Des ateliers d’art-thérapie pour les personnes migrantes

Campagne de dons pour une exposition d'œuvres réalisées par des personnes réfugiées

L’association Art-Thérapie Virtus dispense des ateliers à médiations artistiques auprès des personnes réfugiées de l’association Aurore.
Nous avons travaillé tous les dimanches des mois de février et mars. La réunion des musées nationaux – La Rmn-GP – nous a confié une mallette pédagogique pour deux mois. Les reproductions de tableaux nous ont permis de faire approcher aux personnes réfugiées l’art français tout en travaillant les matières et les mouvements.

Nous organisons une exposition le samedi 8 juin 2019 lors des portes ouvertes du quartier des Sept Arpents à Pantin. Pour ce faire, nous avons besoin de matériel. Merci de votre participation !

Propulsé par HelloAsso
LE migrant. Sculpture de Bruno Catalano. Venise.
Il s’agit de proposer un accompagnement multiple à un public de migrants confrontés à l’exil, aux persécutions ethniques, à la guerre et à la torture, à la précarité, aux violences politiques et sociales. Face au trauma, aux expériences extrêmes engageant le social, l’art-thérapie peut constituer une approche originale et novatrice favorisant la mise en place de différentes formes de narrativité : verbale, plastique, dramatique. Les médiations artistiques peuvent aider à explorer différents aspects du vécu interne des acteurs par la médiation d’un filtre permettant de contourner la confrontation directe à la remémoration traumatique.
A RIVO, Miguel peut dessiner, faire de l’artisanat, jouer avec de la pâte à modeler et bénéficier d’un soutien avec son thérapeute qui l’aide à surmonter ses craintes. « Les problèmes de santé mentale peuvent être un concept abstrait pour les personnes qui ne sont pas en contact direct avec les réfugiés souffrant de problèmes psychologiques », explique Véronique Harvey, porte-parole de RIVO et elle-même thérapeute.
« Il est important d’accroître la sensibilisation aux blessures émotionnelles de manière à les rendre visibles aux yeux du grand public et des gouvernements. »

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Donateur pour nos ateliers

Nous avons réalisé un village d'argile avec les personnes réfugiées abritées par l'association Aurore au cours d'un atelier en cinq séances et une trentaine de participants.

Pour, de nouveau cinq séances, et une quinzaine de participants, nous avons réalisé un paysage de sable sur carton plume.
Travailler sur le sentiment de perte incommensurable
Travailler sur l’éphémère est peu indiqué pour des personnes qui ont tout perdu. Nous ne sommes pas face à une difficulté névrotique de renoncer à l’objet parental mais à une expérience de trauma même si celui-ci vient toujours s’inscrire dans une histoire individuelle, familiale et groupale. Il s’agit donc au contraire de travailler sur ce qu’on peut garder, sur ce qui est susceptible d’être sauvegardé malgré tout, sur la réparation possible en tant que sur le deuil de ce qui est perdu à tout jamais. Coller le sable quitte à ce qu’une quantité superflue disparaisse, ne pouvant pas de fait rester collée, permet de montrer qu’une base est toujours là au risque de devoir composer avec des pertes. Par contre, créer une œuvre et la détruire ne saurait participer à un travail de symbolisation étant données les angoisses massives des participants.

De petites séances de Danse-Énergie-Thérapie – DET

La Danse-Energie-Thérapie (DET) est une proposition thérapeutique à travers la danse qui intègre également une dimension énergétique par son approche de techniques orientales comme l’aïkido et le qi gong centrés sur le souffle, dans une unité harmonieuse corps-âme-esprit. La DET cherche à éveiller en chaque être le désir de s’exprimer, de créer et de communiquer.

Soigner les traumatismes des réfugiés de guerre


Bruno catalano – Les mains
06/10/2017
ledailypsy
Depuis six ans, plus de cinq millions de Syriens fuient la guerre qui a fait des centaines de milliers de victimes dans leur pays. Lorsque certains se résignent à se réfugier dans un foyer d’un territoire voisin, d’autres risquent leurs vies en traversant la mer afin d’atteindre les côtes européennes. De nombreuses associations et équipes de bénévoles se mobilisent pour offrir aux exilés une aide de base, mais cela suffit-il à soigner leurs blessures de guerre, tant physiques que psychologiques ?
Dans son reportage La santé mentale des réfugiés, un problème négligé en Europe, datant du 9 mars 2016, le service de nouvelles et d’analyses humanitaires IRIN constate que, malgré la présence d’équipes de psychologues et de conseillers bénévoles accueillant les réfugiés syriens, la mise en place de ces structures restent rares et rencontrent plusieurs difficultés à soigner les traumatismes des patients. Au manque de temps et d’argent s’ajoutent les barrières linguistique et culturelle qui empêchent d’appliquer fondamentalement les moyens thérapeutiques pour travailler avec les réfugiés. Et pourtant, pratiquement tous sont victimes de névroses traumatiques.

