Récupération des "victimes" : Isabelle écrit à Martine

Madame la Secrétaire Générale,
Le 26 janvier, l’Assemblée Nationale a voté la loi présentée par Marie-Louise Fort tendant à inscrire l’inceste commis sur les mineurs dans le code pénal et à améliorer la détection et la prise en charge des victimes d’actes incestueux.
Nous étions dans l’hémicycle et, comme en première lecture, nous avons écouté attentivement Madame Pau-Langevin argumenter contre cette loi. Bien que nous l’ayons rencontrée pour lui faire part de nos attentes et des besoins législatifs pour protéger les victimes, nous avons été déçus qu’aucun de nos arguments n’aient été entendus ni compris.
La lutte contre l’inceste ne tolère aucun clivage politique. Pourtant, nous avons vu votre parti s’opposer à une loi présentée par l’UMP plutôt que de collaborer à améliorer le travail fait par ce même parti. Aucune proposition de votre part, aucun travail, audition entre les deux lectures…
Pour lire la suite de la lettre d’Isabelle Aubry à Martine Aubry, cliquer sur le logo de Aivi.org
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Définition du tabou de l’inceste

Mission parlementaire Estrosi 2005
Apparu, semble-t-il, dans des écrits religieux vers 1350, ce mot vient du latin  » incestus « , qui se traduit par non chaste, impur, souillé. Son antonyme,  » castus « , peut également prendre le sens d’instruit, d’éduqué, de bien dressé, de conforme aux règles et aux rites.

Tabou de l ‘inceste : Interdiction à caractère sexuel qui exclut les relations sexuelles au sein de la famille élargie. Selon Freud, le tabou de l’inceste serait à l’origine de la formation de groupes en société en imposant l’exogamie c’est-à-dire la pratique des activités sexuelles à l’extérieur du groupe d’appartenance.

Un tabou qui devient un interdit légal n’est plus un tabou.

La notion d’inceste est une notion qui appartient au vocabulaire des sciences humaines (l’anthropologie, la psychologie, la sociologie, l’ethnologie), et qui ne peut passer sans dommages dans le vocabulaire juridique. L’inceste est un « tabou » d’ordre moral. Le ramener à un simple interdit légal revient à en diminuer considérablement la portée.

109. Le Jeudi 11 février 2010 à 19:31 par elektra

1/ “Le poids du tabou “
2/ “La mission souhaiterait rappeler que la loi a le pouvoir de casser le tabou en le nommant”
sont les mots de l’instigatrice de la loi.
Le mot tabou est pris à contresens deux fois ou bien Madame Fort est très elliptique.
1/ c’est le poids de la transgression du tabou
2/ casser le silence autour du tabou en le nommant