Désamour par Bernard Lempert

Broché
Paru le : 01/12/1994
Editeur : Seuil
Collection : La couleur des idées
ISBN : 2-02-021951-4
EAN : 9782020219518
Nb. de pages : 0 pages
Poids : 210 g
Maltraitance et inceste ne sont pas des événements malheureux qui frapperaient certaines structures familiales soumises à des conditions extérieures difficiles, mais les conséquences directes d’un engrenage, d’un mécanisme dont la logique interne n’est rien d’autre que la destruction de l’enfant.
La victime occupe une véritable position sacrificielle, comme si la sphère privée faisait mémoire des sacrifices humains prisés par d’anciens rituels. Dès lors, l’analyse des violences familiales et de leurs conséquences psychiques gagne à se confronter à l’anthropologie religieuse, notamment aux principes, raisonnements et discours qui prétendaient justifier les pratiques sacrificielles.
En retour, une meilleure compréhension des phénomènes de maltraitance permet de relire les rapports entre la violence et le sacré, en posant côte à côte des réflexions sur l’Ancien Testament, des commentaires de contes de fées et des analyses de rêves éveillés qui ont surgi dans l’inconscient de quelques-uns de nos contemporains

Aucune thérapie ne serait possible… par Kieser-I

Si vous n’êtes pas inscrit sur facebook, cette parole d’un rescapé suffira. Elle n’est en rien exceptionnelle, on l’entend souvent, trop souvent. Elle est même véhiculée par des cliniciens. Je l’ai toujours dénoncée comme un grave préjugé.

Voilà un préjugé spécifique directement issu de l’archaïsme freudien. S’il s’agit de permettre un rétablissement de l’identité, de permettre une vie où les tourments de la peur, de la culpabilité, de la honte de soi, etc. deviendraient de lointains bruits de fond, alors oui, une thérapie est possible.
Il y a une progression à respecter, des étapes mais la guérison au sens médical : cautériser la blessure, consolider la guérison, est possible. « Accepter » est une mystification directement liée à la pensée chrétienne de la souffrance comme moyen de maturation que la vieille psychanalyse a reprise à son compte et le public français est encore largement abreuvé de ces mystifications. « Accepter », c’est cela la condamnation à perpétuité, dans cette acceptation d’une blessure qui ne se refermerait jamais, il y a, explicitement, la victoire du prédateur qui est d’abord un manipulateur.
Le plus souvent, c’est sa manière à lui, entretenue par une société largement aveugle donc complice, de perpétuer le lien morbide qui hante la victime des années durant.
Une thérapie, c’est d’abord casser ce lien pour, ensuite, permettre la construction d’une identité propre, à l’abri de cette influence morbide. Et si l’on croit que celle-ci disparaît avec la distance et le temps, on se trompe et si l’on veut en inculquer la certitude, on commet une imposture terrible. La contamination psychique demeure tant qu’il ne se trouve personne pour en défaire la trame et les pièges.
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