BMP – Mère

BD – Aquarelle n° 687 – Mère 3
Mon tableau représente le mot « mère » maman.
C’est bien un domaine qui pour moi est une situation fragile…
Parfois je me demande comment je fais pour apporter les besoins  importants à nos enfants. L’amour ça c’est fondamentale, on dit, cela suffit, mais dans ce mot amour il y a les mots :
Éducation,  écoute, guider, transmettre, liberté, vie, épanouissement,  grandir etc..  je me dis que si tout cela est fait d’une façon « négligée » ou est cet amour ? Cette éducation ? Ce positif  pour mes enfants ?
Être une « mère dans les règles de l’art » je ne pense pas que cela existe,  être une « bonne mère » cette question que je me pose souvent dans ma caboche dans mes moments de doute.  Je pense que je devrais arrêter de me la poser cette question, me remettre en question oui ça c’est important. Je suis la maman de nos trois enfants.
Je pense que mon rôle de maman est d’apporter à mes enfants tout ce qu’il faut, il n’y a pas de quantité ou autre non, peut-être que mon intuition joue pour eux, mais bon ça c’est plus compliqué car je n’arrive pas à expliquer cette « intuition ».
Je suis très respectueuse envers mes enfants, et envers leurs corps, protéger leur intimité. Je fais attention à leurs paroles et dans leurs demandes aussi, je fais attention à leurs opinions je les laisse s’exprimer,  le droit à la parole est important pour moi, j’évite de rester sur un mal entendu ou sur des disputes. On essaient de trouver ensemble des solutions et ce n’est pas toujours facile parfois. On parle de tous les sujets car je ne veux pas, du moins j’évite, qu’ils restent sans réponse ou autre, comme on me la fait pour moi quand j’étais petite. Rien n’est plus terrible, de ne pas comprendre ou ne pas savoir, par exemple mes premières règles. J’emploie des mots aussi selon leurs âge, je veux dire que je ne vais pas m’exprimer de la même façon si je parle à ma petite dernière de onze ans qu’à mes  deux plus grands qui sont beaucoup plus grand,  je parle du vocabulaire etc.
Une maman doit apporter, je dirais transmettre, les premières racines, premiers bougeons afin qu’ ensuite ça soit nos enfants eux-mêmes  qui les fassent éclore ces bourgeons avec ce qu’ils vont apprendre, découvrir de la vie,  en grandissant, avec leurs opinions, décisions, expériences.
Une sécurité doit être là pour eux  c’est importante  je veux dire que s’ils grandissent dans la peur etc ce n’est pas bien, ils ont besoin de sécurité afin de s’épanouir, pour s’ouvrir vers le monde,  afin  qu’ils puissent prendre leur envol du cocon familial quand ils se sentent prêt,  quand ils ont leur liberté pour continuer à grandir en adulte et trouver leur place dans la société. Pour moi les expériences sont importantes ça fait grandir.
On dit qu’en nous, nous avons cet instinct maternel et ça je ne sais pas, je suis un peu fâchée avec cette situation, quand je regarde mon passé, ou est l’instinct ? C’est peut-être la cause de cette fragilité avec ce mot « mère » et « père », n’ayant pas eu « d’exemple » positif, je me suis retrouvée avec un vide à l’intérieur de moi. Perdue.
Apporter une éducation positive avec ses séquelles, du passé qui sont là dans ma mémoire et bien je doute souvent pour moi en tant que mère, j’ai toujours cette frayeur de les étouffer mes enfants ou alors le contraire. J’ai aussi cette angoisse qu’ils ressentent l’abandon, le vide en eux, oui je sais mon passé n’est pas leur passé.
Cela va peut-être étonné mais j’apprends toujours même en ce moment avec ce mot mère, je grandis avec toujours, avec des remises en questions mais aussi du positif que je découvre , en même temps que mes enfants grandissent.
Quand j’ai eu ma première fille j’avais cette frayeur de lui faire du mal de ressembler à mes géniteurs, dès que je l’entendais pleurer j’étais sure de lui avoir fait du mal, ça me mettait dans une angoisse terrible.
Je doute encore parfois de reconnaître ce qu’il leur faut dans leurs besoins, ce que j’aurais oublié etc.
J’ai toujours cette frayeur de ne plus les voir vivant le matin, même maintenant je vais les voir la nuit pour m’assurer que tout va bien.
Voilà un peu comment je vois le mot mère.

