L’objet de ce blogue collaboratif

Les interventions/ateliers – écriture des lettres – Exercices pratiques par l’Art-Thérapie – sont complémentaires à tout parcours médical obligatoire et ne peuvent pas le remplacer. Les interventions peuvent être réalisées en collaboration avec les psychologues ou psychiatres, hôpitaux, centres de soins ou préventions…
Nos services accompagnent les praticiens et professionnels de santé dans leur compréhension de la dissociation péri-traumatique.

Préface française de la Dre Muriel Salmona
page 16 du livre
Et il pallie la méconnaissance, la sous-estimation et l’incompréhension qui entravent l’identification des violences et de leurs conséquences psychotraumatiques. Restituer aux victimes traumatisées une parole, une cohérence, une vérité, une solidarité et des droits dont elles sont privés. Redonner du sens dans ce qui leur arrive, est une nécessité absolue.

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Atelier du 18 novembre 2017 : La colère

Une nouvelle arrivante était parmi nous, nous lui avons donc souhaité la bienvenue, un petit mot de la part de chacune d’entre nous, au moment de notre présentation.
C’est important de bien accueillir une nouvelle personne je trouve, car pour elle ce n’est pas facile d’arriver dans un milieu inconnu, et de faire connaissance avec de nouvelles têtes.

La colère est un thème qui reste compliqué à exprimer, je m’en suis rendue compte. Mais l’échange était présent dans le groupe, dans l’écoute et le respect comme il se doit.

J’ai comme d’habitude mis ma petite pointe d’humour, j’aime faire cela quand je vois que parfois ça devient compliqué pour certaines personnes de bien exprimer leur ressenti… c’est ma façon de détendre l’atmosphère. Et puis cela repart…
C’est pour cela qu’on me surnomme mon petit « clown » dans le groupe.

Je ne peux en dire plus lors de nos échanges, je dois respecter la confidentialité.


Nous sommes ensuite passées, après une pause, à mon atelier collage.
L’idée de départ que j’avais proposée était celle-ci :

Représenter la colère comme vous la voyez, en collage.

J’avais aussi suggéré de rester dans l’échange lors de nos réalisations, je trouvais sympa vu que ce thème sur la colère reste un sujet fragile à exprimer…
Pendant nos réalisations, nous avons échangé pour connaître un peu plus sur la nouvelle arrivée, puis nous avons échangé sur les images que nous découpions que nous trouvions dans les magazines.
Lors de cette création, des échanges chaleureux étaient présents, même que nous nous sommes mises à rire aussi sur nos réflexions, tout en gardant un côté sérieux sur cet atelier.
Ce fut un atelier apprécié par les personnes, un atelier accompli dans une atmosphère détendue.

De mon côté, j’essayai de rester à l’écoute des personnes présentes, et essayais aussi de repérer si des moments difficiles pointaient leur nez. C’était important, éventuellement d’apaiser une angoisse, ou autre. Ne pas rester dans le silence, le droit à la parole on doit se le donner, se l’autoriser.
J’ai aussi répété au groupe que c’était important de ne pas se mettre la pression pour obtenir un résultat. Qu’il fallait juste profiter de ce moment présent d’échange, et d’expression, en étant maître de notre réalisation. Qu’il ne fallait faire aucune comparaison avec le voisin, que notre œuvre était le regard que chacune avait sur cette colère.
J’ai aussi posé la question si les personnes souhaitaient signer leur collage et si elles étaient d’accord qu’il soit mis sur le blog.

J’en reviens à ces mots : intimité, respect, et être maître de sa liberté et de ses choix.
Pour moi c’est important d’accepter les choix de toutes, et d’accepter la personne comme elle est.
J’ai apprécié me concernant ce moment passé ensemble.

BMP – Le cri de la colère


Je souhaitais en plus du collage dessiner cette colère.
Je commencerais par écrire qu’on a le droit d’être en colère, mais tout en restant dans les limites, et tout en respectant les personnes.
Pour moi la colère c’est une marre de mots qui parfois peuvent dépasser notre pensée.

La colère est une émotion simple qui traduit l’insatisfaction.
Elle est vécue à l’égard de ce qu’on identifie, à tort ou à raison, comme étant « responsable » de notre frustration.