Des séquelles psychologiques ancrées dans leurs corps

Arrivée sur l’Île de Lesbos, Hayat, une jeune femme syrienne, ne comprend pas pourquoi ses mains sont paralysées. Ce syndrome de stress post-traumatique se retrouve chez d’autres réfugiés, se manifestant de différentes manières.
Altération de la mémoire, cauchemars, flashbacks, insomnies, délires de persécution, phobies, obsessions, dépression, modification du caractère et de la personnalité, inhibition intellectuelle, perturbation neurovégétative… les symptômes traumatologiques sont divers et s’aggravent à mesure que le patient n’est pas pris en charge. Et pourtant, lorsque la possibilité d’apporter des soins psychologiques aux réfugiés se présente, ces derniers refusent parfois catégoriquement d’en recevoir.

Ne pas vivre, mais survivre

Pour leur article intitulé Liban : soigner les blessures psychologiques des enfants réfugiés syriens, publié le 9 janvier 2017, les journalistes Rime Abdallah et Constance Léon rencontrent la psychologue Monette Kraitem qui travaille avec les réfugiés syriens des camps situés dans la zone de Zahlé, au Liban. La spécialiste affirme que de nombreux réfugiés rejettent les aides psychothérapeutiques qu’on leur propose car ils préfèrent d’abord se nourrir correctement avant de s’occuper de leur état mental, négligé par plusieurs d’entre eux. Pour Jean-Baptiste Pesquet, chercheur à l’Institut Français du Proche-Orient, spécialiste des réfugiés syriens au Liban :

« Accepter un soutien psychologique signifie reconnaître que les réfugiés ne sont pas de bons parents. D’une part, parce qu’ils ne parviennent pas à offrir ce dont leur enfant a besoin et d’autre part, parce que reconnaître que son enfant a des “problèmes” revient à dire que ce sont eux, les parents, qui lui ont transmis et qu’ils ont donc, eux-mêmes, des problèmes psychologiques ».

D’autres réfugiés, à la recherche d’un travail et débordés par les problématiques bureaucratiques dans leur pays d’accueil, ne parviennent pas à se consacrer du temps pour entamer un travail psychothérapeutique.

Un manque de confiance

Il est difficile pour la plupart des réfugiés de se confier à des inconnus, dans un pays qui n’est pas le leur. Certains d’entre eux se sentent même persécutés au point de penser que si ils parlent, ils se mettent en danger de mort. Ce refus de soutien psychologique pousse certains réfugiés à nier leur traumatisme.
Le manque de confiance ne provient pas seulement des Syriens, mais également des habitants des territoires voisins qui accueillent les réfugiés de guerre. Au Liban, les campements se situent dans des villes pauvres. Les habitants libanais ont du mal à accepter d’apporter de l’aide aux réfugiés lorsqu’eux-mêmes sont, pour la plupart, confrontés aux problèmes de chômage et de précarité. Ce rejet de leur part incite les Syriens à se refermer davantage sur eux-mêmes et à renforcer leurs sentiments d’impuissance et de solitude, ce qui ne favorise pas la communication et aggrave par surcroît leur santé mentale.
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De nouvelles méthodes pour travailler avec les patients

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D’autres organismes mettent en place des moyens thérapeutiques non spécifiques au traitement des traumatismes, comme par exemple à Outremont, au Canada, où l’organisme Hay Doun a fait découvrir cette année l’art-thérapeutique à des enfants réfugiés syriens afin qu’ils apprennent à exprimer leurs émotions ressenties pendant la guerre à travers l’art. Lorsque les mots manquent, les images sont toujours là…

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Echouées à Athènes, les femmes réfugiées s’émancipent et se reconstruisent


06/03/2019
Source AFP
Place Victoria, dans un quartier multi-ethnique du centre d’Athènes, les poussettes s’entassent devant l’entrée de l’ONG Amurtel. Les femmes réfugiées, souvent opprimées dans leur pays d’origine, y viennent pour se reconstruire et s’émanciper.

