Activité collective et réélaboration des règles comme ressources pour la santé psychique : le cas de la police nationale par S. Caroly 

https://www.cairn.info/revue-le-travail-humain-2011-4-page-365.htm

Dans le cadre d’une recherche sur le stress dans la police, l’observation des relations professionnelles au sein des collectifs de travail a conduit à nous interroger sur les modalités de construction du métier de policier dans les brigades de Police secours. Dans une approche ergonomique, les causes du stress sont à rechercher dans l’organisation de travail qui crée des imperfections dans la prescription par rapport aux besoins de l’usager et ceux des professionnels. Face aux mutations profondes des politiques publiques et à l’évolution sociale des populations, le travail des policiers se caractérise par des situations critiques dans la relation de service pouvant être à l’origine de tensions. Dans cette conception, les situations de stress sont à interroger du côté des conditions de l’activité de travail, c’est- à-dire des modalités de régulations individuelles et collectives mises en œuvre pour gérer des conflits de buts et les gênes occasionnées par la tâche, et non du côté des fragilités individuelles à gérer les situations de violences rencontrées par les policiers. Le collectif de travail, y compris l’encadrement, apparaît comme une ressource pour réaliser l’activité et préserver la santé de chacun.

Le psychanalyste Christophe Dejours souligne l’attachement des Français au travail et l’urgence d’en faire à nouveau un lieu d’émancipation.

Christophe Desjours : « On est plus intelligent après le travail qu’avant »