Michelle – Dessin n°4 – Moi et l’autre

Il y a moi et il y a l’autre, laquelle des deux suis-je ou ne suis-je pas ? Il y a cette partie fractionnée, fracassée en des tas de morceaux qui n’arrive pas à tout recoller.
Elle est la douleur, la tristesse, l’angoisse et la peur, la trace des souffrances du passé, un passé encore trop présent dans les sens.
L’autre partie fait tout pour camoufler cette fracture.  Elle fait bonne mine, se fait aimante et douce, généreuse et docile. Peut-être se dit-elle que de cette manière elle pourra faire un trait sur le mal.
Toutes les deux essaient de se fondre en une, malgré la discordance. Même si l’une essaie d’être plus forte que l’autre, toutes les deux souffrent à leur manière et leur douleur ont la même origine. Même si une semble vouloir aider l’autre, elle n’y peut rien, elle est prise au même titre que l’autre.

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BD – L’impuissance, le lâcher prise

Oh ! le sujet qui fâche ! oh ! là là ! bon je peux dire quoi ! l’impuissance et le lâcher prise c’est pour moi avant tout la même chose, oui moi qui ai un besoin monstre de vouloir tout contrôler.
Peut-être un besoin de faire, besoin de faire moi et personne d’autre, ma façon à moi de me rassurer, mais d’un autre coté, c’est assez compliqué car un autre coté de ma personne, et bien, elle n’arrive pas à regarder les choses parfois avec objectivité, à les laisser faire certains événements, à les laisser venir à moi à les accepter. Un point cruciale dans le lâcher prise, et de laisser venir et sortir mes émotions ça aussi c’est important. Je pense aussi que j’ai peur de lâcher prise, la peur d’être dominée, oui cela me fait très peur. Peur aussi de ne pas pouvoir gérer une situation, si ce n’est pas moi qui gère, peur de ne pas réussir. Je crois qu’une chose est primordiale : il faut avoir rudement confiance en soit aussi, du genre connaître ses limites. Une chose que je ne sais pas faire et faire confiance aux autres aussi, alors ça cela dépend des personnes. Et il me faut aussi ce fameux déclic, une chose importante aussi.
Je crois aussi que je suis tellement perfectionniste dans ce que je fais, je ne suis jamais contente, satisfaite de ce que je fais, donc toujours à la recherche de mieux faire, je veux que tout soit parfait, alors comment je peux lâcher une situation.
Même quand mon fils est hospitalisé, je ne peux pas lâcher prise, j’essaie de me rendre utile autrement même, en faisant des dessins avec lui, des jeux, regarder des magazines, mais je vois que cela ne marche pas.
Cela me fait mal à l’intérieur, je m’aperçois que je perds pied, que cela m’énerve et m’angoisse énormément. Je ne suis pas satisfaite, je me sens inutile, Impuissante. Alors je cherche dans ma tête encore et encore des solutions, pas moyen de m’arrêter, je m’en rends malade. Un autre exemple : la mort, je n’arrive pas à l’accepter, et pourtant je sais que pour mon bien cela serait nécessaire, faire le deuil. Mais voilà impossible. Mais pourquoi ? j’ai tant de mal à vouloir lâcher prise. À ne pas vouloir vivre la vie plus calmement, plus zen. Je ne sais pas, c’est quand même délirant ce comportement. C’est comme pour le sommeil, pourquoi ne pas dormir normalement comme tout le monde ? ça aussi.

Je tourne en rond je tourne en rond.

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