Une enquête souligne les souffrances des victimes d’inceste pr le Pr. Jehel

10/05/2010
par Elsa Maudet

Une étude Ipsos, que « La Croix » et RTL livrent en exclusivité, révèle que les victimes d’inceste sont plus déprimées et ont des rapports aux autres plus difficiles que le reste de la population française

Selon cette étude, les victimes d’inceste souffrent de multiples pathologies, bien plus que le reste de la population française. À commencer par la dépression. Mais pas seulement. Le rapport aux autres est également « profondément perturbé », analyse le docteur Louis Jehel, psychiatre à l’hôpital Tenon à Paris, qui travaille aux côtés des victimes d’inceste depuis des années.

En effet, 93 % des victimes d’inceste affirment « avoir régulièrement peur des autres ou peur de leur dire non », contre 29 % des Français ; et 92 % ont répondu « se sentir régulièrement irritable ou avoir des explosions de colère », contre 53 %.
« Plus vulnérables que les autres aux maladies »

Les relations amoureuses sont particulièrement difficiles. « Étant enfant, la victime s’est structurée avec le fait que la personne censée être là pour l’aimer est l’agresseur, explique Louis Jehel. Aussi quand la relation amoureuse se stabilise, cela fait peur » : 77 % des victimes interrogées se déclarent ainsi « dans l’impossibilité d’avoir un rapport sexuel », même si elles le désirent. « Cela leur rappelle de manière inconsciente que le sexe est dangereux, même si elles ont confiance en l’autre personne », assure le docteur Jehel.
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L’inceste, cette horreur qui empoisonne les familles sur Le soleil quotidien du Sénégal

Interdit dans la plupart des cultures et les religions, l’inceste sape même le fondement de la société humaine qui veut qu’un homme prenne femme ailleurs. Des chercheurs sénégalais expliquent dans ce dossier les aspects psychopathologiques de ce mal qui a rendu célèbre un homme comme Josef Fritzl, cet Autrichien qui couchait avec sa fille pendant 24 ans.
UNE ÉTUDE SUR DES FAMILLES SÉNÉGALAISES DÉCÈLE DES SIMILITUDES :
Un « crime » aux aspects psychopathologiques terribles Les chercheurs sénégalais ont déterminé les circonstances de la survenue de l’inceste dans huit familles au Sénégal. L’isolement de la famille, l’absence de la mère, le déséquilibre psychologique ou l’alcoolisme du père, la grande promiscuité spatiale sont les caractéristiques communes à ces familles.
Il est bon de clarifier le débat épistémologique pour éviter tous les amalgames. Le mot « inceste » vient du latin « incestus » (impur). L’inceste désigne une relation sexuelle entre les membres de la même famille, une pratique interdite.
La complexité réside dans la classification des parents proches ou lointains, surtout qu’en Afrique la famille ne se limite pas au père, à la mère et aux fils. Les relations à caractères sexuels entre les frères et les sœurs utérins, entre le père et sa fille, entre la mère et son fils sont qualifiées d’incestueuses. Les rapports sexuels entre une personne qui a une autorité parentale et un enfant adoptif sont rangés aussi dans le registre des actes incestueux. Selon le degré de proximité parentale et le genre de parenté biologique, l’attribution d’acte sexuel incestueux diffère d’une société à une autre, d’une période à une autre.
Quoi qu’il en soit, l’inceste est interdit en deçà et au-delà des Pyrénées pour parler comme les philosophes moralistes. Dans l’histoire de l’humanité, aucune communauté n’approuve cet acte, même si certains anthropologues réfutent l’universalité de l’amoralité de l’inceste.

C’est ce sujet complexe qui a intéressé les chercheurs sénégalais comme le maître-assistant à la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), Aïda Sylla, et une équipe de médecins. Leurs travaux ont jeté la lumière sur quelques aspects psychopathologiques de l’inceste au Sénégal.
Il ressort de l’étude, qui porte sur huit cas, que les familles où est survenu l’inceste présentent des similitudes. Les facteurs à hauts risques D’une manière générale, il a été constaté l’absence de la mère (décès, divorce, voyage…), l’alcoolisme ou le déséquilibre psychologique du père, l’isolement de la famille, entre autres. « Il faut souligner qu’il s’agit d’une étude qui analyse les circonstances de survenue d’inceste dans ces huit familles. Nous avons reçu des victimes envoyées par des structures de prise en charge (associations, Ong…). Certaines étaient traitées pour maladie mentale et nous avons découvert qu’elles ont été victimes d’inceste. Les similitudes présentées par ces familles concordent avec les éléments que nous avons relevés dans la littérature concernant l’inceste », confie le docteur Aïda Sylla.

Un dossier de Malick Ciss et idrissa Sane

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