Table ronde – Lundi 5 décembre 2016 – Méthodes de prise en charge des traumatismes

ministere-santePREMIER MINISTRE
Secrétariat d’État chargé de l’aide aux victimes

CYCLE DE TABLES RONDES
« ATTENTATS ET AUTRES CATASTROPHES : LES CONDITIONS D’UN ACCOMPAGNEMENT PSYCHOLOGIQUE RÉUSSI »
Faisant le constat d’une demande accrue d’accompagnement des victimes d’infractions violentes et
notamment d’actes terroristes, la secrétaire d’État chargée de l’aide aux victimes, Juliette MEADEL a
décidé de lancer un cycle de tables rondes associant spécialistes de l’urgence, psychologues,
psychiatres, pédopsychiatres, intervenants associatifs, ou encore enseignants.
Ces rencontres, tout en restant opérationnelles, visent à dégager des pistes d’amélioration qui
pourront être présentées en comité interministériel de suivi des victimes et proposées aux différents
ministères en vue d’améliorer les dispositifs de prise en charge psychologique des victimes.
Le cycle débutera le 5 décembre 2016 (de 10h à 12h45), à l’hôtel SCIPION, 13 rue Scipion, 75005
PARIS.
Les thématiques sont les suivantes :
1ère TR – Les méthodes de prise en charge des traumatismes dans l’urgence et dans la durée
2ème TR – L’accompagnement psychologique des enfants et des adolescents, victimes directes,
victimes indirectes ou témoins
3ème TR – L’offre de soins psychologiques et psychiatriques : quelles réformes ?

1ERE TABLE RONDE – LES MÉTHODES DE PRISE EN CHARGE DES TRAUMATISMES DANS L’URGENCE ET DANS LA DURÉE

Horaire : 10h à 12h45
A l’hôtel SCIPION, 13 rue Scipion 75013 Paris
Ordre du jour
• État des lieux de l’offre existante
• Quels outils de travail partagés ?
• Le choc post-traumatique : intégration de la prise en charge et modalités d’intervention (les
différentes techniques disponibles)
• Comparaison sur les différentes approches étrangères
• Échanges avec la salle

Intervenants :
Humbert BOISSEAU, professeur agrégé du Val de Grâce, chef du service Psychiatrie de l’HIA du Val de Grâce
Jean-Philippe RONDIER, psychiatre libéral, ancien médecin militaire


• Mot d’accueil et intervention de Martin Hirsch

220px-martin_hirsch_par_claude_truong-ngoc_avril_2013Le 13 novembre 2013, il est nommé par décret directeur général de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris. Le , il annonce l’ouverture de négociations sur l’organisation du temps de travail. HPHP
Acteurs professionnels scientifiques administratifs. Dimension qu’on a tendance à sous estimé dans sa rapidité et dans sa durée. Coordonné, préparé, réactif. On est passé d’une époque où l’on pouvait considérer cela comme secondaire et maintenant on organise mieux les choses
Mobilisation plus traditionnelle sur les victimes directes. Prise en considération des victimes indirectes.
Volonté permanente des retours d’expérience.
Process et formation. Besoin de formation très important qu’il va falloir satisfaire.
Un certain nombre de spécialistes et de référents, mais l’état d’esprit concerne tout le monde. Connaître le rôle de chacun. Période plus calme pour ne pas relâcher les formations, les connaissances.
État d’esprit permanence d’allers retours entre les situations de crise et les situations plus calmes.
Vous êtes tous chez vous bien évidemment.

• Ouverture et animation par la secrétaire d’État chargée de l’aide aux victimes

chargee-de-l-aide-aux-victimes-afp-1455229959Juliette Méadel
Le temps n’est pas notre principal allier en ce moment. Un nouveau travail pour l’accompagnement des victimes de catastrophes.
Traumatisme de masse qui se répercute au rythme de la presse et des réseaux sociaux. Contexte de sidération. Blessures psychiques douloureuses invisibles.
Reconnaissance des blessures. Dix séances de consultation chez un psychologue. Prise en charge par la sécurité sociale. La prise en charge reste le parent pauvre. Constat d’autant plus vrai que nous sommes dans la phase de suivi. Les CUMP sont une bonne réponse, mais on doit travailler sur le suivi.
Prise en charge des troubles psychologiques sur le long terme.
Les méthodes de prise en charge dans l’urgence et la durée.
Médecine civile et médecine militaire.
Approche pluridisciplinaire.
Référence aux soins aux États-Unis peu à peu effacée par Reagan.
On a quelque chose à défendre.
En tant que responsable politique je n’ai pas de choix à faire. Quelle est la meilleure offre ?
En France, nous pouvons être assez fiers de notre accompagnement psycho.
Douleur morale trop profondément humaine pour être traitée par des traitements médicamenteux. Souffrance psychique irréductible à l’accompagnement humain.

