Enquête de l’ONRDP : Non, le violeur type n’est pas un étranger de 34 ans sans emploi

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L’enquête de l’ONRDP (l’Observatoire national de la délinquance) voudrait nous faire croire que sur les 322 violeurs parisiens (chiffres correspondant aux 10% des femmes qui portent plaintes), 52% sont étrangers et 44 % sont sans emploi.

Des chiffres allant d’autant plus à l’encontre de l’enquête de l’ENVEFF (Enquête Nationale sur les Violences Envers les Femmes en France)menée sur un échantillon de 6000 femmes.

L’agresseur est dans 86% des cas un conjoint ou ex-conjoint, un patron, un voisin, un collègue,… Donc un homme que l’on connaît et contre lequel on hésite à porter plainte.

Or, les viols commis par de parfaits inconnus seraient 5 fois plus fréquents à Paris qu’ailleurs d’après l’enquête.

Alors que la majorité des victimes de viols (ou tentatives de viols) connaissent l’agresseur et n’osent pas porter plainte, l’enquête voudrait faire croire que la majorité des viols sont commis par de parfaits inconnus et d’autant plus, par des inconnus qui ne sont pas français, jeunes et précaires.

Par conséquent, l’enquête de l’ONRDP ignore la majorité des femmes violées. Un peu léger pour en tirer de conclusions :

Pour OLF, « l‘étude ne portant que sur les plaintes reçues, elle sous-estime (…) très fortement la réalité des viols, et en particulier les liens familiaux qui existent entre victime et violeur : s’il est déjà très difficile de porter plainte, ça l’est encore davantage quand il s’agit d’un proche ».

Rappelons encore une fois que les violeurs n’ont pas d’origines ni de classes sociales spécifiques. Par contre, ce sont majoritairement des hommes que l’on connaît. Des hommes qui ont bien intégré la violence patriarcale et s’en servent contre nous, comme d’un droit de leur avoir fait un jour confiance.

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Non, le violeur type n’a pas 34 ans et n’est pas de nationalité étrangère par Emmanuelle Piet

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22/01/2016

En se basant sur les plaintes pour viol déposées à Paris, l’Observatoire national de la délinquance dresse un portrait-robot de l’agresseur-type. Mais seules 10% des victimes portent plainte, ce qui peut faire douter de la représentativité de cette étude. Explications avec Emmanuelle Piet, présidente du collectif féministe contre le viol.

34 ans, de nationalité étrangère et sans emploi dans près d’un cas sur deux. C’est le portrait-robot du violeur type à Paris qui ressort d’une étude publiée ce vendredi par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. L’ONDRP s’est basé sur les 688 viols déclarés à Paris en 2013 et 2014 alors qu’on estime chaque année qu’environ 84 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont violées ou victimes de tentatives de viol. Quelles conclusions tirer de cette étude ? Éclairage avec le docteur Emmanuelle Piet, présidente du collectif féministe contre le viol.

Le portrait-robot du violeur type et de sa victime vous semble-t-il pertinent ? 

Emmanuelle Piet : Le problème est qu’il y a un énorme biais. Ces conclusions se basent uniquement sur les statistiques de personnes ayant porté plainte. Or, on sait que seules 10% des victimes font cette démarche. C’est donc uniquement le portrait du violeur contre lequel une plainte a été déposée.

Y a-t-il justement un profil type ? 

Dans les statistiques déclaratives dont nous disposons, les violeurs ont entre 11 et 99 ans, sont issus de tous les milieux sociaux et agissent aussi bien le jour que la nuit. Avec une spécificité, dans 90% des cas, l’agression a lieu au domicile. 86% des victimes connaissent leur agresseur: c’est leur patron, leur voisin, leur collègue, leur frère, leur ami ou même leur mari ou petit copain. Quand c’est un proche, un membre de la famille, c’est plus compliqué d’en parler et de se tourner vers la justice. Il y a moins d’enjeu lorsque c’est un inconnu.

Toujours selon cette étude, dans la moitié des cas la victime était intoxiquée, très majoritairement à l’alcool. Est-ce un fait établi hors plaintes ? 

Cela arrive mais assez souvent l’alcool a été fourni par l’agresseur. Ou, dans le cas de victimes de viol à répétitions, certaines ont besoin de boire pour oublier. Dans ce cas, l’alcool est une complication liée aux violences subies. Le problème, lorsque l’on dit que les victimes étaient sous l’emprise de l’alcool, c’est la culpabilisation induite : « Elle n’avait qu’à pas boire, ce ne serait pas arrivé. » C’est contre ce genre de stéréotypes que nous luttons. D’ailleurs, l’alcool est un facteur aggravant : comment peut-on parler de consentement dans le cas d’une personne à peine consciente ?

En aucun cas, ces femmes n’y sont pour quelque chose. Jamais une victime n’est responsable de ce qui lui arrive. Ce n’est pas parce qu’elle portait une mini-jupe dans une ruelle sombre qu’elle s’est faite violer (c’est quoi ce français : elle a été violée, note de Aoa). C’est uniquement la faute de son agresseur. (Et puis ce n’est pas son agresseur, on doit justement les décoller, c’est l’agresseur, note de Aoa).

(Tant qu’on ne changera pas notre langage en France, reflet de nos idées reçues, on ne changera rien, note de Aoa)

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