Atelier du 28 janvier 2017 – Mosaïque

Cela me fait penser aussi à l’association de dur et mou (tesselles et joint)
Comme une peinture impressionniste.

Je dis que je préfère le rendu sur photo avant de poser le joint. Je choisis le joint blanc alors que j’avais en tête le joint gris. Je souhaite mettre une peinture de la couleur grise claire (tesselle) va paraître plus doux que de mettre des couleurs vives. Avec le joint qui n’est pas complètement sec et sur les tesselles donne de la douceur, comme envie de souffler comme de la poussière pour l’enlever sur les tesselles.

Comme une rose au milieu du plateau.

J’ai laissé le morceau jaune collé debout au centre comme un repère, comme le repère spatial du monsieur dans le cadre d’un ancien atelier. Et ce morceau me fait penser à une dent ballante que je bougeais prête à tomber.

Je vais vite pour mettre le joint au début, et ça me fait mal aux doigts, puis je prends du temps pour bien enfoncer le joint avec les doigts. Ça me rappelle l’enduis que ma mère posait sur les murs, le joint blanc me rappelle les montagnes enneigées du blogue qui était la première image de l’en-tête. La neige m’inspire de la douceur, de la chantilly, du fromage blanc, nuage, coton.

Mouflets : associés à moufles puis marmots : association de sonorités. Me rappelle le passage de la lettre d’un patient dans le livre d’Alice Miller où il invente des néologismes, associe des mots et puis invente des associations de syllabes, je crois que c’est comme dans le film l’écume des jours aussi.

• Dissociation corps-tête, esprit en lien je pense avec difficulté d’appréhension des proportions.
• Évitement plus que du déni
• J’ai du mal ce jour parmi d’autres, à m’orienter dans les lieux, je suis perturbée par les différentes portes qui ouvrent sur une même salle, et puis je me dis qu’en fait je ne suis jamais venue dans cette salle, alors que si, que la première fois il y avait le rideau qui cachait l’estrade (grosse estrade que j’avais imaginé petite).

Pour ce plateau, je pense mettre par la suite du joint gris clair.

• A un moment, je dis que la couleur OR me dérange sur ce plateau, puis avec le recul, ça va, même me plait. D’un plateau à l’autre, cela évolue.

Claudia dit que ça lui fait penser à comme un Big Bang, enfin de ce que j’en ai compris, des planètes qui ont explosé ou météorites puis les morceaux se sont à nouveau rejoint. Quand elle me dit ça, je ressens comme une sensation de me désagréger, comment ça peut exploser puis se recoller ? et puis je me calme je me dis que je n’ai pas compris la logique et puis je me dis « arrête avec ta logique » et ça me rassure en fait après de me dire que ça peut se recoller revenir à l’origine.

Le Big Bang c’est comme le Om symbole indien qui définit « le son originel, primordial à partir duquel l’univers se serait structuré »

Comme pour le premier plateau, je commence à différents endroits du plateau, pas qu’en partant du centre. Différents types de découpe.

Bon le fait même de me dire qu’il faut que j’arrête d’être dans quelque chose de linéaire, anticiper ce que je vais dire, même c’est encore une logique mais c’est un début, mais ça génère quand même du chamboulement, et j’essaye de tenir. En même temps, me dire qu’il y a beaucoup de chemin à parcourir, ouvre des perspectives et rassurent et met en mouvement, instaure des dynamiques, ça a le temps de bouger, régresser, avancer, reculer, sauter, faire des bonds.

Emmanuelle évoque à nouveau « le faire créatif » comme dans les premiers ateliers (je vois ça comme transformation de la matière première, brute).

Atelier du 23 décembre 2016 – Suite mosaïque

Outre le coté motricité du mouvement et travail de la force pour la rééducation fonctionnelle, la réalisation d’une œuvre tesselle par tesselle pour former au final un tout, canalise l’attention et stimule la concentration et la créativité, qu’elle soit celle d’un individu, ou interagisse sur la dynamique d’un groupe.
Dans ce parcours la mosaïste-art-thérapeute occupe la place d’un tiers qui permet au sujet de mettre en forme ce qui est informe et accueille ce que l’autre fait sortir de lui, entend ce qui est « in-ouï ». En autorisant à « vivre » ce qui a surgi au cours de l’expérience, en le replaçant dans le réel, le tiers permet le passage de la forme « fantasmée » à la forme « réelle ».

 

Je prends mon temps, je discute, j’ai envie que ça colle tout de suite.
Ce n’est pas ce que j’avais imaginé à la base, je m’étais représentée le plateau plus foncé, les découpes de tesselles plus grosses.
Je colle moins les morceaux qu’à la première séance, mais il faut les rassembler plus, sinon il y aura trop de joint. J’ai hâte de mettre les joints (comme du ciment), lisser…
Dans les transports, je tiens absolument à garder le plateau à l’horizontal, et je gêne tout le monde lol. Car dans l’ascenseur en sortant, des gens disent vous pouvez avancer, car ils voient bien que je peux le mettre à la verticale, ça prendrait moins de place.