« En Grèce, s’ouvre une nouvelle vie pour moi, pleine d’opportunités mais aussi de difficultés. J’ai envie de les dépasser, d’avoir un meilleur avenir, de soutenir ma famille, de ne plus dépendre d’aucun homme. »

Noussra Ahmadi, son bébé de sept mois dans les bras, s’installe dans une pièce pleine de réfugiées qui assistent au cours prodigué sur les besoins nutritionnels des enfants. Cette Afghane, arrivée il y a un an et demi en Grèce, se rend depuis plusieurs semaines dans cet espace ouvert en septembre 2016 pour les mères migrantes.
Noussra a trois enfants qu’elle élève seule. « Venir à ces cours me permet de rencontrer d’autres femmes réfugiées, de créer un réseau de soutien », souligne, dans un parfait anglais, la trentenaire qui rêve d’avoir son propre restaurant.
En 2015, lorsque près de 847.000 réfugiés ont accosté sur les îles du la mer Égée, Didi Uttama-Lee distribuait avec d’autres volontaires des couches, du lait et de la nourriture pour bébés au port du Pirée. Puis, l’idée d’offrir un lieu où les réfugiées puissent obtenir des conseils sur l’accouchement, sur l’allaitement, sur la reproduction et consulter une sage-femme est devenue comme une évidence.

« Certaines femmes réfugiées sont timides. Elles n’osent pas parler de leur intimité, elles n’ont jamais eu d’informations sur la reproduction… Mais au fur et à mesure, elles s’ouvrent, viennent de plus en plus, s’expriment plus facilement »,

explique l’Américaine qui dirige le projet.

« En Europe, tout est possible pour les femmes »

A 22 ans, Zarisa Noori a deux enfants de moins de deux ans et se rendre à Amurtel, « c’est une sortie, un moyen de ne pas rester toute la journée à la maison avec mes enfants ». Zarisa aimerait reprendre les études, dès que ses enfants seront plus âgés : « En Europe, tout est possible pour nous les femmes. En Afghanistan, je ne pouvais pas aller à l’université en sécurité », raconte-t-elle.
De l’autre côté de la place Victoria, « Melissa », une autre association, oeuvre aussi à l’épanouissement des femmes réfugiées.
« Nous avons divers profils puisque nous accueillons une quarantaine de nationalités dans notre association. Mais de nombreuses femmes viennent de sociétés répressives ou de pays en guerre où leurs possibilités d’émancipation sont réduites », note Nadina Christopoulou, une des fondatrices de l’ONG.


Cours de langues, soutien psychologique, art thérapie, ateliers de poterie, de poésie, sur la prise de parole ou sur la gestion du stress, les activités sont multiples.
« A leur arrivée, elles n’osent même plus rêver… Au fil des mois, elles se reconstruisent, se lancent dans des projets. Notre objectif premier est qu’elles se sentent bien, qu’elles reprennent confiance en elles », ajoute Nadina Christopoulou.
« Melissa » a une spécificité: mettre en relation les réfugiées et migrantes installées en Grèce depuis plusieurs années avec les nouvelles arrivantes.
Debbie Valencia, présidente de la communauté des femmes philippines en Grèce, aide ainsi les femmes qui le souhaitent à avoir accès à des microcrédits: « Au sein de la communauté philippine, nous avons mis en place depuis plusieurs années un système de microcrédits entre femmes et nous voulons partager notre expérience avec les autres réfugiées. Nous aussi nous sommes passées par des difficultés en arrivant en Grèce, et nous voulons les encourager à oser et à créer leurs entreprises ».
Lors d’un cours de psychologie, Asma, une jeune Syrienne confie :

« En Syrie, j’ai perdu plusieurs opportunités d’étudier, de travailler… Je n’espérais plus rien, j’avais perdu tout espoir jusqu’à ce que j’arrive ici ».

« Ce qui pourrait m’aider à atteindre mon objectif dans la vie, c’est d’avoir un bateau qui me guide vers un avenir meilleur et +Melissa+ l’est devenu en quelque sorte », poursuit Asma qui espère rejoindre les bancs de l’université.
Quelque 73.000 réfugiés se trouvent actuellement en Grèce dont près de 15.000 sur les îles du nord de la mer Égée où les conditions d’accueil sont souvent décriées. D’après les derniers chiffres du Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU, les femmes représentent 21 % des réfugiés sur ces îles et les enfants 32 %.

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