Co-animation : Franck de Montleau

psychiatre, professeur agrégé du Val de Grâce, chef du service psychiatrie à l’hôpital Percy

17 – Médecin en chef Franck de MONTLEAU – Faire… par saintcyrcoetquidan-crec
Aiguillon formidable pour faire bouger
Depuis 20 ans beaucoup de choses ont bougé. Conscience des ravages psychiques.
RER B Saint Michel. 27 mai 1997 réseau national des CUMP.
Armée française guerre du Golfe.

Séquence 1 – État des lieux de la prise en charge des traumatismes

Louis Crocq – Psychiatre et psychologue

0956e31Louis CROQ, professeur associé honoraire à l’Université René Descartes à Paris V, psychiatre et docteur en psychologie, spécialiste des névroses de guerre.
100 départements du territoire français. Névrose de guerre.
D’autres que l’on croyait disparus sont ravivés par un nouveau traumatisme.

Carole Damiani

Docteur en psychologie, directrice de l’association Paris Aide aux Victimes et chargée de mission à l’INAVEM

Quels facteurs de résilience ?  Carole Damiani par fenvac
Quelque soit la nature de la prise en charge, au préalable, le diagnostique et la clinique. Technique de l’immédiat et de l’urgence. Les profils commencent à se différencier au bout de quelques mois.
C’est à partir du diagnostique que nous pourrons savoir quelle technique de suivi choisir.
Articulation et coordination des différents protocoles.
Adosser à des services de soins. Continuité indispensable.
Thérapie unique mode de réparation qui s’inscrit dans une réparation plus globale.
Une victime au sens judiciaire a des droits qu’un impliqué au sens psy n’aura pas.
Lien entre pscho et réparation judiciaire.
La thérapie comme élément de cette prise en charge globale.

Lionel Gibert

Hôtel Dieu
Pouvoir sélectionner les patients qui seront à suivre dans le temps.
Stress post-traumatique à terme.
Facteur de risque de survenu résultats. Possible amélioration pour le repérage.
A six mois ESPT
Le stress aiguë est intense, plus risque d’ESPT
Environnement social a un impact sur ce qui va se passer après.
Le niveau d’étude va protéger le patient.
Attention au patient faible, isolé, peu de possibilité d’élaboration.
Les blessés par arme automatique on reçu un soutien immédiat qui les a protégé.
Comment modéliser le TSPT de manière dynamique grâce à un modèle probabiliste ?
Comorbidité abus d’alcool important.

Thierry BAUBET, psychiatre à l’hôpital Avicenne

he1ytnni_400x400Spécialiste des traumatismes collectifs, responsable de la CUMP de Seine-Saint Denis 93
Problème
1/ Discontinuité trop importante (victimes « de moins en moins »)
Sont passées de mains en mains comme des paquets.
2/ Pas de secrétariat, constitution de dossiers insuffisante
3/ Orientation problématique,
Qui Quand où ?
Ont vu 5000 victimes depuis novembre 2015.
Prévalence du PTSD augmente s’il y a intentionnalité humaine.
• Mieux connaître les besoins des victimes
• Éviter la discontinuité
• Rester réactif
• Disposer d’un réseau de partenaires.
Une information erronée est source de survictimation.
Choix des techniques thérapeutiques aussi éclairé par le choix éclairé des patients. Les patients sont tout à fait à même de choisir. Il faut qu’on reste la personne identifiable, même un an ou deux ans après.
Organisation et articulation des réseaux des soins psychiques : regards croisés entre médecin militaire et réseaux hospitaliers.

