Théâtre-ô-thérapie !


Illustration. Image du domaine publicThéâtre-ô-thérapie !

Malika El Kettani

01/08/2017
La thérapie par l’art a su légitimer sa place au sein des hôpitaux psychiatriques, à travers le dessin, la musique, ou encore le théâtre. Des progrès grandioses ont été accomplis par les patients de la clinique de Garches à travers ce fabuleux outil. Immersion.

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La première séance fut une catastrophe, et la raison en était évidente : les patients n’avaient aucun espoir quant à la résolution de leur conflit ; un pessimisme qui émergeait des tréfonds de leur maladie.
Joanne, dépressive, nous rapporte les mots de leur professeur, qui ont fait office d’une véritable épiphanie :

« Je ne suis pas votre psychiatre, ni votre psychologue. Encore moins votre héros, et certainement pas votre Dieu. Je suis votre professeur d’art le plus délivrant que la terre connaisse. Votre maladie n’est pas votre obstacle, elle est votre arme dans cette lutte pour la vérité ! »

Bertrand, schizophrène, a vu son estime de soi grimper à travers cette expérience : « J’ai saisi l’importance de ma sensibilité et de mon acuité, et je me suis senti fier, spécial. Car il est vrai qu’on a une certaine capacité à absorber les évènements de la vie comme des compresses, et le théâtre m’a appris à l’utiliser pour en faire jaillir un matériel réactionnel chargé d’histoire propre ».
La séance qui suivit fut un triomphe. La nonchalance a fait place à l’engouement, l’absence d’intérêt à la ferveur, et l’extinction des émotions à leur foisonnement explosif. Comment des personnes n’ayant eu aucune formation artistique avaient-elles pu atteindre un tel niveau d’authenticité ?
À l’unanimité, un mot ne cessait de faire surface : cathartique.

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Dramathérapie et stress post-traumatique par Claudia Cavicchia


Dramathérapie et stress post-traumatique

Le principe de la méthode de Robert Landy, fondateur de la dramathérapie à l’Université de New York, est que chaque être humain exprime des tendances contradictoires dans ses comportements (nos différents personnages, ou nos rôles). Cette multiplicité, Landy l’appelle le ‘système de rôles’ d’une personne, qui représente l’ensemble de notre personnalité. En mettant en dialogue tous les différents personnages qui composent notre personnalité dans l’espace dramatique, nous essayons de les intégrer à fin de rééquilibrer notre vie. Landy évoque l’importance de gérer et cultiver un système de rôles suffisamment flexible pour supporter et contenir notre expérience de vie.
Si cette multiplicité de rôles est vraie pour tout un chacun dans notre vie normale et quotidienne, indépendamment de notre structure psychique ou de chaque histoire de vie, cela devient d’autant plus parlant quand il s’agit d’expériences de vie qui nous amènent, par le choc, à figer les différents rôles qui composent notre personnalité en personnages qui ne communiquent pas entre eux.
La fonction de la dramathérapie, dans ce cadre de personnages « figés », est de rétablir la communication entre nos personnages isolés dans leurs bulles, afin de se protéger. Pour que les fragments se (ré)unissent dans un tout, avec ses ambivalences et contradictions tout à fait naturelles. Recréer le lien entre ce qui a été fragmenté par le choc : telle est notre fonction de dramathérapeutes.
L’objectif d’un traitement dramathérapeutique est d’aider l’individu à trouver un compromis entre des rôles souvent contradictoires, tels celui de victime, de bourreau et de survivant, et d’apprendre à vivre avec les ambivalences de ces rôles.
Pour cela, nous empruntons le cheminement du voyage du Héros, fondé sur la mythologie universelle, proposé par Landy, qui a appliqué cette méthode auprès des témoins de l’attentat du 11 septembre au World Trade Center à New York.
Cette approche de la dramathérapie peut s’ajuster aussi bien à la prévention qu’à la remédiation des phénomènes de dissociation post-traumatiques qu’on retrouve souvent chez les personnes victimes d’événements de violence extrême.