Michelle – Dessin n° 3 – La peur

J’ai détesté…. dessiner la peur quand on veut à tout prix l’éviter c’est pas agréable. Et puis il faut l’identifier cette peur. C’est quoi la peur quand tu fais en sorte de fuir à tous moments.

Emmanuelle m’a dit d’y aller spontanée… sans réfléchir… la grosse bouche est arrivée ! Celle qui me fait crier des choses que je ne veux pas entendre et qui continue sans relâche. Puis les yeux… je sais pas pourquoi les yeux, ils sont juste là à me regarder et j’aime pas ça, ça m’angoisse. Je veux partir à la course. Et cette main qui veut m’agripper, qu’est-ce qu’elle me veut, ne me touche pas !

J’ai juste envie de crier et fondre en larmes… merde que je déteste ces émotions… j’arrête, c’est trop, je ne supporte pas cet état…

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Michelle – Le refuge

Il y a ce petit trou dans ma tête, et ce petit trou noir, c’est mon refuge.
Quand je dis que ce petit trou est mon refuge, c’est mon évasion. Mon île perdue au milieu de nulle part où personne ne peut me joindre. Du moins c’est ce que j’en déduis.
Je ne sais pas trop si sur mon île je suis bien ou si je suis mal, j’y suis, point. Les lumières s’éteignent, le silence plat se fait, les angoisses disparaissent en un éclair.
Comment je m’y rends ? Je ne le sais plus. J’ai fait tant de fois ce trajet et pourtant, je ne sais toujours pas ce qui m’y mène.
Si je vous parle de ça, c’est qu’hier soir j’en ai pris conscience. Au fil de réflexions sur tout ce que j’ai lu ces derniers jours, en particulier le mémoire d’Emmanuelle, je me suis posée des tas de questions.
Cette mémoire que je cherche tant à retrouver, ces souvenirs de mon enfance perdus, je crois les avoir caché dans ce petit trou noir.
Quand je n’aime pas ce qui se produit autour de moi, hop! Je m’y réfugie.
Je n’y avais pas porté attention avant, c’est devenu une seconde nature pour moi. Depuis toute petite je crois que j’y vais et j’en reviens dans le plus grand des naturels, sans même m’en rendre compte. On ne se rend pas toujours compte de mon absence et ensuite on se demande pourquoi je ne me souviens pas de ce qui s’est dit. Peu importe que ce soit un évènement du jour, il est dans mon petit trou noir. Du moins, c’est ce que j’en conclue.

À ce que j’ai compris, ce serait le stress qui causerait mes escapades. Je n’en sais rien, pour moi c’est tellement devenu de l’ordre de l’automatisme que je ne peux pas faire la différence entre une fois et l’autre. J’ai déjà pensé que j’étais lunatique, on me parle et je quand je décroche, on me ramène, agacé de cette fuite. C’est vrai que c’est agaçant, pour l’autre parce que t’as l’impression de ne pas être écouté et pour moi parce que je ne me souviens pas de ce qui s’est dit. En fait, ça m’arrange, je ne veux ni être là, ni entendre ce qui se dit.
La question que je me pose est, est-ce que c’est devenu si normal de le faire que j’en suis devenue à le faire tout le temps, peu importe les situations ?
Je sais que souvent je perds le fil, j’oublie des tas de choses, des détails de discussions, des informations… si je pouvais juste mieux gérer ces absences, du moins éviter de prendre la fuite au moindre prétexte.
Probable que l’oubli m’a sauvé la peau à maintes reprises et c’est bien ainsi après tout.
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