4/ La dissociation péritraumatique et les troubles dissociatifs (F44) par Gérard Lopez & Arianne Casanova

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La CIM-10 et le DSM-IV insistent beaucoup sur le rôle d’un trouble dissociatif dans les traumatismes. au moment de l’impact traumatique, il permet à la victime de se soustraire à la frayeur qui résulte de la confrontation avec la mort.
La dissociation péritraumatique se manifeste cliniquement par l’inhibition anxieuse, l’amnésie des faits, le déni, mais aussi par des symptômes de dépersonnalisation ou de déréalisation.
Marmar (1997) a montré que la dissociation péritraumatique n’est pas protectrice parce que son intensité, mesurée par des échelles validées, est corrélée avec le risque de survenue d’un ESPT.

Pour la CIM-10, les divers troubles dissociatifs (ou de conversion) ont en commun une perte partielle des fonctions normales d’intégration des souvenirs, de la conscience de l’identité ou des sensations immédiates, et le contrôle des mouvements.
…/…
Les troubles dissociatifs surviennent en relation temporelle étroite avec des ET, des problèmes insolubles et insupportables, ou des relations interpersonnelles difficiles.

La CIM-10 et le DSM-III définissent un trouble « personnalité multiple » (F44.81), rare et controversé, redéfini comme « trouble dissociatif de l’identité » dans le DSM-IV.
…/…
Il se caractérise essentiellement par l’existence chez une personne de deux ou plusieurs personnalités distinctes. Chaque personnalité (complète, avec ses souvenirs, affinités et comportements) se manifestent à tour de rôle.

De nombreux auteurs estiment que les traumatismes de type II de l’enfance sont fréquemment associés au trouble dissociatf de l’identité, lequel s’accompagne d’une grande suggestibilié et une importante susceptibilité hypnogène, si bien qu’il est difficile de savoir s’il est ou non la conséquence d’un processus de victimisation, posant le difficile problème de la véracité de certaines révélations tardives.

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5/ Les troubles graves de la personnalité : Desnos (F60.31)
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11/ Les indications de la thérapie EMDR – Eye Movement Desensitization Reprocessing par Patrick Zilhardt
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16/ Une technique hypnotique spécifique pour traiter les viols par inceste par Victor Simon
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18/ De nombreuses victimes échappent à tout traitement par Gilbert Vila
19/ Les conséquences de la maltraitance ne s’arrêtent pas avec la fin des actes pervers par Gilbert Vila


• Les groupes de paroles par Catherine Morbois et Marie-France Casalis dans Psychothérapie des victimes

5/ Les signes fréquents du refoulement après des viols par inceste par Victor Simon

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Le jaillissement de la source souterraine ?
Quelques mois, années ou décennies plus tard, consulte un 
sujet qui vient parler d’une variété de troubles que le clinicien 
non averti va rattacher à des phénomènes anxio-dépressifs, à 
des troubles du comportement, à des somatisations dysneurotoniques (déséquilibre de régulation des systèmes nerveux sympathique et parasympathique entraînant des troubles somatiques et 
psychiques), cortège de symptômes qu’il va falloir relier à 
l’accident :
le sujet a parfois refoulé l’événement traumatique, 
est parfois dans le déni, ou ne veut pas en parler…

Quelques signes fréquemment observés :
troubles du sommeil, de la concentration, de la mémoire ;
dépersonnalisation, perte de contact avec le réel ;
sentiments irrationnels de culpabilité ;
exagération de la perception de dangers extérieurs ;
accentuation des symptômes lorsque la personne est confrontée à des situations rappelant l’événement initial ;
problèmes sexuels multiples et sexualité compulsive ;
troubles du comportement alimentaire, toxicomanies, alcoolisme, tabagisme ;
comportements sociaux inadaptés : absentéisme, agressivité inappropriée ;
– modification des relations interpersonnelles :
tendance à s’isoler, difficulté à faire confiance ;
la femme survalorise et idéalise l’image de l’homme (par sa quête incessante de reconnaissance et d’affection) par son incapacité à repérer les mécanismes qu’utilisent les 
vampires ;
perte de l’estime et de la confiance en soi ;
la dépression est très fréquente, d’évolution chronique, avec rechutes étalées sur plusieurs décennies ;
les risques de tentatives de suicide sont deux fois plus 
importants chez les abusés sexuels.

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