6/ Soirée d’hommage à Carole Roussopoulos – 22 janvier 2010

Soirée d’hommage à Carole Roussopoulos

Prises de parole, chansons et musique Areski Belkacem, Anne Bisang, Nicole Brenez, Jackie Buet, Christine Delphy, Nicole Fernandez Ferrer, Hélène Fleckinger, Brigitte Fontaine, Yvan Gieysse, Patricia Godal, Chris Marker, Laure Marsac, Lucia Martini, Mimi Bastille, Gérard Poitou, Laurence Rebouillon, Oreste Scalzone, Coralie Seyrig, Francesca Solari, Ioana Wieder Pièce musicale « Pour Carole » par Duncan Yougerman (2009)
Vincent Daoud, Pierre-Stéphane Meugé, saxophones

Carole Roussopoulos (1945-2009), vidéaste et militante féministe, se saisit de la caméra dès 1969 et fonde à Paris, avec son compagnon Paul Roussopoulos, le premier collectif de vidéo militante, « Vidéo Out », pour donner la parole aux « sans-voix » et aux exclu-es. Elle filme les luttes d’opprimé-es (ouvrier-es, Palestinien-es, Black Panthers, homosexuel-les), explore des sujets délaissés (sans-abris, toxicomanie, prisons, mort des malades, personnes âgées, handicap) et accompagne, caméra au poing, tous les combats féministes (avortement, viol, inceste, excision, mariages forcés). En 1999, elle réalise Debout ! Une histoire du Mouvement de libération des femmes (1970-1980). Carole Roussopoulos a réalisé et monté plus de cent vingts films documentaires.

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Autres billets sur Carole Roussopoulos
et La conspiration des oreilles bouchées

1/ La conspiration des oreilles bouchées – inceste 1988
2/ L’Inceste la conspiration des oreilles bouchées – CASB
3/ Hommage à Carole Roussopoulos
4/ Documentariste – le Monde – 28 octobre 2009
5/ Hommage à la documentariste Carole Roussopoulos aux 12e Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM)

7/ 3 juin 2010 – Gaillac : film et débat sur l’inceste après le film : La conspiration des oreilles bouchées
8/ Le beau vice : Carole Roussopoulos, la vidéo « out » par Elisabeth Lebovici

20 janvier – Le Chasseur – série TV – France 2

Yannick Soulier incarne le Chasseur. DR
« Le Chasseur » de prime-time
par Isabelle Hanne
Paru dans Libération du 20 janvier 2010
série créée par Gérard Carré, Vassili Clert et Nicolas Cuche
Episodes 1, 2, et 3/6.
France 2, ce soir à 20h35.

Manquait plus que ça. Un tueur à gages en héros d’une série diffusée en prime sur une chaîne publique. Samuel Delaunay (Yannick Soulier, l’Hôpital, Central nuit) faux avocat-vrai tueur en série, travaille pour sa mère Natasha (Marie-France Pisier), dans un Paris bleu acier en deux dimensions. Visage anguleux, corps sculpté et regard droit, le Chasseur exécute sans broncher. Sauf une fois, une nuit, où il épargne Lauren (Estelle Skornik), devenue sa femme. Bien entendu, personne ne dézingue son prochain pour rien.
Qu’est-ce qui fait courir Samuel ? Pourquoi le Chasseur chasse-t-il ?
A cause du pognon
Samuel ne tue pas par pulsion sadique, il tue pour de l’argent. Le scénariste Gérard Carré le décrit comme « une métaphore presque parfaite de la société du monde dans lequel nous vivons ». Dans la série, tout est marchand et tout se marchande : la tranquillité, la famille, l’amour, et la jouissance. Les scènes de sexe sont, d’ailleurs, carrément pubardes (mais pourquoi font-ils toujours l’amour sous la douche ou dans la piscine ?). Samuel a des goûts de luxe : il aime les belles bagnoles, vit dans un hôtel particulier décoré comme dans un catalogue, avec piscine en sous-sol et draps de soie. Et à 300 000 euros la tête, son boulot lui convient. Antihéros héraut du libéralisme, Samuel veut, selon le bon mot de Gérard Carré, « tuer plus pour gagner plus ».
A cause de maman
Pour faire plaisir à sa mère, et parce qu’il a tué le père. Littéralement. Car Samuel Delaunay a un œdipe très prononcé : dans des flash-back en noir et blanc, on comprend que, enfant, il a tué son papa parce qu’il battait sa maman. Un meurtre originel, fondateur, à la fois de son rapport quasi incestueux avec sa mère – « Y’a que moi qui puisse t’aimer tel que tu es », répète-t-elle –, et de son métier de tueur à gages. Natasha, marâtre toute-puissante, dévoreuse et cardiaque, l’enferme dans un monde où il est contraint de tuer.
A cause de « Dexter »
La musique et le pitch du Chasseur font immédiatement penser à Dexter, série diffusée sur la chaîne Showtime (en France, sur Canal +) racontant l’histoire d’un expert en traces de sang le jour, tueur en série la nuit. Mais contrairement à Samuel, Dexter respecte un code, qui lui interdit de tuer autre chose que de très vilains serial killers. Le Chasseur, lui, n’hésite pas à casser le cou d’une comédienne parfaitement innocente. Et quand Dexter suit un rituel pour sacraliser l’acte meurtrier, Samuel est un chasseur sachant chasser sans chichis (pardon). Il tue comme il irait au bureau, ses meurtres sont chirurgicaux, parfaits.
A cause de la ménagère
Fini, les Avocats et Associés, P.J. et autres séries morales et moralisatrices : place aux héros très méchants et aux séries pas politiquement correctes. Le Chasseur n’est pas tout le temps convaincant et manque souvent d’épaisseur. Mais on salue évidemment l’initiative, mi-audacieuse mi-inconsciente, d’inclure enfin ce type de personnages dans la fiction française. Dommage qu’avec un rebondissement consensuel à la fin de la saison, les scénaristes aient décidé de ménager la ménagère.