Le traumatisme psychique par Johan Vanderlinden

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Avant d’explorer un contexte traumatique, le clinicien devrait toujours évaluer la complexité des problèmes psychiatriques et, en même temps estimer le risque d’un passage à l’acte (auto-et hétéro-agressif) en réponse aux interventions thérapeutiques, comme la confrontation avec une expérience traumatique par exemple.
En général, plus les comportements comorbides sont fréquents, plus le thérapeute doit être prudent lorsqu’il traite une histoire traumatique.
Ces dernières années, de nombreux faits divers ont alerté l’opinion publique sur la fréquence des actes pédophiles, qui ne peuvent désormais plus être considérés comme marginaux. Néanmoins, l’investigation des expériences traumatiques est longtemps restée un sujet très controversé dans le champ de la psychiatrie et de la psychothérapie. La question de la fiabilité des souvenirs traumatiques semble en particulier diviser les cliniciens, les chercheurs et le grand public en deux camps : les « croyants » et les « non-croyants ». Des discussions souvent passionnées ont animé ce débat, et certaines peuvent prendre l’allure de véritables réquisitoires.
Mais la première tâche d’un clinicien ou d’un chercheur est d’accepter l’expérience subjective et « le récit de la vérité » fait par un patient, dans une relation de confiance mutuelle croissante. Tester l’authenticité des faits n’est pas le premier rôle des thérapeutes, sinon ils se conduiraient comme des détectives ou des juges.
Dans certains cas, cependant, les thérapeutes sont obligés de considérer les implications des informations qui leur sont révélées : quand il y a suffisamment de raisons de penser que le patient ou une autre personne a été ou est encore victime de graves violations de ses droits ou de son intimité.
La première chose à faire est d’assurer la protection de la victime potentielle contre la répétition de l’agression. La sécurité du patient devrait toujours être le premier souci du thérapeute, quelle que soit l’orientation thérapeutique privilégiée. Nous devons protéger les patients contre des actes dangereux ou destructeurs, à l’égard d’eux-mêmes ou de quelqu’un d’autre. Ceci doit être une condition de départ dans la thérapie.
Si des interventions sont nécessaires en dehors du cadre thérapeutique, le thérapeute devrait rester dans son rôle et déléguer ces interventions à un autre collègue, qui devra :
• évaluer l’information et la fiabilité des faits ;
• impliquer d’autres personnes quand et où cela est nécessaire, sans violer les droits du patient ou ceux des autres personnes ;
• discuter de ces actions et de leurs implications avec le patient. 
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Autres billets à propos de Dissociation et mémoire traumatique

Les souvenirs du corps par Babette Rothschild

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Rothschild, Babette. The body remembers. New York: W.W. Norton & Company
27 mai 2003
Selon Babette Rothschild, les deux zones du système limbique les plus importantes dans le stockage et la récupération de mémoire sont l’amygdale et l’hippocampe.
L’amygdale est le plus clairement impliqué dans l’évaluation de signification émotionnelle lié « à la mémoire émotionnelle fortement chargée comme la terreur et l’horreur, devenir actif tant pendant qu’en se rappelant un incident traumatisant » (p. 11). L’hippocampe crée la carte cognitive de l’expérience, « la mise en perspective appropriée de nos souvenirs et la place dans la chronologie de notre vie. » (p. 11). Il fonctionne d’abord, en comparant les événements de l’expérience présente avec des événements du passé et, ensuite, en déterminant si et comment les événements sont associés. Quand il est placé en perspective, l’événement devient une expérience avec un début, un milieu et une fin.
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