Mon tableau représente mes trois grossesses, enveloppées dans un même corps,  le pourquoi une tête  qui représente la maman que je suis, mais être mère n’est pas forcément pouvoir porter un enfant dans son ventre,  on peut être mère en adoptant  un enfant, l’amour est le même ça aussi c’est être une maman. Je voulais mettre des couleurs chaudes pas vives violentes.
Voilà en gros comment je vois le mot maman peut être de travers,..

Protection de l’enfance : « Le numéro de dossier l’emporte sur le jeune »

Logo-Libération13 juin 2016
Par Elsa Maudet

A l’occasion des assises de la protection de l’enfance, Adrien Durousset, ex-enfant placé, revient sur les dysfonctionnements de l’Aide sociale à l’enfance et propose des pistes d’amélioration.

Ce lundi et mardi ont lieu à Metz les neuvièmes assises nationales de la protection de l’enfance, rendez-vous des professionnels du secteur. Adrien Durousset, aujourd’hui âgé de 24 ans, a lui-même été placé et ballotté durant son enfance de foyers en familles d’accueil. Dans Placé, déplacé, son livre témoignage sorti début mai, il dénonce la mauvaise marche de l’Aide sociale à l’enfance (ASE).

Sentiment d’être traité comme une marchandise, obligation de rendre visite à des parents qui n’ont que faire de lui, familles d’accueil qui ne l’intègrent jamais comme un des leurs, violences physiques et psychologiques de la part d’une assistante familiale, appels au secours ignorés par l’ASE, impossibilité de se projeter dans l’avenir… Adrien Durousset dresse un inventaire des terribles dysfonctionnements qui ont jalonné son parcours. A l’occasion des assises, il revient dessus et formule des propositions.

Les neuvièmes assises de la protection de l’enfance démarrent ce lundi. Qu’en attendez-vous ?

J’attends des professionnels qu’ils soient plus attentifs à la parole de l’enfant. Aujourd’hui, elle n’est pas prise au sérieux, ou partiellement. J’attends aussi des professionnels qu’ils arrêtent le placement judiciaire et se posent la question de la responsabilité parentale. On pose seulement la question des enfants en danger, pas celle des parents. Il faut les accompagner à être parents, qu’il y ait une obligation de soin car la majorité a des problèmes psychiatriques.

Quand j’étais en famille d’accueil, on m’a fait rentrer chez des parents complètement dépravés [pour le week-end, ndlr]. C’était sordide. C’étaient deux jeunes gens tournés vers l’alcool et la pornographie, qui avaient des troubles psychiatriques. J’aurais voulu rentrer chez mes parents s’ils avaient été soignés.

Dans votre livre, on assiste à une succession de dysfonctionnements de la part de l’Aide sociale à l’enfance. Lesquels vous paraissent les plus alarmants ?

Il y a eu la famille d’accueil islamiste radicalisée. On ne s’est pas posé la question de qui elle était vraiment avant de lui confier des enfants. Quand le couple a divorcé, on ne s’est pas demandé si la femme était apte à poursuivre l’accueil. Une femme est seule à s’occuper de gamins et l’ASE ne trouve rien à redire. Il n’y a pas de contrôle.

Il y a aussi eu le problème du copinage avec l’éducatrice, qui avait des liens personnels avec la famille d’accueil, et non uniquement professionnels. Les visites étaient toujours programmées, donc tout le ménage était fait, tout était nickel, il fallait se faire propre et dire à l’éducatrice que tout se passait bien. Je souhaiterais qu’il y ait des contrôles inopinés.

J’ai fait beaucoup de lieux d’accueil, ça m’a déstabilisé. On te dit « tu as un lieu pendant deux ans puis il faut changer » et il y a des foyers qui ferment l’été, pendant les vacances. Ça me choque. C’est nous qui en payons les conséquences.

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