« Je suis inquiète pour la santé des enfants niçois »

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12.09.2016
Propos recueillis par Gilles Rof
Chef du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent au CHU Lenval de Nice, la professeure Florence Askenazy a vu passer plus de 900 patients dans ses services depuis l’attentat qui a fait 86 morts le soir du 14 juillet sur la promenade des Anglais. Après la mobilisation d’urgence, elle appelle à la mise en place de moyens supplémentaires pour en limiter les conséquences sanitaires.

Peut-on déjà mesurer l’impact de l’attentat du 14 juillet chez les jeunes Niçois ?

Florence Askenazy : Il est trop tôt pour faire un bilan psychologique de ce qu’il s’est passé, mais je pressens que les conséquences sur la santé des enfants et des adolescents seront lourdes. Il faut prendre en compte que, depuis 1945, c’est l’acte de guerre qui a touché le plus d’enfants en France. Depuis deux mois, nos équipes ont vu plus de 900 personnes. Des enfants, des adolescents, qui viennent avec leurs parents. Des consultations assez longues qui laissent place au récit de ce qu’il s’est passé. Trois composantes ressortent : l’extrême violence de l’acte, sa longueur, avec des enfants qui ont vu leurs parents se cacher, fuir dans la panique, porter secours à des blessés… Enfin, le fait que, directement ou par capillarité, c’est l’ensemble de Nice qui est touché. Tout l’écosystème de la ville est ébranlé. C’est pour cela que je suis assez inquiète pour l’évolution de la santé des enfants et des adolescents niçois.

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François Mognard, sa vie après le Bataclan

Logo-La-Dépêche.frFrançois Mognard, sa vie après le Bataclan
Attentats du 13 novembre 2015
Publié le 09/08/2016
Près de neuf mois après avoir survécu à l’horreur du Bataclan, le jeune valencien François Mognard nous raconte comment il se reconstruit.
Personne ne peut et ne pourra oublier cette nuit d’horreur. Surtout pas François Mognard. Le Valencien assistait au concert des Eagles of Death Metal, au Bataclan, le 13 novembre 2015. Il a été grièvement touché par une balle des terroristes. Depuis ce soir-là, du temps a passé. Après de longs mois d’une souffrance physique et morale, François remonte, se reconstruit, progressivement. La convalescence se poursuit toujours avec des séances de kinésithérapie. Aujourd’hui, il a repris ses occupations. Entre Paris et Valence d’Agen où vivent ses parents, il commence à mener une vie presque normale. Alors qu’il allait chez son ami kiné François Zanin, à Valence d’Agen, il a accepté de se confier.

La première question que l’on a envie de vous poser aujourd’hui, François, est simple : comment allez-vous ?

J’arrive à marcher normalement, je n’ai plus trop de douleurs. Au niveau physique, j’ai bien récupéré. Côté psychologique, ça va mieux également. J’y pense encore souvent, il ne faut pas se mentir, je ne vais pas mettre tout ça derrière moi, mais ça va.

Avez-vous toujours des images qui reviennent ?

Oui, bien sûr, mais on s’y fait, on vit avec. Néanmoins, il ne faut pas se laisser bouffer par ça. C’est sûr que dès qu’on en parle, on revit tout ce que l’on a subi, il y a un réel malaise qui s’installe. J’ai vécu, comme beaucoup, je pense, l’enfer.

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