{"id":127,"date":"2012-12-01T10:22:00","date_gmt":"2012-12-01T09:22:00","guid":{"rendered":"http:\/\/artherapievirtus.org\/RAIVVI\/philippe-souffrance-objectivitesubjectivite\/"},"modified":"2019-01-30T19:44:01","modified_gmt":"2019-01-30T18:44:01","slug":"philippe-souffrance-objectivitesubjectivite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/artherapievirtus.org\/RAIVVI\/philippe-souffrance-objectivitesubjectivite\/","title":{"rendered":"Philippe \u2013 Souffrance \u2013 Objectivit\u00e9\/Subjectivit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/philippe-perso.blogspot.fr\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/4.bp.blogspot.com\/-SALB9wYW4_E\/ULnXOVQdtbI\/AAAAAAAABBg\/0_Jb9Ue8nZ4\/s200\/Philippe.jpg?resize=200%2C149\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"149\" border=\"0\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/p>\n<p>Quelquefois, se faire mal c&rsquo;est aussi essayer de se r\u00e9veiller, comme se pincer pour sortir d&rsquo;un cauchemar. Mais se faire mal, et le suicide, ce sont deux choses diff\u00e9rentes. Lorsqu&rsquo;on en vient \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e du suicide, tout devient plus complexe. Moi aussi, j&rsquo;ai essay\u00e9 plusieurs fois, et j&rsquo;ai bien failli r\u00e9ussir si ce n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 pour une aide de la part de personnes \u00e9trang\u00e8res. Mais m\u00eame l\u00e0, cette pesanteur de la vie me rattrape et me dit : \u00e0 quoi bon tant d&rsquo;effort.<\/p>\n<p>Vivre, mourir, c&rsquo;est tout un puisque tu es d\u00e9j\u00e0 mort dedans.<br \/>\nIl me reste une grande confusion aujourd&rsquo;hui : la vie est ins\u00e9parable de la mort, car si je vis, c&rsquo;est parce que quelqu&rsquo;un est mort, et aussi parce que quelqu&rsquo;un en moi est mort. Vie et mort sont m\u00eal\u00e9es en moi, dans ma propre existence.<\/p>\n<p>Se faire mal, par contre, est une expression qui me met mal \u00e0 l&rsquo;aise car j&rsquo;aimerais avoir mal, me r\u00e9veiller parfois, mais je me rends compte que cela ne marche pas. Ou bien est-ce se faire mal pour avoir un point o\u00f9 l&rsquo;on a mal, plut\u00f4t que ce malaise diffus qui n&rsquo;est ni douleur ni rien. Peut-\u00eatre qu&rsquo;en me faisant mal je me dis : oui, j&rsquo;ai raison d&rsquo;avoir mal puisque je me suis coup\u00e9, frapp\u00e9, intoxiqu\u00e9. Pourquoi est-ce que j&rsquo;ai fait cela, peu importe, mais pour l&rsquo;espace d&rsquo;un instant, j&rsquo;ai v\u00e9cu parce que mon corps a \u00e9t\u00e9 mis en danger \u2013 pas comme ces battements de c\u0153ur ou ces coups de nerfs qui ne me disent rien de quelque chose qui serait douleur et qui tue toute envie d&rsquo;\u00eatre bien. Il y a quelque chose en moi que d&rsquo;autres appellent douleur, que moi-m\u00eame j&rsquo;appelle douleur quand je la vois dans les autres, mais que je ne per\u00e7ois pas comme tel en moi car je n&rsquo;ai pas mal.<\/p>\n<p>Et puis, quelle serait la raison de ce mal ? Des \u00e9v\u00e8nements dans le pass\u00e9 que je ne connais plus, qui me paraissent comme des cauchemars sans rien de r\u00e9el, en l&rsquo;absence de souvenirs. Est-ce que les quelques bribes de souvenirs de mon adolescence suffisent \u00e0 me faire sentir mal ? Pourtant, j&rsquo;ai v\u00e9cu la moiti\u00e9 de ma vie en me vantant presque d&rsquo;avoir couch\u00e9 avec ma m\u00e8re \u2013 bien s\u00fbr, alors je buvais, j&rsquo;\u00e9tais malade, je taillais cette chair qui est la mienne. Mais je n&rsquo;avais pas mal, j&rsquo;\u00e9tais le mal. Aujourd&rsquo;hui, je ne fais plus tout cela, pourquoi donc devrais-je avoir mal ? Je travaille, j&rsquo;ai une famille, des enfants qui sont ma vie. Je ne peux pas avoir mal, souffrir.<\/p>\n<p>D&rsquo;ailleurs, souffrir, qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est ? Une fa\u00e7on de se prendre en piti\u00e9 ?<\/p>\n<p>Une fa\u00e7on de se torturer en se posant des questions sans r\u00e9ponses ? Histoire de chercher la petite b\u00eate noire ? C&rsquo;est tellement dur de savoir ce que c&rsquo;est que souffrir qu&rsquo;il faut se faire mal pour s&rsquo;en rappeler, mais cela, c&rsquo;est une douleur physique. Donc se faire mal ne sert \u00e0 rien non plus. Ainsi pris entre l&rsquo;absence de souffrance et l&rsquo;absence de plaisir, dans une confusion qui n&rsquo;est pas le chaos original, cr\u00e9ateur, mais la boue lourde de ces souliers qui se sont essuy\u00e9s sur mon corps, souliers d&rsquo;hommes et de femmes, je vis dans ce cocon de boue, ou une partie de moi-m\u00eame en tout cas, cette partie que je rejette dans l&rsquo;ombre du non dit et du non vu, dans ma sph\u00e8re priv\u00e9e qui n&rsquo;est que \u00e7a.<\/p>\n<p>Pardon de ce long soliloque. J&rsquo;aurais pu parler de cet autre moi, le moi positif qui s&rsquo;accroche \u00e0 la vie par toutes les dents, de ces enfants morts de corps et de c\u0153ur, de cette volont\u00e9 toujours frustr\u00e9e de vivre et faire vivre, mais ce moi-ci vient apr\u00e8s les autres, v\u00e9ridique, certes, mais aussi avec pour fonction de cacher le reste, comme un tapis sur le tas de poussi\u00e8re que je suis. Et pourtant, c&rsquo;est aussi une \u00e9tincelle : pas une \u00e9tincelle d&rsquo;espoir ou d&rsquo;amour ou de bonheur, juste une \u00e9tincelle de vie, une braise timide, un pied-de-nez aux violeurs de tout rang, un reste d&rsquo;humanit\u00e9 avant le grand plongeon.<\/p>\n<p>Voil\u00e0, j&rsquo;aurais r\u00e9ussi \u00e0 terminer sur une note plus positive, car il faut bien \u00eatre (\u00e0 d\u00e9faut de na\u00eetre) positifs \u2013 pardon pour le mauvais jeu de mots&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelquefois, se faire mal c&rsquo;est aussi essayer de se r\u00e9veiller, comme se pincer pour sortir d&rsquo;un cauchemar. Mais se faire mal, et le suicide, ce sont deux choses diff\u00e9rentes. Lorsqu&rsquo;on en vient \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e du suicide, tout devient plus complexe. 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