réussi la transition de la rue au lycée.
Seydou* a eu beau brandir son acte de naissance, répéter qu’il est né le 10 octobre 2000, qu’il a 16 ans, ses efforts sont restés vains. En l’espace de moins d’un an, les services français et les juges régissant la prise en charge des mineurs isolés étrangers ont changé d’avis trois fois. Sa minorité a d’abord été démentie, puis son âge a été évalué à 17 ans, avant d’être à nouveau déclaré majeur. Il s’est alors retrouvé à la rue.

Comme des centaines de mineurs isolés étrangers chaque année, Seydou a été rejeté et relayé au statut de fantôme sans âge par la machine de l’évaluation des mineurs non accompagnés. Ce jeune Malien, arrivé seul à Paris en septembre 2016 après un voyage de deux mois, a quitté son pays pour venir en aide à sa famille. Aujourd’hui en CAP d’installation sanitaire à Pontoise, il est l’un des rares mineurs isolés ayant réussi la transition de la rue au lycée.

Assis dans un café le mois dernier, Seydou brandit fièrement son emploi du temps et ses exercices de dessins de génie civil en souriant. Élève très appliqué, aujourd’hui premier ou deuxième de sa classe malgré des années de retard à rattraper, Seydou a choisi de devenir plombier. Un parcours rare, pour un jeune arrivé seul en France. L’école lui a redonné le sourire, mais il revient de loin.

« J’ai cru que j’allais mourir »

Ce jeune au visage poupin, et aux yeux doux encadrés par de petites lunettes noires, vient du sud du Mali, où sa famille survivait tant bien que mal grâce à une petite parcelle de terre et quelques vaches.
Seydou est le seul des trois enfants qui parvient à être scolarisé au Mali. Mais en 2012, il doit interrompre ses études, après le décès de son père. La situation de sa famille empire, et quelques années plus tard, inquiet pour sa mère et ses deux petits frères, il décide d’entreprendre le périple vers Europe pour étudier et gagner assez d’argent pour les aider.
« J’avais eu peur qu’à la fin on n’ait plus à manger. Et si on tombait malade, on ne pouvait pas se soigner », se souvient-il.

Le voyage vers la France a été un enfer. En Libye, il doit travailler pour financer la traversée de la Méditerranée. Puis, entassé avec 105 personnes dans un Zodiac gonflable, Seydou doit rester debout pendant tout le voyage, au centre, pour éviter que le bateau ne chavire. « J’avais mal à mes pieds, on vomissait, j’ai cru que j’allais mourir. » Par chance, un bateau italien vient les secourir après trois jours de voyage.
À son arrivée en Italie, Seydou est accueilli dans un foyer pour mineurs, reçoit des cours d’italien, passe une visite médicale. Mais il veut rejoindre la France, pays dont il comprend la langue. « Quand j’étais en Afrique, je pensais qu’en Europe tout le monde parle français. »

Il arrive à Paris en septembre 2016. À la Gare du Nord, un homme lui donne l’adresse du CEMIE 95, le centre d’évaluation des mineurs isolés étrangers à Cergy Pontoise, qui doit déterminer leur minorité et isolement — conditions nécessaires à la prise en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE).

« J’ai regretté d’être venu en France »

Selon la loi, après s’être présentés dans un centre d’accueil, les mineurs non accompagnés doivent être mis à l’abri pendant 5 jours, le temps de « la réalisation de l’évaluation de la minorité la plus étayée possible », par une équipe pluridisciplinaire et basée sur « un faisceau d’indices ». En France, les mineurs non accompagnés ne peuvent pas être expulsés et ont théoriquement les mêmes droits qu’un enfant français dans une situation similaire.

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