Pour ma part, je peux être en colère et en même temps triste. C’est ma colère qui me rend triste, mais il y a une différence entre les deux et parfois quand les deux situations se rejoignent, fusionnent, j’oublie que c’est la colère qui chez moi provoque la tristesse. Je pense que c’est important de le rappeler :

La tristesse, renvoie directement au manque, alors que la colère est une réaction à la cause de la frustration.
La colère porte un double message : elle signale à la fois l’insatisfaction et ce que nous considérons comme « l’obstacle » à notre bien-être. La colère, en effet, est toujours vécue à l’égard de quelqu’un ou de quelque chose.

Parfois c’est encore difficile pour moi de bien faire la différence mais faire cette différence est important. Et je me dis que cela peux éviter des ennuis.

Il y a plusieurs degrés concernant la colère : cela peut aller du frémissement d’agacement à la fureur dévastatrice, voire à la rage qui est incontrôlable.

Je me dis que la colère nous empêche d’évoluer. Elle nous empêche parfois aussi de nous sentir bien dans notre tête, et aussi de profiter des moments présents.
Mais j’ai du mal à considérer la colère comme saine, voire normale, car elle m’effraie.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Quand je pense à ce mot « colère » je ne peux pas oublier le mot dissociation, car je me dis que la colère peut provoquer chez moi des dissociations et les dissociations me font revivre des situations du passé, et réactivent le sensoriel : odeurs, bruits, paroles.
Comme la force de ma colère je la perçois comme étant masculine, j’ai donc traduit cela avec des visages féminins pour faire ressortir à quel point ma colère peut se montrer forte mais aussi pour représenter ce phénomène de dissociation. Les deux situations me posent parfois le souci de bien la canaliser et de la faire sortir cette colère, qui est pour moi un véritable tremblement de terre.
J’ai donc dessiné le premier visage, puis j’ai continué avec le deuxième visage mais celui-ci avec le poing fermé. Poing fermé pour représenter cette angoisse que je ressens de faire trop sortir mon côté violent. Je pense parfois à la partie émotionnelle de Béa.
Quand j’ai commencé à travailler sur cette esquisse, l’idée de dessiner le corps était absent en moi. J’ai trop peur des mouvements de violence et de destruction qui peuvent arriver si la colère m’emporte. J’ai repensé à cette camisole que l’on utilise dans les hôpitaux, soit disant pour votre bien, mais surtout pour que le personnel ait la paix.
Pour créer le manteau de mon esquisse, il m’était impossible de mettre de la couleur, car la colère, j’ai du mal à bien la canaliser et souvent je la rumine. Je tricote avec mon cerveau.
Le jour où je pourrais bien la canaliser sans me sentir fautive, je mettrais de la couleur.

Matériaux utilisés :

Dessin conçue sur feuille de format de 50X70 cm à grain fin.
Crayon HB, 2B, 3B,

Qu’avez-vous ressenti ?

• Je me faisais cette réflexion que pour moi, ça reste encore une difficulté de faire sortir ma colère, mais que j’y arrive un peu mieux.
• Je pense que j’ai besoin d’un encadrement pour la faire sortir cette colère.
• J’ai remarqué aussi quand ma colère se montre forte que je suis incapable de l’exprimer jusqu’au bout, je me dissocie avant. Après j’oublie.
• Mais parfois cette colère revient et réapparaît dans une autre situation.
• La colère est beaucoup remontée face à mon passé, mais je ne suis pas capable de savoir si ce n’est que de la colère.
• Parfois je me dis que ma colère représente la force d’un homme, ce qui explique pourquoi que je dessine souvent des visages d’hommes pour la représenter.
• Je me fais cette réflexion si parfois je n’ai pas encore du mal à m’approprier ma propre colère.
• La colère des autres personnes me rend petite et m’effraie. Les personnes qui le savent se servent de cela et me manipule avec. C’est le cas de mon ex.
• J’ai encore du mal à regarder ma colère sur des situations d’une façon correcte.
• Je suis persuadée, par contre, qu’il y a de la bonne et de la mauvaise colère. Le tout c’est de bien arriver à faire la différence.
• Je me disais que que malgré cette angoisse qui est la devant cette colère, je pense que j’ai évolué.
• J’ai eux des dissociations, mais c’est une habitude.
• Parfois je ressentais cette impression de me voir en deux, ou d’avoir la vue brouillée.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant mon dessin, je me disais qu’un peu de ma colère est dessinée, déposée, exprimée dans ce dessin.
Dessiner cette colère sans y mettre des mots était plus facile pour moi.
En regardant ce tableau je ne ressens pas vraiment mon corps, il est absent, mais ma tête me semble avoir enflée.