Franck de Montleau

franck-de-montleauPsychiatre à l’HIA Percy
A partir de quelle graduation, faut-il s’alarmer ?
Dépistage systématique par le médecin des forces.
3ème et 6ème mois qui suivent le retour des militaires.
Proposition systématique aux victimes civiles.
Attention à apporter aux blessés physiques.
Aspects médicaux légaux, qui peuvent avoir une valeur de reconnaissance.
Sur l’ensemble des victimes une minorité avait demandé une procédure au fonds de pension militaire d’invalidité.
Prise en charge pluridisciplinaire dans la durée.
Réflexion globale.
Cellule de réadaptation réinsertion dans un tissu social.
Parcours médical, social
Textes de lois en évolution.
C2RBA
Fonds de garanti
• projet depuis 2 ans Pôle post-traumatique d’Ile de France
Prise en charge globale somatique et psychique.
2019 – création d’un service de psychotrauma.

Gaëlle ABGRALL-BARBRY, psychiatre, cheffe de service Psychiatrie à l’hôpital Tenon

aaeaaqaaaaaaaay2aaaajgezmgu4yje3lwi4zgytngzjny04ntgzlwmxoty4yzblnmm1oqPsychiatre à l’hôpital Tenon
Dix lits dès les années 2000
L’accueil du 13-Novembre passé directement par le SAMU
Contact avec les blessés physiques parfois complexe.
12 victimes blessées psychiques et 2 encore en soin.
Traitement sur mesure individuel.
Acuponcture, sophrologie, thérapie corporelle. Art-Thérapie & Danse–Thérapie.
20 et 28 jours.
Les hospitalisations séquentielles.
CUMP 93 continuité. Lien entre les CUMP et les structures hospitalières.
Organisation des soins et le travail en réseau.

Débats et échanges avec la salle

Franck de Montleau

La trajectoire de vie peut se remanier très rapidement, ce peut être la marque du traumatisme.
Exigence éthique pour les victimes.
Remaniement existentiel positif ou allant vers des impasses.
Honte culpabilité, révélation de la haine. Important de faire appel à l’agressivité.

Carole Damiani

1/ Le diagnostique
2/ Ressources psychiques de la personne
3/ La demande de la personne

Lionel Gibert

Organisation des soins.
Afflux en état stress aigue. Tant bien que mal. Chacun a essayé de prendre en charge à sa manière. Donc difficulté pour isoler les cas les plus critiques. Comment organiser les soins ? On donnait aux patients une liste qui très rapidement a été saturée. Consultation post-urgence à organiser.

13-Novembre, Fraternité & vérité.

Offre pour les victimes en région ?

Caroline Langlade

Protection pour les victimes psychologiques
Surviolence pour dépasser son traumatisme. De fausses victimes ont baladé les vraies victimes pendant un an.
Les professionnels sont isolés et n’ont pas de lien. Proposition d’un annuaire.

Thierry Baubet

J’utilise le mot victime comme un psy. Les associations ont un rôle à jouer. Comment entre associations, il y a quelque chose de capitalisable. Initiative individuelle. Il n’y a pas de structures repérée pour le trauma.

Carole Damiani

Expérience à Nice
Ligne téléphonique dédiée, qui faisait le médiateur entre les blessés et la structure.
Systématiser le recueil des personnes que l’ont reçoit.
Répertorier les professionnels, il peut y avoir de fausses victimes mais aussi de faux psy. Il y a des personnes se déclarant thérapeutes.
Agences nationales de santé peuvent être des relais.

Gaëlle ABGRALL-BARBRY, psychiatre, cheffe de service Psychiatrie à l’hôpital Tenon

Formation problématique du trauma et problématique du deuil. Médecin de famille. Mise en place d’une ligne téléphonique.

Juliette Méadel

Rôle des pouvoirs public est de mettre à disposition toutes les informations. Très attachée au fait d’être capable d’associer la médecine de ville. Meilleurs coordination des objectifs partagés. Décloisonnement médecine de ville, médecine hospitalière.

Séquence 2 – Les différentes méthodes d’accompagnement et les pistes d’amélioration

Quels outils de travail partagé ?

Patrick Clervoy


Psychiatre, professeur agrégé du Val de Grâce, praticien en clinique
Quelles sont les conditions de l’intervention ? Le plus proche possible par rapport à la victime en terme de lieu et en terme de temps. Secouristes et infirmières le font très bien.
Dans la durée,
A l’OTAN c’est pas le diplôme qui prime c’est la compétence. La collégialité. C’est tous ensemble, on communique, on échange.
Psychothérapie pas de dogme pas de chapelle, on applique la pratique avec laquelle on se sent bien. La formation, le compagnonnage. Le RETEX = le retour d’expérience. La transmission d’expérience.
La clinique est extrêmement variable. Adaptation permanente. L’épuisement émotionnel des accompagnateurs. L’état d’esprit de l’autre qui est toujours une ouverture et une aide. Exposer ce qu’on fait.

