"Outreau ne peut pas justifier des maltraitances" par Gérard Lopez

2 mars 2011
Expert psychiatre près de la cour d’appel de Paris et président de l’institut de victimologie, Gérard Lopez participait la semaine dernière à un colloque intitulé « La parole de l’enfant après la mystification d’Outreau ».
Gérard Lopez Je ne me prononcerai pas sur une éventuelle culpabilité ou innocence dans ce dossier, il faut laisser le temps aux enquêteurs. En revanche, ce qui est troublant, c’est la présentation de cette affaire dans la presse. Tout le monde insiste sur le fait que les Lavier sont des nécessiteux.
F.-S. Pourquoi cela vous choque-t-il ?
G. L. A en croire les médias, la maltraitance dont les accusent leurs enfants serait due à la misère sociale. Mais on retrouve des cas d’enfants maltraités dans tous les milieux, dans toutes les couches de la société. La pauvreté n’a rien à voir avec tout cela.
F.-S. Peut-on rattacher cette affaire de maltraitance présumée à ce qu’a vécu cette famille à Outreau ?
G. L. Pas du tout. Bien sûr, personne ne peut sortir indemne d’une épreuve comme Outreau, que l’on soit un des acquittés ou un des enfants. Et il a été prouvé scientifiquement que ceux qui ont subi des maltraitances lors de leur enfance ont plus de chances que l’individu lambda d’en commettre à leur tour. Maintenant, je ne vois pas au nom de quel mécanisme quelqu’un qui aurait été accusé à tort puis innocenté s’en prendrait à ses propres enfants…
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Enfants: silence, on maltraite ! par Charles Gilbert

26/08/1999
Les médecins et travailleurs sociaux qui signalent des cas de maltraitance ou d’abus sexuels sont souvent victimes de représailles
Les professionnels de l’enfance maltraitée auraient-ils sombré dans la paranoïa ?
Des médecins, des psychiatres, des travailleurs sociaux et des responsables d’association de plus en plus nombreux se prétendent aujourd’hui victimes de harcèlement, de menaces et de rumeurs visant à les discréditer. Les attaques viennent non seulement des agresseurs des enfants dont ils ont la charge, mais aussi des pouvoirs publics, des autorités médicales et de l’opinion.
« Deux ans après l’électrochoc de l’affaire Dutroux, on a l’impression d’un retour en arrière, affirme l’avocat Pierre Jalet, président de l’Association pour la formation de la protection de l’enfance [Afpe] : les langues ont à peine commencé à se délier sur les affaires d’inceste et de pédophilie que déjà on veut faire taire ceux qui parlent. »

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