Livre – Le prince à la petite tasse par Emilie de Turckheim

Le prince à la petite tasse
Par Emilie de Turckheim
Date de parution : 16/08/2018
Editeur : Calmann-Lévy
ISBN : 978-2-7021-5897-5
EAN : 9782702158975
Format : Grand Format
Présentation : Broché
Nb. de pages : 197 pages
Poids : 0.265 Kg
Dimensions : 13,5 cm × 21,5 cm × 1,8 cm


Résumé
Un jour, j’ai dit : « Ils sont des milliers à dormir dehors. Quelqu’un pourrait habiter chez nous, peut-être ? » Et Fabrice a dit : « Oui, il faudra juste acheter un lit ». Et notre fils Marius a dit : « Faudra apprendre sa langue avant qu’il arrive ». Et son petit frère Noé a ajouté : « Faudra surtout lui apprendre à jouer aux cartes, parce qu’on adore jouer aux cartes, nous ! » Pendant neuf mois, Emilie, Fabrice et leurs deux enfants ont accueilli dans leur appartement parisien Reza, un jeune Afghan qui a fui son pays en guerre à l’âge de douze ans.
Ce journal lumineux retrace la formidable aventure de ces mois passés à se découvrir et à retrouver ce qu’on avait égaré en chemin : l’espoir et la fraternité.


Biographie d’Emilie de Turckheim
Née en 1980, Emilie de Turckheim est écrivain. Dernier roman paru : L’Enlèvement des Sabines (éditions Héloïse d’Ormesson).

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Du Mali au CAP plomberie, itinéraire tortueux d’un mineur isolé

Du Mali au CAP plomberie, itinéraire tortueux d’un mineur isolé
par Vice news
Élise Blanchard
nov. 10 2017
Rencontre avec Seydou, un mineur non-accompagné arrivé seul à Paris en septembre 2016, qui est un des rares à avoir réussi la transition de la rue au lycée.
Seydou* a eu beau brandir son acte de naissance, répéter qu’il est né le 10 octobre 2000, qu’il a 16 ans, ses efforts sont restés vains. En l’espace de moins d’un an, les services français et les juges régissant la prise en charge des mineurs isolés étrangers ont changé d’avis trois fois. Sa minorité a d’abord été démentie, puis son âge a été évalué à 17 ans, avant d’être à nouveau déclaré majeur. Il s’est alors retrouvé à la rue.

Comme des centaines de mineurs isolés étrangers chaque année, Seydou a été rejeté et relayé au statut de fantôme sans âge par la machine de l’évaluation des mineurs non accompagnés. Ce jeune Malien, arrivé seul à Paris en septembre 2016 après un voyage de deux mois, a quitté son pays pour venir en aide à sa famille. Aujourd’hui en CAP d’installation sanitaire à Pontoise, il est l’un des rares mineurs isolés ayant réussi la transition de la rue au lycée.

Assis dans un café le mois dernier, Seydou brandit fièrement son emploi du temps et ses exercices de dessins de génie civil en souriant. Élève très appliqué, aujourd’hui premier ou deuxième de sa classe malgré des années de retard à rattraper, Seydou a choisi de devenir plombier. Un parcours rare, pour un jeune arrivé seul en France. L’école lui a redonné le sourire, mais il revient de loin.

« J’ai cru que j’allais mourir »

Ce jeune au visage poupin, et aux yeux doux encadrés par de petites lunettes noires, vient du sud du Mali, où sa famille survivait tant bien que mal grâce à une petite parcelle de terre et quelques vaches.
Seydou est le seul des trois enfants qui parvient à être scolarisé au Mali. Mais en 2012, il doit interrompre ses études, après le décès de son père. La situation de sa famille empire, et quelques années plus tard, inquiet pour sa mère et ses deux petits frères, il décide d’entreprendre le périple vers Europe pour étudier et gagner assez d’argent pour les aider.
« J’avais eu peur qu’à la fin on n’ait plus à manger. Et si on tombait malade, on ne pouvait pas se soigner », se souvient-il.

Le voyage vers la France a été un enfer. En Libye, il doit travailler pour financer la traversée de la Méditerranée. Puis, entassé avec 105 personnes dans un Zodiac gonflable, Seydou doit rester debout pendant tout le voyage, au centre, pour éviter que le bateau ne chavire. « J’avais mal à mes pieds, on vomissait, j’ai cru que j’allais mourir. » Par chance, un bateau italien vient les secourir après trois jours de voyage.
À son arrivée en Italie, Seydou est accueilli dans un foyer pour mineurs, reçoit des cours d’italien, passe une visite médicale. Mais il veut rejoindre la France, pays dont il comprend la langue. « Quand j’étais en Afrique, je pensais qu’en Europe tout le monde parle français. »

Il arrive à Paris en septembre 2016. À la Gare du Nord, un homme lui donne l’adresse du CEMIE 95, le centre d’évaluation des mineurs isolés étrangers à Cergy Pontoise, qui doit déterminer leur minorité et isolement — conditions nécessaires à la prise en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE).

« J’ai regretté d’être venu en France »

Selon la loi, après s’être présentés dans un centre d’accueil, les mineurs non accompagnés doivent être mis à l’abri pendant 5 jours, le temps de « la réalisation de l’évaluation de la minorité la plus étayée possible », par une équipe pluridisciplinaire et basée sur « un faisceau d’indices ». En France, les mineurs non accompagnés ne peuvent pas être expulsés et ont théoriquement les mêmes droits qu’un enfant français dans une situation similaire.

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