Parce que maintenant que je vais mieux, j’aimerai tant pouvoir aider ceux qui sont dans la souffrance, par Survivant d’inceste

Voilà, j’avais besoin de l’écrire aujourd’hui, de le témoigner pour peut-être distribuer un peu d’espoir, parce que c’est le moindre que je puisse faire, parce que je sais écrire mais pas forcément parler.
Parce que maintenant que je vais mieux, j’aimerai tant pouvoir aider ceux qui sont dans la souffrance, trouver les mots à leur dire oralement, trouver aussi les mots pour exprimer mon point de vue lorsque j’entends des discussions sur l’inceste, réussir à expliquer à ceux qui n’ont pas connu ça et qui s’interrogent ou ne comprennent pas ou jugent…

Surtout, courage à ceux qui souffrent, car ça vaut vraiment le coup de lutter pour revivre !
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6/ J’adressais des messages confus que j’imaginais 
suffisamment clairs par Chérif Delay dans Je suis debout

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Quand j’arrivais à m’exprimer, toujours indirectement, personne ne saisissait. Je n’arrivais pas à dire 
les choses dans le langage des grands, mais je n’arrêtais 
pas d’envoyer des SOS, comme des bouteilles jetées à la 
mer…
Aidez mes frères !
Je faisais des dessins. Il suffisait 
de les regarder. Tous ces pros n’avaient pas la bonne 
formation, ou alors ils ne pouvaient pas voir parce qu’ils 
avaient la tête brouillée par l’idée qu’il faut se méfier 
des enfants parce qu’ils sont des menteurs…

Écartelé entre le désir de sauver mes frères, et la peur 
du pire si je dénonçais Delay, ma mère et leur clique de 
pervers, j’adressais des messages confus que j’imaginais 
suffisamment clairs.
Le temps passait en mode survie. Tous les quinze 
jours, je devais retourner en enfer. Un jour, tout de 
même, j’ai fini par dire stop ! Oh ! Pas comme vous 
l’espérez. J’ai simplement pu dire :
– Je ne veux plus rentrer chez moi !
– Pourquoi?
– Je veux plus voir ma mère.
Incapable de dire les viols. Alors, une fois de plus, 
je suis passé pour un sale caractère.

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Autres billets sur le livre Je suis debout de Chérif Delay
2/ Autofiction, dans « Je suis debout » de Chérif Delay
3/ La responsabilité du suicide de l’un des acquittés d’Outreau
4/ La suite, je l’ai vécue comme pendant les viols. Dissocié. J’étais à la barre, mais totalement absent