La télépsychothérapie pour faciliter l’accès aux services de santé mentale dans les communautés francophones en situation minoritaire

Logo-Université-de-Monctonmercredi 18 novembre 2015

Bon nombre de Canadiennes et Canadiens éprouveront des symptômes d’anxiété et de dépression au cours de leur vie. Malgré la prévalence élevée de ces conditions, l’accès aux traitements psychologiques traditionnels en face à-face est limité. Cet accès est encore plus problématique chez les minorités linguistiques.

La télépsychothérapie implique l’utilisation de technologies de l’information et des communications pour offrir des services de santé mentale à distance. Elle pourrait ainsi être une option efficace pour accroître l’accès aux services de santé mentale.

Le Laboratoire de psychologie clinique de l’adulte de l’Université de Moncton propose un programme de recherche axé sur la télépsychothérapie (www.etherapies.ca). Dans le cadre d’une thèse doctorale menée dans ce laboratoire par Daniella DaPonte, sous la direction de la professeure France Talbot, les membres des communautés francophones en situation minoritaire du Nouveau-Brunswick sont invités à participer à une étude qui évalue une thérapie de huit semaines offerte sous forme de cours en ligne : le Cours Mieux-être. Ce cours vise à aider les gens à mieux gérer la dépression et l’anxiété et à retirer davantage de satisfaction de leur vie.

Ce projet implique, entre autres, une collaboration internationale avec la Macquarie University, de Sydney, en Australie, où le cours a été développé et testé. Il est d’ailleurs offert présentement à l’échelle nationale par le gouvernement australien. Il s’insère dans un programme de recherche qui vise à implanter ce cours au Nouveau-Brunswick, en débutant par une version canadienne-française. Il s’agit d’un projet de recherche novateur, peu de programmes de télépsychothérapie fondés sur des données probantes étant disponibles au Canada. L’étude est financée par la Fondation de la recherche en santé du Nouveau-Brunswick et le Consortium national de formation en santé. Elle est de plus conduite en collaboration avec le réseau de santé Vitalité et le réseau de recherche ACCÈS NB (ACCÈS Canada) qui vise à faciliter à travers le Canada l’accès des jeunes aux services de santé mentale.

Dans le cadre des programmes de thérapie à distance, le Cours Mieux-être présente un intérêt particulier. Il s’agit d’une thérapie transdiagnostique, c’est-à-dire qu’elle permet le traitement à la fois de l’anxiété et de la dépression, deux problèmes souvent associés l’un avec l’autre. Cette thérapie est de plus autogérée en ce sens que la guidance d’une clinicienne ou d’un clinicien n’est pas requise pour une administration efficace et sécuritaire. Ces caractéristiques en font non seulement une option rentable, mais aussi une option facile d’accès en tant qu’intervention de première ligne.

Pour de plus amples renseignements, prière de communiquer avec Daniella DaPonte (mieuxetre@etherapies.ca, 506-858-4406).

Veuillez également consulter le site Web du Laboratoire de psychologie clinique de l’adulte (www.etherapies.ca).

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Jean-Pierre Klein – L’art-thérapie, se transformer par la création

Clespar Mélik N’guédar
Voilà un « psy » qui ne croit pas tant aux psychothérapies qui interprètent à grands coups de projecteurs qu’à celles qui conduisent, dans une semi-pénombre, à des « surprises de conscience », semblables aux visions des artistes. Chacun de nous pourrait ainsi devenir créateur de sa propre vie, grâce à un subtil jeu de masques.
Nouvelles Clés : Il y a mille angles différent, dirait-on, pour aborder l’art-thérapie et les rapports entre l’art et la thérapie.
Jean-Pierre Klein : Au départ, je suis psychiatre et psychothérapeute d’enfants : ça veut dire que je m’occupe aussi bien d’un enfant de quatre ans qui fait toujours pipi au lit que d’une toxicomane de dix-huit ans, ou d’une anorexie mentale ou… On se retrouve avec des cas forcément plus différents que chez les adultes. Le psychiatre d’enfants ne peut pas se reposer aussi facilement sur des grilles et des codifications constantes. La rencontre se déroulera autour d’une table, ou par terre, ou dans un théâtre de marionnettes, ou avec du papier et des crayons… il y a donc forcément, à la base, de l’expression artistique. Et puis d’un enfant à l’autre, des formes différentes s’imposent.
D’autre part, l’enfant ne va pas toujours pouvoir dire « je », se situer par rapport à son père et à sa mère, etc. Il est par contre naturel de travailler avec lui dans l’invention, à partir de dessins – c’est la moindre des choses – mais aussi à partir d’histoires, de terre, de masques, d’expression corporelle, etc. L’enfant vient avec ses parents, qui parlent de leur problème, et l’enfant comprend qu’il est dans un endroit où quelqu’un doit l’aider à se transformer. Mais plutôt que d’examiner directement les symptômes et de voir ce qu’ils signifient, comme on fait en thérapie classique, moi, je demande à cet enfant de produire en thérapie. De partir de lui-même et de créer quelque-chose. Et forcément, parce qu’il sait grosso modo où il se trouve, tout ce qu’il va faire sera imprégné de ses problèmes.

A partir de là, plusieurs possibilités. La première, c’est de prendre la peinture, la mélodie, l’improvisation théâtrale, l’écriture. . . et de les décrypter pour y trouver des significations sous-jacentes. Ça ramène au discours en « je ».
Avec des interprétations des œuvres parfois assez caricaturales, du type « le rouge signifie l’agressivité », « le vertical c’est le phallus », etc. Alors qu’en art-thérapie, nous préconisons d’accompagner la personne, d’une production à l’autre. Comme si elle parcourait tout un itinéraire symbolique et se transformait dans la production, sans trop voir d’abord en quoi cela renvoie à ses difficultés. Il n ‘y a pas forcément d’interprétation. L’art-thérapeute ne dira pas : « Voilà ce que ceci signifie de ton rapport à ta mère. » À l’institut dont je m’occupe, l’INECAT, il y a même interdiction totale que quiconque fasse sur quiconque une interprétation de dévoilement. L’art-thérapie ne se situe pas dans l’explication de l’origine des troubles.

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