7/ Film Precious Jones en route pour l’oscar par Le Point

Publié le 02/03/2010

Par François-Guillaume Lorrain
Gabourey Sidibe est la preuve qu’on peut être grosse, noire, inconnue, et bouleverser tous les publics. Mi-comète mi-actrice non identifiée, la voilà candidate à l’oscar grâce à Precious, la jeune fille analphabète de Harlem, engrossée par son père, maltraitée par sa mère, qui tente d’apprendre l’estime de soi et avance cahin-caha vers la lumière. On aura reconnu le livre-choc Push de la poétesse noire Sapphire (Points Seuil) : Precious est à mi-chemin entre le Holden Caulfield de Salinger et l’idiot Benjy de Faulkner. Les joues boudeuses, le corps rebondi, quasi somnambulique, Gabourey propose une apparition estomaquante.
« I have a dream », martelait jadis un Noir célèbre. « Comme Precious, j’ai toujours eu des rêves, espéré, cru en mon destin », déclare cette ex-étudiante en psychologie de 26 ans, née à Brooklyn, grandie à Harlem, qui s’est présentée au casting du film poussée par une amie. Fille d’un prof et d’un chauffeur de taxi, elle a souvent croisé ces ados paumées. Aujourd’hui, elle a fait une croix sur ses études. Finis les schizophrènes qu’elle aimait écouter. Elle se sent enfin actrice. Quand on l’interroge sur son obésité, elle grimace : ce qui est vu en Europe comme un handicap est monnaie courante aux États-Unis : « Je ne joue pas une grosse Noire, mais une fille qui a du mal à sortir d’elle-même et de l’âge ingrat. Voilà pourquoi le film a dépassé le public noir pour toucher aussi les Blancs. » Soutenu par Oprah Winfrey, la reine du talk-show, et Tyler Perry, le Coluche noir américain, devenus producteurs du film, Precious est l’ovni indépendant qui risque de tout rafler aux prochains oscars. Le 7 mars, elle sera l’attraction.
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Critiques du film Précious
1/ Film – Precious de Lee Daniels
3/ Critique cinéma : Precious, le film en route vers les Oscars 2010 par Marie Claire

4/ Film – Precious par Matthieu Loire
5/ Critique – La véritable Precious Jones : entre désespoir et résilience

6/ Film – « Precious » Interview de Françoise Delbecq pour Elle

4/ Reconstruction de Jeanne Cordelier par Isabelle Courty

Par Isabelle Courty
23/04/2010

1976. La Dérobade connaît un succès phénoménal. Jeanne Cordelier y raconte, dans un style concis, sec et direct, l’inceste et la prostitution. Le témoignage brut et puissant d’une jeunesse brisée. Trente-quatre ans plus tard, Reconstruction résonne comme une renaissance : le « versant lumineux » de cette sombre épopée. Ici, les mots claquent toujours comme des gifles mais l’amour (sa rencontre avec un économiste suédois), sa nouvelle vie faite de voyages, de littérature, comme le miracle de la maternité, ont fini par panser les blessures de cette femme de tête. « J’ai enterré mes anciennes peurs », conclut Jeanne Cordelier.