Ma réponse aux dames qui se sentiront concernées

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Les états limites – tels des adolescents avec leur parent – ont souvent tendance à malmener, ridiculiser, mettre au supplice le thérapeute. Chez ce dernier, des sentiments d’impuissance, d’incapacité, d’échec professionnel, d’immense inquiétude, de découragement peuvent alterner avec des affects d’agacement, de colère, voire d’hostilité pour ce patient impossible, cynique, ironique, provocateur et omnipotent. Étrangeté de ces patients se présentant comme si peu confiants, si insécure, clamant à chaque séance leur sentiment d’infériorité… mettant à d’autres moments en scène l’omnipotence, la tyrannie, les colères excessives. Avec ce type de sujet, le soignant est en droit de se demander avant chaque séance s’il a succombé à ses conduites à risques, s’il ne s’est pas suicidé. Il peut même en arriver à espérer qu’il ne vienne plus, qu’il disparaisse de sa vie. Dans ce type d’épreuve vécue par le thérapeute, il lui importe d’analyser attentivement ses affects contre-transférentiels qui lui donneront des indications sur le monde interne du patient. Si la personnalité du sujet borderline est organisée autour de la terreur de la séparation, du danger de la perte, l’état limite sera continuellement confronté à une menace double : celle de perdre son identité personnelle précaire (souvent fusionnée avec quelqu’un d’autre) et celle de perdre une relation interpersonnelle fragile (en se réfugiant dans un repli autistique psychotique).
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4/ L’identification à l’agresseur dans les états limites

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Autres billets sur la question des Etats limites

« Borderline » ou « pervers narcissique » ?

Le langage de l’obsessionnel par Vincent Estellon

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René Tostain, dans une étude consacrée au langage de l’obsessionnel (prenant pour référence essentielle l’analyse du cas de Freud) met en évidence deux particularités extrêmes de la langue et de la grammaire d’Ernst :
– d’une part, l’utilisation systématique et surabondante des conjonctions de coordination et de subordination. Nous ajoutons ceci à la pensée de Tostain : ces conjonctions donnent au discours du liant dans une langue où tout est démontré, découpé, architecturé, net. Ces conjonction liantes comblent l’espace du vide entre deux propositions : ce vide insupportable qu’il faut vite colmater avec coordination et logique.
– d’autre part, l’imposition de l’impératif catégorique (« il faut que…, sinon… »), souvent articulé à une pensée magique.
Selon cet auteur, ces conjonctions et l’impératif catégorique seraient les moyens de mettre en scène la conjonction même de deux discours dont l’obsessionnel est le produit problématique.