Sylvie Molenda – CHU de Lille


Élaboration de bonnes pratiques
Première intention psychothérapeutique
TCC centrées sur le trauma
Un certains nombres de protocoles ont été évalués
La thérapie par exposition prolongée 9 séances de 90 minutes hebdomadaires
EMDR
Francine Sappiro
Croyances sur soi et les émotions attachées à ces croyances.
Réduction de la dépression

Bruno Millet

photo-bruno-milletProfesseur de Psychiatrie Adulte – Chef du Pôle Hospitalo-universitaire de Psychiatrie Adulte à Rennes
Blocage de la reconsolidation mnésique.
Stress post-traumatique après les attentats : le blocage de la reconsolidation des souvenirs, Pr Millet et Brunet
Au Canada, le professeur Brunet a mis en place une nouvelle méthode de traitement des traumatismes : associer sur six semaines une thérapie et un médicament qui agit sur l’intensité émotionnelle du souvenir. Une méthode à l’étude en France pour les blessés psychiques des attentats de Paris.

Alain BRUNET, professeur agrégé en psychiatrie

Directeur de recherche psychosociale à l’Institut Douglas à Québec
Psychiatre à l’hôpital La Pitié-Salpêtrière (AP-HP)
Propranolol
Le souvenir traumatique au bout de 6 séances devient un mauvais souvenir.
Groupe comparateur.
01 42 16 15 35

Françoise RUDETZKI, fondatrice de l’association SOS attentats

2c650e1Membre du Conseil économique – CESE, social et environnemental
Mission de préfiguration d’un centre de la « résilience »
Prise en charge psycho-social.
Victimes civiles de guerre
Nous devons sortir les victimes de leur statut de victimes. But prioritaire pour les enfants.
On ne guérit pas, la vie ne sera jamais comme avant.
Le parcours des intervenants n’est pas une mince affaire.
Il faut un point d’ancrage avec un lieu, une structure. Le secrétariat d’État a besoin d’être pérennisé. Une voir deux générations. Centre de ressources, de référencement. Les outils informatiques nous permettent de tenir à jour un listing.
La recherche. Centre doit donner l’élan pour d’autres recherches. Susciter des thèses.
Aujourd’hui ça passe forcément par des évaluations.

Débat et échanges avec la salle : comment mieux associer la médecine de ville ?

Franck de Montleau

Expérimentation un peu bricolage dans mon service. Impacter les sujets. EMDR. Amélioration symptomatique avec des ressources particulièrement fortes.
Diversité fait la richesse de la prise en charge.
Les symptômes de l’ESPT ne sont que la partie visible de l’iceberg.
Tant qu’on a une personne qui ne dort que 2 heures par nuit, qui est submergée de reviviscence, on ne peut pas faire de travail de fond.
Dépressions sévères et deuils pathologiques.

Serge Caras terrain mairie du XIe

Recueil d’informations commun pour laisser des infos traces sur les victimes qui demanderaient des thérapies plus tard.
Nous avons rappelé les personnes une semaine, quinze jours, un mois. Des personnes intellectuellement favorisées qui se trouvaient seules sans soutien.
Les maraudes à partir de la mairie du XIe des personnes qui n’osaient même plus sortir.
Le samu 94 est intervenu tout de suite pour passer la main au samu de Lille.
Louis Crocq : les CUMP doivent être un réseau.
Du point de vu doctrine, la période initiale peut se prolonger deux à trois jours.
A Nice l’opportunité étaient de court-circuiter c’est revenir en arrière. Préserver la proximité.
Évaluation à faire sans abandonner ce qui a été acquis.

Franck de Montleau

Réalisation scientifique. Les thérapies brèves n’ont pas de résultats.
Traçabilité, attention ne pas diffuser victime ou pas victime pour les assurances.

Patrice Liouville

Société française de psychotraumatologie
Prof à Paris V
Blessés psychiques.
La consultation se réduit. Beaucoup moins de possibilité de prendre en charge le psychotrauma.
Une structure qui ait vraiment les moyens.
Personne de la CUMP
A Nice la SIAM demandait la CUMP
Donner à la CUMP les moyens de suivre des patients.

Franck de Montleau

• Continuité des soins de bout en bout
• Diversité des approches enrichissement qui sert un projet global.
• Formation – compagnonnage.

2ème table ronde
Fin janvier début février