Jean-Michel Oughourlian – Dire une vérité au patient

PsychopolitiquePage 25
Le débat sur la transparence et la nécessité de dire la vérité au patient doit s’en inspirer. Dire à un patient « vous avez un cancer » ou à des parents « votre fils est schizophrène » peut entraîner chez des gens mal préparés à recevoir ces « vérités » des effets catastrophiques, car les mots sont souvent plus grands que les choses.

Balancer des vérités brutes à des patients ou des familles est une forme de lâcheté : le médecin, le psychiatre, le thérapeute, se débarrassent d’un problème en le mettant sur les épaules de l’autre, pour se protéger eux-mêmes, pour « qu’on ne puisse rien leur reprocher ».

Pour le politique, asséner une vérité sans savoir comment elle va être reçue, comprise, interprétée, digérée, est le comble de la naïveté ou de la perversité.
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2 réflexions au sujet de « Jean-Michel Oughourlian – Dire une vérité au patient »

  1. Intéressant, certaines vérités sont à dire, mais ce qui est important ce sont les mots qui sont employés par les médecins ou autres personnes, les mots sont dès le départ ce qui rassure le patient, c’est ce qui peut lui permettre de garder espoir pour sa guérison, c’est ce qui lui permet de garder le courage de ce battre aussi.
    Maintenant concernant la façon dont certains médecins ou autres « balancent la vérité » comme de cette façon, et peut-être un coté je m’en fous ce qui est aussi très grave comme attitude aussi concernant le médecin. Pour moi il doit se remettre en question sur la valeur de son travail et de la façon du comment il exerce. Maintenant savoir si il a une conscience lui seul peut le savoir ! mais effectivement cela peut provoquer de gros dégâts à la personne à laquelle il annonce un diagnostique comme ceci ! une chose est sûre c’est une drôle de façon de se protéger ! beaucoup de choses à revoir concernant la médecine.
    Merci pour ce billet.

    1. Je suis bien d’accord avec ce que dit l’auteur en ce qui concerne le médical. Mais je ne pense pas que l’on puisse comparer le médical où l’on est dans une relation à deux et le politique où l’on n’est pas du tout dans ce type de relation il s’agit de l’annoncer au « peuple » qui est un ensemble de personnes et non pas une personne spécifique. Donc à mon avis on ne doit pas confondre.
      Maintenant que l’on ait souvent l’impression que les politiques nous prennent pour des débiles profonds, ça oui.

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